Cette photo diffusée par l'armée israélienne le 3 juin 2024 montre des soldats israéliens lors d'opérations dans la bande de Gaza dans le cadre du conflit actuel entre Israël et le Hamas. Photo AFP
A Gaza, les troupes combattent les hommes du Hamas ; à la frontière libanaise, les avions frappent des cibles du Hezbollah ; en Cisjordanie occupée, des soldats échangent des coups de feu avec des Palestiniens. Depuis le 7 octobre, l'armée israélienne combat sur de multiples fronts.
"L'armée israélienne est mise à rude épreuve en ce moment, alors qu'elle opère à Gaza, dans le nord (d'Israël), et en Cisjordanie occupée, et cela met la pression sur ses capacités", affirme Rami Dajani, analyste pour l'International Crisis Group (ICG).
L'armée israélienne est l'une des mieux dotées financièrement mais elle s'appuie sur de nombreux réservistes.
Selon le "Gaza War Unit Tracker", un compte sur le réseau social X qui suit de près les mouvements des troupes israéliennes, la quasi-totalité des 15.000 soldats sont actuellement déployés pour se battre.
Quelque 10.000 d'entre eux sont à Gaza ou autour de ce territoire palestinien assiégé, 2.500 sur le front nord et 2.500 en Cisjordanie occupée, a déclaré à l'AFP, sous condition d'anonymat, le propriétaire de ce compte.
Et pas moins de 26.000 réservistes d'unités combattantes (soit 42% du total disponible) sont également mobilisés, la plupart d'entre eux déployés en Cisjordanie occupée, selon cette même source.
Sollicitée par l'AFP, l'armée israélienne a refusé de détailler le nombre précis de ses forces engagées.
Craintes d'extension
Dans la bande de Gaza, l'armée israélienne semble chercher davantage à contrôler des zones stratégiques, comme le couloir de Philadelphie à la frontière égyptienne, passée sous sa coupe la semaine dernière, plutôt que d'occuper de larges pans de ce territoire palestinien.
Ces dernières semaines, des combats ont repris dans certaines parties du nord de la bande de Gaza, que l'armée avait pourtant assuré contrôler, aux dépens du Hamas.
"Depuis janvier ou février, Israël a suivi une stratégie d'opérations très précises, limitées, au lieu de rester sur tout le territoire", analyse Michael Milshtein, spécialiste des questions palestiniennes à l'Université de Tel-Aviv, pour qui, "cette stratégie a échoué."
La guerre a été déclenchée par l'attaque inédite du Hamas le 7 octobre qui a entraîné la mort de 1.194 personnes du côté israélien, en majorité des civils, d'après un décompte de l'AFP à partir de chiffres officiels israéliens.
Sur les 251 personnes emmenées comme otages ce jour-là, 120 sont toujours détenues à Gaza, dont 41 sont mortes, selon l'armée israélienne.
En riposte, Israël, qui a juré d'anéantir le Hamas, a lancé une offensive dans la bande de Gaza qui a fait, jusqu'à présent, 36.479 morts, selon des chiffres du ministère de la Santé du gouvernement de Gaza, dirigé par le Hamas.
A la frontière avec le Liban au nord, les échanges de tirs sont quasi-quotidien avec le Hezbollah. Ils provoquent l'inquiétude d'experts quant au déclenchement d'un conflit régional à grande échelle.
Le mois dernier, le général Herzi Halévi, le chef d'état-major de l'armée israélienne a affirmé à des soldats déployés dans le Nord que l'armée se préparait pour une "offensive".
"C'est une possibilité que des troupes au sol entrent au Liban et essaient de créer une zone de sécurité qui, au moins, repousserait les combattants du Hezbollah", dit Shlomo Brom, chercheur à l'Institut pour les études de sécurité nationale (INSS) à Tel-Aviv.
L'armée israélienne a mené près de 4.900 attaques dans le sud du Liban depuis le 7 octobre, selon l'ONG Armed Conflict Location and Event Data Project (ACLED).
"Crise latente"
De son côté, le Hezbollah a conduit environ 1.100 attaques contre les positions israéliennes en Israël et sur les territoires que ce dernier occupe au Liban, selon la même source.
"Gaza, bien sûr, est la priorité principale en ce moment. Mais nous faisons face au risque de perdre de vue une possible crise latente en Cisjordanie", dit M. Dajani, de l'ICG.
Dans ce territoire occupé depuis 1967, environ 490.000 Israéliens installés dans des colonies que l'ONU juge illégales au regard du droit international vivent au milieu de trois millions de Palestiniens.
L'ONG ACLED a rapporté 1.120 incidents violents impliquant les forces israéliennes avec des groupes armés palestiniens depuis le 7 octobre. Durant la même période, au moins 523 Palestiniens ont été tués en Cisjordanie par des soldats ou colons israéliens, selon l'Autorité palestinienne.
Dans le même temps, au moins 14 Israéliens ont été tués dans des attaques ou attentats perpétrés par des Palestiniens, selon les autorités israéliennes.
S'il devient nécessaire d'envoyer plus de soldats sur les différents fronts, l'armée fera probablement appel à davantage de réservistes, des Israéliens qui ont déjà effectué leur service militaire et restent mobilisables jusqu'à 40 ans.
Le tout dans un contexte de colère à l'égard du gouvernement de Benjamin Netanyahu qui, après bientôt huit mois de guerre, n'a encore atteint aucuns des buts de guerre annoncés : détruire le Hamas, ramener les otages et faire en sorte que Gaza ne représente plus jamais une menace pour Israël.
"Pour l'instant beaucoup de gens - je dirais même la majorité - ont l'impression qu'il n'y a pas de stratégie", conclut Michael Milshtein de l'Université de Tel-Aviv.
"L'armée israélienne est mise à rude épreuve en ce moment, alors qu'elle opère à Gaza, dans le nord (d'Israël), et en Cisjordanie occupée, et cela met la pression sur ses capacités", affirme Rami Dajani, analyste pour l'International Crisis Group (ICG).
L'armée israélienne est l'une des mieux dotées financièrement mais elle s'appuie sur de nombreux réservistes.
Selon le "Gaza War Unit Tracker", un compte sur le réseau social X qui...

