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Politique - Frontière Sud

« Le risque d’un engrenage demeure très élevé », prévient Colonna depuis Beyrouth

Le Hezbollah a ciblé pour la première fois « deux plateformes du Dôme de fer », le système de défense antimissile israélien.

« Le risque d’un engrenage demeure très élevé », prévient Colonna depuis Beyrouth

La ministre française des Affaires étrangères, Catherine Colonna, lors d’une conférence de presse à la Résidence des Pins, à Beyrouth, le 18 décembre. Photo Mohammad Yassine.

La ministre française des Affaires étrangères, Catherine Colonna, a prévenu lundi que « le risque d’un engrenage demeure très élevé » au Liban-Sud, insistant sur « l’inquiétude » de la France quant à un risque d’escalade et « d’embrasement régional ». Des propos tenus lors d’une conférence de presse à la Résidence des Pins, à Beyrouth, à l’issue d’une tournée éclair effectuée auprès de plusieurs responsables politiques et militaires locaux, après un passage en Israël et dans les territoires palestiniens « Nous sommes ici pour éviter un embrasement régional », a insisté la locataire du Quai d’Orsay, qui en a également profité pour s’en prendre au Hezbollah et à l’Iran. Le parti chiite maintient un front tendu avec Israël au Liban-Sud et a perdu 111 de ses combattants depuis le début de cette guerre, le 8 octobre dernier.

Joseph Aoun ? « Il était temps ! »

« Il est de la responsabilité de tous les acteurs de tout faire pour éviter un embrasement qui ne bénéficierait à personne. Il augmenterait les dangers et éloignerait chacun de la sécurité », a poursuivi Mme Colonna. La cheffe de la diplomatie française s’est ensuite adressée directement à « ceux qui, au Liban, feraient de mauvais calculs ». « Si le Liban se plongeait dans la guerre, il ne s’en remettrait pas. Je porte ce message avec beaucoup d’inquiétude », a-t-elle déclaré, précisant immédiatement les cibles de ses critiques : « Je pense ici à l’Iran ainsi qu’à tous ses affidés en Irak, en Syrie, en mer Rouge (...) C’est une erreur. L’escalade doit cesser. » Mme Colonna a dans ce cadre souligné ne pas s’être entretenue avec des responsables du Hezbollah lors de sa visite.

Abordant en outre la situation politique locale, la ministre a rappelé que le Liban « est dans une position d’extrême faiblesse », du fait de l’absence d’un président depuis la fin du mandat de Michel Aoun le 31 octobre 2022 et de l’échec des députés à sortir de l’impasse. « La prorogation du mandat du chef de l’armée est certes une bonne nouvelle. Mais j’ajoute qu’il était temps ! » a lancé la ministre française, trois jours après l’adoption par le Parlement d’une loi à cet effet. « Mais cela ne suffit pas. Les dirigeants doivent continuer à faire preuve d’esprit de responsabilité. Ce pays doit avoir un président », a poursuivi Mme Colonna. Elle a enfin rappelé que « la France est solidaire du peuple israélien face au terrorisme », après sa visite en Israël. Mais elle a ajouté que l’État hébreu « doit respecter bien davantage le droit international humanitaire, et protéger les populations », insistant sur le nombre de morts trop important à Gaza, et sur la nécessité d’une trêve humanitaire durable. À Beyrouth, Catherine Colonna s’est entretenue avec le président du Parlement, Nabih Berry, à Aïn el-Tiné, ainsi qu’avec le commandant de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) Aroldo Lazaro, qui a souligné que la situation est « tendue » et « dangereuse » dans le Sud. Le commandant de la Finul a expliqué que les Casques bleus s’efforçaient de jouer un rôle de médiation entre les parties « pour éviter des erreurs de calculs ou d’interprétations qui pourraient être un autre déclencheur d’escalade ». La ministre française a également discuté avec le Premier ministre sortant Nagib Mikati, qui a souligné l’importance d’« appliquer la résolution 1701 (du Conseil de sécurité des Nations unies) dans la lettre et l’esprit, à condition qu’Israël adhère à ses dispositions ». Cette résolution avait mis fin à la guerre de 2006 entre le Hezbollah et Israël et prévoit un déploiement de l’armée libanaise dans une zone contrôlée par la Finul.

