Capture d'écran d'une vidéo diffusée par les médias israéliens et montrant un soldat devant un trébuchet, en action près du mur construit à la frontière avec le Liban.
C'est la bizarrerie de la semaine sur le front qui oppose Israël au Hezbollah à la frontière entre le Liban-Sud et le nord de l'État hébreu. Des images circulant sur les réseaux sociaux montrent les forces israéliennes utilisant un trébuchet, une sorte de catapulte tout droit sorti de l'Europe médiévale, pour lancer des projectiles enflammés sur le territoire libanais, afin de déclencher des incendies dans les zones sèches où il suffit d'une étincelle pour allumer un foyer.
Le quotidien Haaretz a affirmé que l'objectif des soldats israéliens était de « brûler les arbres et les plantes utilisés par le Hezbollah pour dissimuler les infrastructures et les activités des troupes le long de la frontière ». Selon une source citée par le journal, l'armée israélienne avait approuvé l'utilisation du trébuchet apparaissant sur les vidéos.
Aussi appelé pierrière, le trébuchet est une pièce d’artillerie médiévale dite à contrepoids. Il a une portée plus grande que la catapulte et plus précise, et peut projeter des projectiles plus volumineux. Apparu au XIIe siècle, le trébuchet a été pendant trois siècles l'arme de siège la plus puissante employée dans les guerres en Europe, jusqu'à ce qu'il soit rendu obsolète par le développement des canons.
Footage circulating on social media shows Israeli soldiers using a trebuchet to launch incendiaries at Lebanon. pic.twitter.com/PYMyCZcOWM
— Emanuel (Mannie) Fabian (@manniefabian) June 13, 2024
Plusieurs médias israéliens ont déjà confirmé l'utilisation de cet engin et de la tactique avec laquelle il est employé. L'armée israélienne, citée par KAN, a toutefois affirmé que cette méthode avait été utilisée dans le cadre d'une «initiative locale» et n'était pas « largement utilisée » par ses troupes. Elle a ajouté que la topographie du terrain le long de la frontière, très accidenté avec des reliefs composé de rochers et d'une végétation épineuse et dense, est un défi pour les troupes israéliennes.
L'intensification récente des échanges de tirs à la frontière a provoqué de nombreux feux de brousse dans le sud du Liban ces derniers jours, une situation amplifiée par la vague de chaleur qui s'est abattue sur la région . Il a également été rapporté que, alors que les membres de la Défense civile libanaise luttaient pour éteindre un incendie à Dhaïra (caza de Tyr), les forces israéliennes ont pulvérisé de l'accélérateur d'incendie sur les flammes à l'aide d'un tuyau jeté par-dessus le mur érigé à la frontière, selon un responsable de la Défense civile cité par The New Arab.
Depuis le début des combats le 8 octobre, l'armée israélienne a utilisé diverses armes incendiaires, notamment des bombes éclairantes, ainsi que des munitions au phosphore blanc. Human Rights Watch (HRW) a rapporté le 5 juin que l'utilisation généralisée de phosphore blanc par Israël dans le sud du Liban mettait les civils en grand danger et les forçait à se déplacer.
Le protocole III de la Convention sur les armes classiques (CCAC) interdit l'utilisation ciblée du phosphore blanc contre les civils et définit les armes incendiaires comme celles qui sont « principalement conçues » pour déclencher des incendies et brûler des personnes, et non à des fins défensives, comme les écrans de fumée.
Hicham Younes, président de l'organisation environnementale locale Green Southerners, a déclaré à L'Orient-Le Jour que les dégâts environnementaux de ces derniers mois de guerre « sont plus importants que ceux de la [guerre] de 2006 », au cours de laquelle Israël a utilisé des bombes à fragmentation pour frapper le Liban-Sud.



Une armée morale et soucieuse des écosystèmes de la biosphère…
01 h 01, le 15 juin 2024