Les évêques maronites réunis à Bkerké, le 15 juin 2024. Photo ANI
Le synode des évêques de l'Église maronite a appelé, samedi, à « écarter le Liban des conflits régionaux », alors que la guerre au Liban-Sud a provoqué une « tragédie » à de multiples niveaux, souligne un communiqué publié à l'issue des réunions tenues du 5 au 15 juin au siège patriarcal de Bkerké.
« La guerre au Liban-Sud a plongé les habitants du sud, ainsi que l'ensemble des Libanais, dans une tragédie économique, commerciale, agricole, financière et éducative », ont fait valoir les dignitaires religieux, qui ont demandé aux « pays frères et amis d'écarter le Liban des conflits régionaux ».
Depuis le 8 octobre 2023, le Hezbollah et l'armée israélienne échangent quotidiennement des frappes de part et d'autre de la Ligne bleue, qui ont fait plus de 400 morts, parmi lesquels une majorité de combattants du parti chiite et d'autres factions impliquées dans les combats, mais également 71 civils, 21 secouristes et trois journalistes.
Les dégâts matériels des combats au Liban-Sud ont été évalués, le 8 mai, par le président du Conseil du Sud à «environ 500 millions de dollars», depuis que la formation pro-iranienne a ouvert un front au Liban-Sud en «soutien à la résistance palestinienne» à Gaza, au lendemain de l'incursion du mouvement islamiste Hamas en territoire israélien.
Abordant la question des réfugiés syriens, les évêques ont estimé que « le Liban souffre, en plus de la crise économique, financière et sociale, de la présence des déplacés syriens (...) », et dénoncé « la volonté de certains responsables internationaux de les garder au Liban ».
Le gouvernement libanais estime que plus de 1,5 million de migrants et réfugiés syriens vivent au Liban, dont environ 815 000 sont enregistrés auprès du Haut-Commissariat de l'ONU (HCR), ce qui en fait selon lui le nombre de réfugiés par habitant le plus élevé au monde. Les responsables pointent régulièrement du doigt la présence syrienne comme étant à l'origine des nombreuses crises que traverse le pays. Le 2 mai, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, avait annoncé un don d'1 milliard d'euros au Liban, qui avait été perçu comme une monnaie d'échange par certains pour accepter que les migrants syriens restent dans le pays. Le HCR est également souvent accusé d'oeuvrer à cette fin.
« Devoir constitutionnel »
Concernant le vide à la tête du pays qui perdure depuis la fin du mandat de Michel Aoun en octobre 2022, les évêques ont appelé les députés « à accomplir immédiatement leur devoir constitutionnel et national en élisant un président », comme le réclame régulièrement le patriarche maronite.
Les évêques ont en outre passé en revue « la situation économique et sociale et la faiblesse du pouvoir d'achat face à la montée des prix des denrées alimentaires et des médicaments », et discuté des crises des secteurs éducatif et hospitalier, notamment en ce qui concerne les écoles et les établissements de santé relevant de l'Église.
Le synode a ainsi appelé à « préserver le niveau éducatif au Liban et à le tenir à l'écart des ingérences politiques, notamment au niveau des programmes scolaires et des examens officiels ». La question de ces examens fait polémique depuis que le ministre sortant de l'Éducation a annoncé l'annulation, pour cette année, des examens du Brevet d'études secondaires, et des programmes « allégés » pour le baccalauréat.
Le ministre Abbas Halabi a réitéré plus tôt ce samedi, dans ses voeux pour la fête musulmane de l'Adha, que les examens officiels auraient lieu « aux dates prévues », soit les 29 juin, 1er, 2, 4 et 5 juillet 2024, « en prenant en compte les conditions actuelles, surtout dans les régions frontalières », alors que le sort des élèves au Liban-Sud, dont la grande majorité ont été déplacés par les combats, n'a toujours pas été fixé.
Le communiqué des évêques annonce, par ailleurs, qu'une cérémonie sera organisée le 2 août à Bkerké pour célébrer la béatification d'Estephan Doueihy, patriarche maronite du XVIIe siècle, originaire d'Ehden, au Liban-Nord. Parallèlement à cette annonce, la municipalité d'Ehden-Zghorta a publié un communiqué sur Facebook annonçant que Bkerké avait également accepté d'ouvrir un dossier pour la béatification de Youssef Bey Karam, homme politique et résistant maronite du XIXe siècle, ce qui a provoqué la joie des habitants de la région.



Mmmm... écarter le liban, voyons voir, c'est un tout p'tit lopin de terre alors on peut le pousser vers la mer medi ou tout simplement l'envoyer par camion vers le désert syrien ou même irakien... oh oh... et si l'on pouvait élire un bon prez... ce zerait moins cher non????
21 h 20, le 16 juin 2024