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Lifestyle - Disparition

Anouk Aimée, dabadab-adieu

Elle incarnait l’éternel féminin dans « Un homme et une femme » dont le fameux « dabada-bada » fit le tour du monde : Anouk Aimée, décédée mardi à l’âge de 92 ans, a offert au cinéma des rôles à l’élégance unique.

Anouk Aimée, dabadab-adieu

Anouk Aimée et Jean-Louis Trintignant au 39e Festival de Cannes, en mai 1986, 20 ans après « Un homme et une femme ». Photo AFP

Elle est partie entourée des siens, a précisé sa fille, Manuela Papatakis. « Avec ma fille, Galaad, et ma petite fille, Mila, nous avons l’immense tristesse de vous annoncer le départ de ma maman Anouk Aimée. J’étais tout auprès d’elle lorsqu’elle s’est éteinte ce matin, chez elle, à Paris », a-t-elle écrit sur son compte Instagram.Anouk Aimée s’éteint quasiment deux ans jour pour jour après Jean-Louis Trintignant, avec lequel elle partageait l’écran dans Un homme et une femme.

« Je suis tellement féminine et être une femme est une force incroyable », disait celle qui acquit une renommée internationale avec le film de Claude Lelouch Palme d’or 1966 à Cannes, un Golden Globe de la meilleure actrice et une nomination à l’Oscar. « Anouk, ma Nounouk, nous a quittés ce matin. (...) Elle a été ma compagne de route, mon amie de toujours. Elle m’a donné toutes mes chances et m’a dit oui quand, jeune cinéaste, les autres m’ont dit non. Grâce à elle et uniquement à elle, j’ai tutoyé la lumière », a salué Claude Lelouch, 86 ans, sur Instagram. « Sa silhouette et sa grâce resteront à jamais gravées sur une plage de Normandie. Après avoir fait rêver la terre entière, maintenant, elle va faire rêver les anges. » Elle retrouva son partenaire Jean-Louis Trintignant dans Les Plus Belles Années d’une vie en 2019 dans des retrouvailles orchestrées par le réalisateur où résonnait encore le refrain mélancolique « dabada-bada badaba-daba », déformé dans la mémoire collective en « chabada-bada ».

Claude Lelouch et Anouk Aimée pendant le tournage du film Les plus belles années d’une vie à la 72e édition du Festival de Cannes. Photo Valery HACHE/AFP

Au cours de sa longue carrière, Anouk Aimée a tourné avec les plus grands noms du cinéma, comme Bernardo Bertolucci, Vittorio de Sica, André Delvaux, George Cukor ou encore Robert Altman.

Elle fut une inoubliable Lola chez Jacques Demy, une femme mystérieuse chez Federico Fellini dans La Dolce vita et Huit et demi. Celle qui a beaucoup travaillé en Italie qualifiait d’ailleurs Fellini de « Mont-Blanc » du cinéma. Elle a reçu en 2003 un Ours d’or à Berlin pour l’ensemble de son œuvre. En 2006, le Festival de Cannes lui a rendu hommage. Elle y avait remporté le Prix d’interprétation féminine en 1980 pour Le saut dans le vide de Marco Bellocchio.

Une femme libre

Elle disait préférer tourner avec des hommes, « mais si Jeanne Moreau me propose, j’y vais tout de suite... ». Anouk Aimée a été mariée au cinéaste Nico Papatakis, avec qui elle a eu une fille, à l’auteur-compositeur-interprète Pierre Barouh (coauteur, avec le musicien Francis Lai, du « dabada-bada badaba-daba ») et à l’acteur britannique Albert Finney. « Il faut être féminine, insistait-elle. Ne pas avoir (dans le couple) de rapports de force avec l’autre. » « J’ai eu la chance d’être une femme libre, mais je ne jouais pas les matamores. »

Née le 27 avril 1932 à Paris, Françoise Dreyfus, fille de comédiens, prend le prénom d’Anouk à la suite de son premier rôle dans La Maison sous la mer de Henri Calef (1947), dès l’âge de 13 ans. Suivant une suggestion de Jacques Prévert pendant un autre tournage, elle adopte ensuite le patronyme Aimée. Elle est lancée en 1949 par André Cayatte dans Les amants de Vérone, puis enchaîne les films tels que Le rideau cramoisi (Alexandre Astruc), L’homme qui regardait passer les trains (Harold French), Pot-Bouille (Julien Duvivier), Montparnasse 19 (Jacques Becker). On la verra plus tard dans Prêt-à-porter de Robert Altman (1994). Elle tournera aussi aux États-Unis pour Cukor et Lumet.

Anouk Aimée disait pouvoir rester longtemps sans tourner. « Je ne sais pas très bien me vendre, je suis quelqu’un qui attend. J’ai besoin qu’on me pousse », disait-elle. Elle a quand même tourné dans plus de 80 films... mais a refusé le rôle tenu par Faye Dunaway dans L’affaire Thomas Crown (1968) : « On me proposait tellement de choses, j’avais le tournis, je ne savais plus ». Au théâtre, elle s’est essentiellement illustrée dans Love letters. Dans ce dialogue épistolaire, elle a eu pour partenaires, sur plusieurs années, Bruno Cremer, Jean-Louis Trintignant, Philippe Noiret, Jacques Weber et Gérard Depardieu. Elle a aussi travaillé pour la télévision, notamment dans des adaptations de grands textes littéraires.

« Ses grands beaux yeux, son long visage de madone, la mèche qu’elle repoussait toujours, sa voix musicale, ce sourire teinté d’ironie et de tristesse. En un mot, sa classe. Anouk aimait qu’on l’aime : on ne s’en est pas privé », a salué pour sa part l’ancien président du Festival de Cannes, Gilles Jacob.

Anouk Aimée vivait dans sa maison parisienne de Montmartre, encombrée de cassettes de films, autour de chats et de chiens. Elle était engagée pour la protection de la nature et des animaux.

Elle est partie entourée des siens, a précisé sa fille, Manuela Papatakis. « Avec ma fille, Galaad, et ma petite fille, Mila, nous avons l’immense tristesse de vous annoncer le départ de ma maman Anouk Aimée. J’étais tout auprès d’elle lorsqu’elle s’est éteinte ce matin, chez elle, à Paris », a-t-elle écrit sur son compte Instagram.Anouk Aimée s’éteint quasiment deux ans...
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