Un nuage de fumée au-dessus du village de Kfar Kila, au Liban-Sud, après une frappe israélienne le 19 janvier 2024. Hasan Fneich / AFP)
Journée tendue au Liban-Sud, au 105e jour de la guerre opposant Israël au Hamas, soutenu par le Hezbollah. Vendredi, un drone lancé depuis le territoire libanais a été abattu au-dessus de la mer Méditerranée dans l’espace aérien israélien, près de la ville d’Acre, selon le quotidien Haaretz et l’armée israélienne. Aucun groupe n’a revendiqué l’envoi de ce drone, qui intervient après que plusieurs localités ont été survolées dans la matinée par des drones israéliens, notamment la région de Zahrani, au sud de la ville de Saïda, à une cinquantaine de kilomètres de la frontière. Outre cet incident, les échanges de tirs entre Israël et le Hezbollah se sont poursuivis à plein régime vendredi. L’aviation israélienne a visé les alentours de Adaïssé, Kfar Kila, Marwahine, Ramiyé, Tayr Harfa et Wadi Hamoul, au Liban-Sud. De son côté, le Hezbollah a revendiqué au moins trois opérations contre l’État hébreu. Il a annoncé avoir visé un déploiement de soldats israéliens à proximité de la base militaire israélienne de Khirbet Maar « avec une roquette Burkan, infligeant des blessures directes ». La milice chiite affirme également avoir ciblé un groupe de soldats israéliens à Jabal Nazer ainsi qu’un autre entre les localités israéliennes de Samaka et Ramtha. Dans ce contexte, le député du Hezbollah Mohammad Raad a affirmé que la milice chiite ne craint pas une guerre totale contre Israël. « L’ennemi israélien n’est pas préparé à une guerre contre la résistance islamique au Liban, qui lui montrera sa bravoure et passera son chemin », a-t-il prévenu lors d’une cérémonie d’hommage à Sarafand en l’honneur d’un combattant mort à la frontière.
« Une grave erreur stratégique »
Mais pour éviter ce scénario, les efforts diplomatiques se poursuivent. Vendredi, le Premier ministre sortant Nagib Mikati a rencontré Karim Amellal, ambassadeur de France pour la Méditerranée, accompagné de l’ambassadeur au Liban Hervé Magro. « La France et le Liban partagent la même inquiétude sur le risque d’escalade dans la région et l’urgence de poursuivre les efforts en vue d’un cessez-le-feu à Gaza », a écrit M. Amellal sur son compte X à la suite de l’entretien. Mardi, le président français Emmanuel Macron avait souligné l’importance de la désescalade à la frontière libano-
israélienne, via l’application de la résolution 1701 du Conseil de sécurité « des deux côtés ». Côté israélien, le ministre de la Défense Yoav Gallant indique s’être entretenu avec son homologue américain Lloyd Austin. Selon une déclaration du bureau de presse de M. Gallant, Israël préfère la voie diplomatique pour assurer le retour des citoyens évacués des localités frontalières avec le Liban, « mais est également prêt à recourir à la force ». Dans la soirée, il a indiqué que les combats au Liban-Sud continueront tant que la guerre à Gaza n’est pas terminée, soulignant toutefois que le statu quo « ne pouvait pas durer trop longtemps ». Son collègue au sein du cabinet de guerre et ancien chef d’état-major Gadi Eisenkot a quant à lui révélé que le 11 octobre, Israël était sur le point de mener une frappe contre le Hezbollah, mais que le ministre Benny Gantz et lui étaient parvenus à convaincre les responsables du cabinet de guerre d’attendre. « Je pense que notre présence sur place a empêché Israël de commettre une grave erreur stratégique », a précisé M. Eisenkot.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
Qu’Israël quitte les territoires occupés du Liban et le Hezbollah criera victoire et le Hezbollah en sortira renforcé auprès du Liban, principalement auprès de ses affidés.
12 h 21, le 20 janvier 2024