Un plan pour « envahir » le Liban-Sud

La visite de la diplomate française intervient dans un contexte particulièrement tendu dans la région frontalière, où les combats entre Israël et le Hezbollah se poursuivent et s’intensifient. Lundi, la formation chiite a ciblé pour la première fois « deux plateformes du Dôme de fer » israélien, le système de défense antimissile de l’État hébreu, avec des tirs d’artillerie qui ont visé le nord de la localité israélienne de Kabri. Elle a également revendiqué une frappe contre la position militaire israélienne de Hamra. Dans la soirée, elle a annoncé le lancement de plusieurs missiles sur la localité israélienne de Kiryat Shmona, en représailles au tir israélien qui a ciblé plus tôt dans la journée une maison non loin des funérailles d’un de ses combattants dans la localité de Aïta el-Chaab. Le parti chiite a également prévenu que « toute atteinte aux civils fera l’objet d’une riposte ». Un engin aérien en provenance du Liban a, en outre, été intercepté par l’armée israélienne et des sirènes d’alerte ont été activées, a affirmé un porte-parole militaire israélien cité par le Haaretz. Par ailleurs, l’armée israélienne a affirmé que dix missiles ont été tirés depuis le Liban en direction de la ville de Matzuva. C’est dans ce contexte que le chef du groupe parlementaire du Hezbollah, Mohammad Raad, a critiqué ceux qui s’opposent aux opérations militaires menées par le parti chiite sur le front sud. « Certaines personnes disent qu’Israël n’aurait pas été agressif s’il n’avait pas été victime d’agression. Nous préférons que nos maisons soient détruites si cela nous permet de préserver notre honneur », a lancé le député, lors d’un hommage à Nabatiyé à un des membres du parti tué au combat. « Nous avons offert plus de cent martyrs au Liban afin de freiner des offensives dont l’administration américaine et l’entité sioniste sont entièrement responsables », a ajouté M. Raad, dont le fils a été tué récemment dans une frappe israélienne. De son côté, Israël a bombardé à longueur de journée des villages de la bande frontalière. Selon notre correspondant dans la région Mountasser Abdallah, des obus se sont abattus sur les alentours de Aïta el-Chaab, Aïtaroun, Alma el-Chaab, Blida, Dhaïra, Hamamès, Khiam, Labbouné, Marwahine, Meïs el-Jabal, Mhaïbib. Des bombardements israéliens ont également touché une zone proche d’habitations à Jebbeïn, selon le président du conseil municipal du village, Talal Akeïl. Ces frappes interviennent au lendemain des déclarations de Jonathan Conricus, un porte-parole des forces israéliennes, qui a affirmé au quotidien britannique The Times que son armée « a préparé et prépare des plans » pour envahir le Liban-Sud. « Le chef d’état-

major a approuvé des plans et défini des programmes », a-t-il ajouté. Le militaire a toutefois indiqué que « la décision concernant l’envoi d’une force terrestre à travers la frontière revient au Premier ministre Benjamin Netanyahu et à son cabinet de guerre ». « La doctrine israélienne est d’étendre la guerre de l’autre côté », selon ce responsable, qui a estimé que l’attaque du Hamas, le 7 octobre, « ne serait rien comparée à ce qu’ils (le Hezbollah, NDLR) pourraient faire ici » à la frontière entre le Liban et Israël. Faisant écho de ces déclarations, le ministre israélien de la Défense, Yoav Gallant, a déclaré que « si une solution diplomatique n’est pas trouvée, (Israël) n’hésitera pas à attaquer dans le Nord ». « La diplomatie est la voie privilégiée. Nous ne cherchons pas la guerre, mais nous avons 70 000 personnes déplacées et le Hezbollah nous tire dessus tous les jours depuis le 8 octobre, a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse avec le secrétaire américain à la Défense Lloyd Austin. Nous sommes patients et nous cherchons une solution diplomatique qui garantira que le Hezbollah ne menace pas directement les civils israéliens dans les communautés du Nord. D’un autre côté, nous nous préparons à toute situation nécessaire. »

La ministre française des Affaires étrangères, Catherine Colonna, a prévenu lundi que « le risque d’un engrenage demeure très élevé » au Liban-Sud, insistant sur « l’inquiétude » de la France quant à un risque d’escalade et « d’embrasement régional ». Des propos tenus lors d’une conférence de presse à la Résidence des Pins, à Beyrouth, à l’issue d’une tournée éclair effectuée auprès de plusieurs responsables politiques et militaires locaux, après un passage en Israël et dans les territoires palestiniens « Nous sommes ici pour éviter un embrasement régional », a insisté la locataire du Quai d’Orsay, qui en a également profité pour s’en prendre au Hezbollah et à l’Iran. Le parti chiite maintient un front tendu avec Israël au Liban-Sud et a perdu...
commentaires (3)

Ces simagrées nous mènent droit à une guerre incontrôlée. Madame, vous connaissez la solution depuis belle lurette et vous refusez de vous confronter à l’essentiel qui est de désarmer le HB au lieu de suggérer son déplacement qui ne fait que déplacer le problème pour assister à de nouveaux rounds de guerres commandées, tot ou tard. Ça Israël le sait et ne veut plus tenter le diable en écoutant vos recommendations inutiles et veines alors qu’il a la possibilité pour une fois de mettre terme à tout ce cinoche ridicule pour cause de lâcheté des protagonistes qui ne fait que renforcer la terreur

Sissi zayyat

11 h 35, le 20 décembre 2023

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Commentaires (3)

  • Ces simagrées nous mènent droit à une guerre incontrôlée. Madame, vous connaissez la solution depuis belle lurette et vous refusez de vous confronter à l’essentiel qui est de désarmer le HB au lieu de suggérer son déplacement qui ne fait que déplacer le problème pour assister à de nouveaux rounds de guerres commandées, tot ou tard. Ça Israël le sait et ne veut plus tenter le diable en écoutant vos recommendations inutiles et veines alors qu’il a la possibilité pour une fois de mettre terme à tout ce cinoche ridicule pour cause de lâcheté des protagonistes qui ne fait que renforcer la terreur

    Sissi zayyat

    11 h 35, le 20 décembre 2023

  • Ça suffit le Hezbollah qui veut détruire le Liban , il n’a pas compris qu’Israël est un état sioniste est tout l’occident est avec lui, nous voulons détruire le Liban mr. Nasrallah, basta

    Eleni Caridopoulou

    17 h 54, le 19 décembre 2023

  • "Il est de la responsabilité de tous les acteurs de tout faire pour éviter un embrasement qui ne bénéficierait à personne". En effet, et, entre autres,"le Premier ministre sortant Nagib Mikati, qui a souligné l’importance d’« appliquer la résolution 1701". Mikati ressemble à un chauffeur qui se plaint de ce que sa voiture refuse de démarrer, mais s’obstine à ne pas vouloir tourner la clef de contact!

    Yves Prevost

    07 h 32, le 19 décembre 2023

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