De la fumée s'élève après ce que les forces armées israéliennes disent être une frappe aérienne sur des cibles du Hezbollah au Liban, dans cette capture d'écran obtenue à partir d'une vidéo publiée le 8 janvier 2024. Photo armée israélienne/Handout via REUTERS
Le Hezbollah a affirmé avoir ciblé mardi un centre de commandement de l'armée israélienne dans le nord du pays, en réponse à l'élimination du numéro deux du mouvement islamiste palestinien Hamas et d'un haut responsable militaire de sa formation.
Le Hezbollah a déclaré dans un communiqué avoir ciblé « le centre de commandement de la région nord de l'armée » israélienne à l'aide de « plusieurs drones suicides », en « réponse » à l'élimination le 2 janvier du numéro deux du Hamas, Saleh al-Arouri, et à celle de son responsable, Wissam Tawil, tué lundi.
Les funérailles de ce dernier étaient organisées mardi dans son village de Kherbet Selm où il a été tué, au Liban-Sud la veille, en présence de centaines de membres du mouvement islamiste libanais et de nombreux autres habitants du village.
De son côté, l'armée israélienne a annoncé que « des intercepteurs avaient été lancés vers plusieurs cibles aériennes hostiles traversant le Liban en direction du territoire israélien », après que des sirènes ont retenti. L'armée a confirmé qu' »un appareil aérien ennemi était tombé sur sa base » dans le nord d'Israël, « sans faire de blessé ni de dégât ».
Saleh al-Arouri et six autres responsables et cadres du Hamas ont été tués dans une frappe attribuée à Israël le 2 janvier, dans la banlieue sud de Beyrouth, fief du Hezbollah.
Samedi, le Hezbollah avait tiré des dizaines de roquettes vers une base militaire à Meron, dans le nord d'Israël, une attaque présentée comme sa première riposte à cette frappe. Et lundi, le Hezbollah a annoncé la mort du « commandant » Wissam Tawil, après qu'une frappe israélienne a visé sa voiture, selon une source de sécurité à l'AFP.
Il s'agit du plus haut responsable militaire du Hezbollah tué depuis que le mouvement islamiste libanais a ouvert le front avec Israël pour soutenir le Hamas palestinien. Wissam Tawil avait participé à la capture de soldats israéliens ayant déclenché la guerre à l'été 2006 contre Israël, mais aussi les « opérations spécifiques qu'il a menées en Syrie », selon le parti.
Le groupe a également précisé qu'il avait « dirigé de nombreuses opérations » contre les soldats israéliens à la frontière israélo-libanaise depuis le 7 octobre 2023. Peu avant le début des funérailles mardi, un drone israélien a visé une voiture stationnée dans la localité, selon l'Agence officielle libanaise Ani et des témoins.
Le numéro deux du Hezbollah, Naïm Qassem, a déclaré mardi que l'assassinat de dirigeants, notamment Wissam Tawil, qu'il a décrit comme « un commandant de la force al-Radwan », l'unité d'élite du Hezbollah, n'était pas « un frein mais plutôt une motivation à aller de l'avant avec plus de détermination ».
Plus tôt dans la matinée, une frappe israélienne a visé une voiture à Ghandouriyé, localité du sud du Liban, selon l'Ani. L'attaque a fait « trois morts au sein du Hezbollah », a déclaré à l'AFP une source de sécurité. Dans l'après-midi, le Hezbollah a annoncé la mort de trois de ses combattants, sans plus de détails.
Les échanges de tirs entre l'armée israélienne et le Hezbollah sont quotidiens à la frontière entre Israël et le Liban depuis le 8 octobre. Depuis le début des violences, le Hezbollah a perdu plus de 139 combattants dans des frappes israéliennes dans le sud du Liban. Plus de vingt civils parmi lesquels trois journalistes ont également péri, selon un décompte de l'AFP.


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