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Moyen-Orient - Conflit

Différend entre Israël et Washington à propos d’un éventuel État palestinien

Près de 80 morts dans les raids israéliens à Gaza ; tirs et frappes à Khan Younès.

Différend entre Israël et Washington à propos d’un éventuel État palestinien

Une Palestinienne séchant son bébé à qui elle vient de donner le bain, dans un camp de déplacés à Rafah, le 18 janvier 2024. Photo AFP

Des dizaines de Palestiniens, selon le Hamas, ont été tués vendredi par d’intenses bombardements israéliens dans la bande de Gaza, sur fond d’un important différend entre Israël et Washington à propos d’un éventuel État palestinien.

Tôt vendredi, des témoins ont fait état de tirs nourris et de frappes aériennes à Khan Younès, principale ville du sud de la bande de Gaza où se cachent, selon Israël, de nombreux membres de la direction du Hamas, qu’il classe groupe terroriste, comme les États-Unis et l’Union européenne.

Selon le ministère de la Santé du Hamas – mouvement au pouvoir à Gaza depuis 2007 –, les frappes israéliennes avaient tué à la mi-journée 77 personnes dans le petit territoire assiégé. Le Croissant-Rouge palestinien a fait état d’habitants blessés par des drones israéliens « visant des citoyens à l’hôpital al-Amal » et son siège à Khan Younès.

Entrées le 27 octobre à Gaza, les troupes israéliennes y ont progressé du nord vers le sud, où des centaines de milliers de Gazaouis avaient fui aux premières semaines du conflit.

L’armée, qui a annoncé vendredi un bilan de 194 soldats tués à Gaza, affirme toutefois rester confrontée à des combattants isolés du Hamas dans le Nord. Elle a annoncé avoir tué jeudi dans une frappe aérienne Waël Abou Fanounah, présenté comme un « responsable de la propagande au Jihad islamique », autre groupe armé à Gaza.

Conditions de vie inhumaines

La guerre a été déclenchée par une attaque sans précédent du Hamas le 7 octobre dans le sud d’Israël qui a tué 1 140 personnes, en majorité des civils, selon un décompte à partir de chiffres officiels israéliens. Quelque 250 personnes ont été enlevées et emmenées à Gaza durant l’attaque, dont une centaine libérées lors d’une trêve fin novembre. En représailles, Israël a juré « d’anéantir » le Hamas. Selon le ministère de la Santé du Hamas, 24 762 personnes, en grande majorité des femmes, enfants et adolescents, ont été tuées et 62 108 blessées dans les opérations israéliennes.

Le patron de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a déploré des « conditions de vie inhumaines » dans le petit territoire côtier. Les quelque 2,4 millions d’habitants y manquent de tout, privés en outre de téléphone et d’internet depuis une semaine, la plus longue coupure depuis le début du conflit.

Près de 20 000 nourrissons y sont nés « en enfer » depuis le 7 octobre dans des conditions « dépassant l’entendement », a fustigé vendredi la porte-parole de l’Unicef, Tess Ingram.

À Gaza, des milliers d’hommes ont aussi été arrêtés par Israël depuis le début de la guerre et souvent soumis à de mauvais traitements qui pourraient s’apparenter à de la torture, a pointé l’ONU, l’armée israélienne réitérant que les détenus sont traités « conformément au droit international ».

Netanyahu durcit le ton

Sur un autre plan, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu reste inflexible dans sa détermination à poursuivre la guerre de longs mois jusqu’à notamment « l’élimination des chefs terroristes » et « le retour des otages ».

« Nous ne nous satisferons pas de moins qu’une victoire totale, ce qui signifie l’élimination des chefs terroristes, la destruction des capacités opérationnelles et militaires du Hamas, le retour de nos otages à la maison, la démilitarisation de Gaza avec un contrôle sécuritaire d’Israël total et sur tout ce qui entre dans » ce territoire palestinien, a ainsi déclaré Benjamin Netanyahu. « La victoire prendra de longs mois », a-t-il martelé. Et d’ajouter : « Israël doit avoir le contrôle de la sécurité sur l’ensemble du territoire situé à l’ouest du Jourdain. Il s’agit d’une condition nécessaire, qui est en contradiction avec l’idée de souveraineté (palestinienne). »

Cette déclaration fait ressurgir une divergence majeure avec l’allié américain, pour qui la création d’un État palestinien viable est la clé de la sécurité régionale. « Nous voyons évidemment les choses de façon différente », a lâché le porte-parole du Conseil national de sécurité John Kirby, interrogé sur des propos de M. Netanyahu semblant apporter une fin de non-recevoir aux sollicitations américaines. Les États-Unis, principal allié d’Israël et soutien-clé dans son opération contre le Hamas, répètent de leur côté que la création et la reconnaissance d’un État palestinien viable sont nécessaires pour envisager une « véritable sécurité ». En outre, Joe Biden s’est entretenu vendredi avec Benjamin Netanyahu, a annoncé la Maison-Blanche, leur première conversation depuis le 23 décembre et qui intervient à un moment de friction entre les États-Unis et Israël. Le président américain et le Premier ministre israélien, dont la relation personnelle est notoirement difficile, ont évoqué « les derniers événements à Gaza et en Israël », selon l’exécutif américain, qui promet de publier plus tard un compte-rendu de l’échange. « Sans un État palestinien indépendant, il n’y aura ni sécurité ni stabilité », a par ailleurs réagi le porte-parole du président palestinien Mahmoud Abbas.

Moscou appelle à libérer les otages

La diplomatie russe a de son côté appelé vendredi le Hamas, lors de pourparlers à Moscou, à libérer ses otages, tout en jugeant d’une « ampleur catastrophique » la crise humanitaire à Gaza.

La communauté internationale redoute un embrasement régional. À la frontière avec la Syrie – pays où l’Iran et ses alliés font monter la pression sur les États-Unis –, l’armée israélienne a dit avoir « ciblé des infrastructures de l’armée syrienne ».

Les houthis pro-iraniens, qui disent agir en « solidarité » avec Gaza, ont pour leur part revendiqué de nouveaux tirs contre un pétrolier américain dans le golfe d’Aden, après de nouvelles frappes américaines contre leurs positions au Yémen.

Enfin, l’Union européenne a annoncé vendredi avoir pris des sanctions individuelles à l’encontre de six personnes accusées de financer le Hamas. Au nombre de ces personnes, figurent Moussa Dudin, un haut responsable du bureau des investissements du Hamas, ainsi que plusieurs personnalités du monde de la finance au Soudan, en Algérie et au Liban.

Source : AFP

Des dizaines de Palestiniens, selon le Hamas, ont été tués vendredi par d’intenses bombardements israéliens dans la bande de Gaza, sur fond d’un important différend entre Israël et Washington à propos d’un éventuel État palestinien.Tôt vendredi, des témoins ont fait état de tirs nourris et de frappes aériennes à Khan Younès, principale ville du sud de la bande de Gaza où se cachent, selon Israël, de nombreux membres de la direction du Hamas, qu’il classe groupe terroriste, comme les États-Unis et l’Union européenne.Selon le ministère de la Santé du Hamas – mouvement au pouvoir à Gaza depuis 2007 –, les frappes israéliennes avaient tué à la mi-journée 77 personnes dans le petit territoire assiégé. Le Croissant-Rouge palestinien a fait état d’habitants blessés par des drones israéliens...
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