Rechercher
Rechercher

Dernières Infos - Diplomatie

Mikati en Jordanie : Le Liban-Sud « en proie à une véritable catastrophe »

Le président du Conseil européen, Charles Michel, pense qu'un cessez-le-feu à Gaza entraînera un « calme de facto au Liban-Sud ».

Mikati en Jordanie : Le Liban-Sud « en proie à une véritable catastrophe »

Le Premier ministre libanais intérimaire Najib Mikati (à gauche) rencontre le président du Conseil européen Charles Michel (à droite) au King Hussein Bin Talal Convention Center près de la mer Morte en Jordanie, le 11 juin 2024. Crédit Photo Michel Hallak

« Je viens devant vous aujourd'hui de la part d'un pays qui souffre des répercussions de la guerre sur son territoire », a déclaré le Premier ministre sortant, Nagib Mikati, dans un discours prononcé en Jordanie lors de la conférence « Réponse humanitaire d'urgence à Gaza » (Emergency Humanitarian Response to Gaza).

M. Mikati a ainsi exhorté les dirigeants présents à soutenir le Liban dans sa lutte « contre l'agression israélienne ». Il a également appelé la communauté internationale à « intervenir avec toute la force nécessaire » pour mettre fin à 75 ans de mépris des droits des Palestiniens, en se référant à la résolution n° 2735 du Conseil de sécurité, qu'il a saluée au nom de l'État libanais. Il a souligné le soutien du Liban à Gaza et à la stabilité dans la région, reconnaissant l'impact de la guerre sur le Liban, qui a subi « des morts, des déplacements et des destructions ». Le Liban « est prêt à porter secours aux blessés de Gaza, en particulier aux enfants, dans ses hôpitaux et à les soutenir pour exprimer sa solidarité avec eux », a-t-il ajouté.

Annoncée par les autorités jordaniennes fin mai, cette conférence vise à renforcer la réponse de la communauté internationale à la catastrophe humanitaire dans l'enclave palestinienne assiégée et dévastée par huit mois de guerre. Elle a été organisée au King Hussein Bin Talal Convention Center, près de la mer Morte, au sud-ouest de Amman. Le roi Abdallah II de Jordanie, le président égyptien Abdel Fattah el-Sissi et le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres en sont les hôtes conjoints.

Avant la conférence, M. Mikati a remercié son homologue espagnol, le Premier ministre Pedro Sanchez, pour le soutien indéfectible de l'Espagne au Liban, particulièrement évident à travers sa participation active à la Force intérimaire des Nations unies (Finul). Il a aussi salué la récente décision de l'Espagne de reconnaître officiellement l'État palestinien à la suite de son vote en faveur d'une adhésion à part entière aux Nations unies, renouvelant ses félicitations à M. Sanchez pour ce geste important.

Le Premier ministre sortant s'est en outre entretenu avec le président du Conseil européen Charles Michel, qui lui a assuré qu'un cessez-le-feu à Gaza entraînerait un « calme de facto au Liban-Sud ». La guerre d'Israël contre Gaza a tué au moins 37 124 Palestiniens, principalement des civils, depuis le 7 octobre dernier, selon les données du ministère de la Santé à Gaza. Les échanges de tirs entre le Hezbollah et Israël le long de la frontière sud du Liban, qui ont commencé le 8 octobre, ont, eux, fait près de 450 morts au Liban, en majorité des combattants du parti chiite.

Lire aussi

Expulsion de Syriens à Kouba : « Les Libanais ne nous aiment pas, mais ils ne peuvent pas vivre sans nous… »


Les réfugiés syriens
M. Sanchez a par ailleurs affirmé le soutien de l'Espagne au Liban pour faire face à la crise des migrants et réfugiés syriens et s'est engagé à communiquer la situation et la position du Liban à l'Union européenne. Le président du Conseil européen a, lui, assuré « comprendre la position libanaise », notant que « les dirigeants européens sont conscients des pressions que ce dossier fait peser sur le Liban ». Il a indiqué que la résolution de ce dilemme s'accélérera « après les élections européennes ». L'assassinat d'un cadre des Forces libanaises au début du mois d'avril par un gang venu de Syrie, selon l'enquête officielle, a provoqué une montée du sentiment antisyrien au Liban, incitant les autorités à prendre des mesures en vue de restreindre la présence de l'importante population de Syriens, dont une partie est entrée clandestinement sur le territoire libanais. Le Haut-Commissariat de secours de l'ONU ainsi que des ONG ont vivement critiqué ces mesures, notamment les menaces d'expulsion des migrants et réfugiés vers la Syrie, où ils risquent, selon eux, la détention, l'enlèvement et le service militaire forcé.

Enfin, Pedro Sanchez s'est dit prêt à soutenir le Liban en lui apportant son expertise pour mettre en place une force de police environnementale, protéger les forêts et les réserves et partager l'expérience de l'Espagne, en réponse à la demande du ministre libanais de l'Environnement. Le Liban, rappelle-t-on, continue de lutter contre des incendies de forêt récurrents et de plus en plus graves dus à la sécheresse, aux températures élevées, à des pressions environnementales et climatiques plus larges et plus récemment aux bombardements israéliens au Sud.

« Je viens devant vous aujourd'hui de la part d'un pays qui souffre des répercussions de la guerre sur son territoire », a déclaré le Premier ministre sortant, Nagib Mikati, dans un discours prononcé en Jordanie lors de la conférence « Réponse humanitaire d'urgence à Gaza » (Emergency Humanitarian Response to Gaza).M. Mikati a ainsi exhorté les dirigeants présents à soutenir le...