Un nuage de fumée s’élevant au dessus de Khiam, au Liban-Sud, après une frappe israélienne, le 11 janvier. Rabie Daher/AFP
Lors d’une réunion du Conseil des ministres démissionnaire vendredi, le Premier ministre sortant Nagib Mikati a évoqué la guerre au Liban-Sud entre le Hezbollah et Israël, ainsi que les efforts diplomatiques en cours pour tenter de calmer la situation. « La situation actuelle est meilleure que ce qu’elle ne l’était il y a deux mois, du fait de la compréhension à l’égard de la position libanaise, position que j’ai transmise à l’envoyé américain Amos Hochstein », a affirmé M. Mikati, selon un communiqué de son bureau de presse. Lors d’une visite à Beyrouth jeudi, Amos Hochstein a proposé une solution médiane afin de calmer les tensions, à défaut d’un accord de cessez-le-feu, que le Hezbollah conditionne à l’arrêt des hostilités à Gaza. « Nous avons informé tous les émissaires que parler d’une accalmie au Liban seulement est illogique. Conformément à notre arabité et de nos principes, nous réclamons un cessez-le-feu à Gaza le plus rapidement possible, parallèlement à un cessez-le-feu sérieux au Liban », a insisté M. Mikati. « Si c’est la stabilité qui est requise dans la région frontalière, toutes les décisions internationales doivent être appliquées, à leur tête l’armistice de 1949 sans modification », a-t-il estimé. Et d’ajouter : « Israël n’a appliqué aucune décision internationale, notamment celles depuis 1949 (l’armistice entre le Liban et Israël) jusqu’à la 1701 ». Le Premier ministre sortant fait référence à la résolution du Conseil de sécurité ayant mis fin à la guerre de 2006 et qui prévoit un retrait du Hezbollah de la région frontalière en échange du respect par Israël de la souveraineté libanaise. « Nous assurons que nous respectons la légalité internationale et toutes les décisions internationales, comme l’indique notre déclaration ministérielle », a-t-il insisté. Le Premier ministre sortant a été farouchement critiqué pour avoir tenu un énième Conseil des ministres en l’absence d’un président de la République, poste vacant depuis octobre 2022. « Quiconque inspecte l’ordre du jour du Conseil des ministres y trouvera plus de 100 articles et comprendra qu’ils ne sont pas pressés d’élire un président de la République », a écrit le chef du Courant patriotique libre Gebran Bassil sur son compte X jeudi soir, accusant le chef du gouvernement démissionnaire de « s’approprier des prérogatives étroitement liées à la personne du président ».
Un civil blessé
Sur le terrain, les combats entre Israël et le Hezbollah se sont poursuivis vendredi à la frontière. L’artillerie israélienne a bombardé les localités de Aïtaroun, Meis el-Jabal, Dhaïra, Houla, Jibbein et Tayr Harfa. Un civil a également été retrouvé blessé par balle à une jambe dans le village de Khiam. Il a été transporté à l’hôpital public de Marjeyoun par la Croix-Rouge, l’armée libanaise et la Force intérimaire des nations unies pour le Liban, a indiqué une source de la Croix-Rouge à notre journal. Dans ce contexte tendu, les habitants de Meis el-Jabal ont critiqué le « désintérêt » des autorités libanaises à l’égard des villages frontaliers qui sont selon eux coupés de plusieurs infrastructures essentielles. Dans leur communiqué, les habitants notent notamment que les services de télécommunications, fixes et mobiles, sont coupés depuis plusieurs jours et que le village souffre de longues coupures d’électricité. D’ailleurs, l’Établissement des eaux du Liban-Sud a appelé les personnes résidant dans sa zone d’opération à rationner leur consommation en eau, dans l’attente d’un réapprovisionnement en électricité afin de faire fonctionner les pompes à eau. De son côté, le Hezbollah a revendiqué au moins cinq attaques contre Israël vendredi. Le parti chiite a affirmé, entre autres opérations, avoir frappé une patrouille de soldats israéliens déployés face à la localité libanaise de Dhaïra, ainsi qu’une position israélienne à Malkia et une autre à Manara.


Je vois partout des affiches disant que “ pour que l’histoire ne se répète pas, le Liban ne veut pas la durée”. La volonté de la majorité des Libanais est claire. Le gouvernement est supposé nous représenter, de quel droit notre premier ministre ose prendre une position contraire à la nôtre ?
07 h 10, le 14 janvier 2024