Le chanteur Vianney sur scène lors des 36es Victoires de la musique à Paris. Photo AFP
Popularisé par son hit Pas là il y a dix ans, sur l’album de ses débuts, Vianney est toujours présent dans le paysage musical, entre air ingénu et guitare en bandoulière. Le chanteur au physique de gendre idéal a sorti en 2023 son quatrième disque, À 2 à 3, où il aligne les collaborations, de Soprano à Renaud en passant par Ed Sheeran. Cet album lui permet de remporter le titre de l’artiste masculin, son troisième trophée aux Victoires de la musique.
« Très intelligent, sensible, sympa, moderne et vintage en même temps : c’est une vieille âme », disait un jour de lui sur franceinfo Florent Pagny, qui l’a côtoyé au sein du jury du télécrochet musical The Voice. « Quand on a une vieille âme, ça veut dire qu’on n’est pas dans notre premier voyage, il est tout jeune, mais ce n’est pas un gamin », développait l’interprète de Ma liberté de penser.
Dire qu’il y a 14 ans (il en a bientôt 33), il apprenait encore à plaquer sa voix sur sa guitare acoustique dans sa chambre. « Quand une chanson fonctionne en guitare-voix, c’est vraiment ce que je préfère », confiait-il en 2015. Ce guitariste fan des morceaux « les plus épurés » de Neil Young, de Rickie Lee Jones ou « même des Rolling Stones » avait même pris soin, dans le livret de son premier album Idées blanches, d’inscrire les accords des chansons.
Vianney a grattouillé sa première six-cordes à 12 ans pour imiter son père qui aimait jouer à ses quatre fils quelques standards de Georges Brassens ou Christophe.
« Militaire très ouvert », ce géniteur n’a pas hésité à faire aimer à ses enfants la très antimilitariste chanson Parachutiste de Maxime Le Forestier. « Je ne suis pas antimilitariste, je ne peux pas l’être parce que, autour de moi, des gens ont donné leur vie pour ça... Mais mon père a tout fait pour qu’on puisse être conscients de la beauté des choses sans qu’on soit forcément d’accord », explique Vianney.
Lycée militaire
Né à Pau, ayant grandi à Paris, avec une mère professeure d’économie et ex-instructrice-pilote d’avion, Vianney assume avec son sourire tranquille son profil atypique dans le milieu de la musique à l’ère numérique.
Il a adoré fréquenter le lycée militaire de Saint-Cyr, est fan de rugby, ne boit pas d’alcool, a étudié trois ans le commerce puis deux ans le stylisme dans une école de mode à Paris. Pas pour « se chercher », mais par « envie de vivre des trucs différents », précise cet amoureux des grands voyages à vélo ou en stop.
Mais derrière le sourire poli, il y a parfois du mordant. Comme quand il a taclé en 2016 le dernier morceau en date des Enfoirés. « Leur dernière chanson était quand même pas top, mais visiblement elle a permis de réunir des sommes record. Je ne peux pas critiquer la finalité, mais une cause ne justifie pas tout et n’importe quoi », lançait-il alors dans une interview à Metronews.
Le titre en question, c’était Toute la vie, écrite et composée par Jean-Jacques Goldman, le chef d’orchestre des Enfoirés pendant une trentaine d’années après la création des Restos. Les paroles, consistant en un dialogue de sourds entre la jeune génération et l’ancienne, avaient créé une polémique, aboutissant au départ de Goldman de la troupe.
Source : AFP

