Rechercher
Rechercher

Dernières Infos - Conflit Israël-Hamas

A Gaza, les équipes de Médecins du Monde sont "traumatisées"

A Gaza, les équipes de Médecins du Monde sont

Une femme palestinienne enlace une enfant alors qu'elles pleurent leurs proches tués dans un bombardement israélien devant la morgue de l'hôpital Al-Chifa dans la ville de Gaza le 15 mars 2024, dans le cadre du conflit en cours entre Israël et le mouvement palestinien Hamas. Photo AFP

De retour d'une mission dans la bande de Gaza, la responsable du pôle Moyen-Orient de Médecins du Monde, Louise Bichet, décrit la vingtaine de collaborateurs de l'ONG "traumatisés" après plus de cinq mois de guerre.

La guerre dans la bande de Gaza a été déclenchée par une attaque sans précédent du Hamas sur le sol israélien le 7 octobre qui a causé la mort de 1.160 personnes, en grande majorité des civils, selon un décompte de l'AFP à partir de données israéliennes.

Israël a lancé en représailles une opération militaire dans la bande de Gaza qui a fait plus de 31.400 morts, en majorité des civils, d'après le ministère de la Santé du mouvement islamiste palestinien.

QUESTION: Quel est l'état d'esprit de vos équipes dans la bande de Gaza?

REPONSE: "Ils disent que c'est difficile d'être aidant alors qu'on est soit même dans la tourmente. Ils sont traumatisés. Ils ont besoin de revenir sur les derniers mois, sur ce qu'ils ont vécu, ils ont tous des épisodes traumatisants dans leurs têtes, et ils n'ont même pas le temps de digérer qu'il y en a d'autres qui arrivent. L'état de stress est permanent pour eux et pour leurs enfants. Après, le fait de travailler dans la santé, pour la population civile, compte pour eux, et ils sont capables de faire un boulot extraordinaire." 

QUESTION: Quels ont été les événements les plus marquants pour vos équipes ces derniers mois?

REPONSE: "Il y (en) a eu beaucoup... Pour l'équipe, il y a eu un événement très traumatisant puisqu'un de nos collègues est mort dans le bombardement de son immeuble le 5 novembre. Ils se font la promesse collective, dès qu'ils auront accès au nord (de la bande de Gaza), de déblayer les ruines de son immeuble, pour l'enterrer dignement. Sans ça, ils ne parviennent pas à faire leur deuil.

Un de nos collègues a aussi perdu son frère dans un bombardement dans le nord. Il a dû l'enterrer de ses mains et enterrer d'autres cadavres, alors que des chiens avaient commencé à les manger. Ce même collègue s'est fait expulser de nos bureaux (de Gaza-Ville) par l'armée, sans vêtement (en sous-vêtement). L'armée israélienne est entrée, a expulsé tout le monde, les femmes et les enfants d'un côté, les hommes de l'autre, et après ils ont placé des explosifs dans les étages" de l'immeuble qu'ils ont fait détonner.

L'ONG avait condamné dans un communiqué le 12 février "avec la plus grande fermeté la destruction délibérée de ses bureaux" à Gaza-Ville. Sollicitée par l'AFP à ce sujet, l'armée israélienne a indiqué vérifier ces informations.

QUESTION: Quelles difficultés rencontrent-ils pour travailler?

REPONSE: "Des choses matérielles leur manquent. Les points médicaux (dispensaires) tournent bien parce qu'on a une équipe de très bon niveau mais c'est sur du sable, ou sur de la terre battue, avec quatre piquets en bois, une bâche en plastique et des cartons pour faire des murs. Ce sont les conditions dans lesquelles ils travaillent tous les jours. C'est tout bête mais il n'y a pas d'ordinateur donc pour collecter les données, c'est compliqué. Il n'y a pas suffisamment de médicaments et tout le matériel nécessaire pour faire des consultations. On vient d'arriver à (équiper les dispensaires) avec des lits de consultation qui n'en sont pas, qui sont des lits de camp sur lesquels les gens vont pouvoir s'allonger pour être examinés. Donc, au niveau matériel et conditions de travail, c'est quand même plus que compliqué, avec les bombardements qui continuent en permanence."

QUESTION: Quelles sont vos demandes? 

REPONSE: "Par où commencer? Déjà, je pense qu'il faut qu'ils soient protégés comme l'ordonne le droit international humanitaire, en tant que personnel de santé et en tant que population civile, ce qui n'est absolument pas le cas aujourd'hui. Ils doivent pouvoir travailler dans des structures protégées, ce n'est pas le cas aujourd'hui. Ils doivent également avoir accès à l'aide humanitaire, notamment de l'eau et de la nourriture, comme tout le reste de la population. Enfin, l'aide humanitaire, des médicaments et des consommables médicaux surtout, doivent arriver pour qu'ils puissent tout simplement travailler. Actuellement, tout est très rationné, il faut toujours prioriser et c'est plus qu'inconfortable. On a fait rentrer un camion (la semaine dernière) qui venait de Turquie, c'est arrivé dans les points médicaux, ça a fait du bien mais ça reste un seul camion."



De retour d'une mission dans la bande de Gaza, la responsable du pôle Moyen-Orient de Médecins du Monde, Louise Bichet, décrit la vingtaine de collaborateurs de l'ONG "traumatisés" après plus de cinq mois de guerre.

La guerre dans la bande de Gaza a été déclenchée par une attaque sans précédent du Hamas sur le sol israélien le 7 octobre qui a causé la mort de 1.160 personnes, en grande majorité des civils, selon un décompte de l'AFP à partir de données israéliennes.

Israël a lancé en représailles une opération militaire dans la bande de Gaza qui a fait plus de 31.400 morts, en majorité des civils, d'après le ministère de la Santé du mouvement islamiste palestinien.



QUESTION: Quel est l'état...