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Moyen-Orient - RÉCIT

La trêve Hamas-Israël : 7 jours longs comme des siècles, courts comme des heures

Pour les Gazaouis, c’est de nouveau l’errance, le froid, les bombes et le décompte infernal des cadavres dans les morgues engorgées.

La trêve Hamas-Israël : 7 jours longs comme des siècles, courts comme des heures

Des Gazaouis fuyant leur maison à Khan Younès, avec la fin de la trêve entre Israël et le Hamas, le 1er décembre 2023. Ibrahim Abou Moustafa/Reuters

Sept jours de trêve longs comme des siècles ou courts comme des heures. Selon que l’on se trouvait en Israël, en Cisjordanie occupée ou à Gaza.

Sept jours pendant lesquels, de Jérusalem à Ramallah, la vie était suspendue aux visages, aux noms des otages libérés par le Hamas et à ceux des détenus palestiniens extraits des geôles israéliennes.

Dans la bande de Gaza, pilonnée sans relâche depuis l’attaque sans précédent du Hamas sur le sol israélien, la population s’efforçait de mettre à profit la trêve, qu’elle savait tenir à un fil, pour dresser le sinistre inventaire des destructions et des morts, manger, prier et dormir enfin, malgré l’écho assourdissant de la guerre encore dans les têtes.

Sept semaines plus tôt, le 7 octobre. Des centaines de combattants du mouvement islamiste Hamas franchissent au soleil levant la frontière séparant le nord de Gaza d’Israël. Dans les kibboutz et les villages agricoles, aux arrêts de bus, dans une rave-party en pleine campagne, ils sèment la terreur et l’horreur. L’attaque fait 1 200 morts, selon les autorités israéliennes, en majorité des civils, pour beaucoup saisis dans leur sommeil en ce jour de shabbat.

Un massacre inédit dans l’histoire de l’État d’Israël, qui déclenche aussitôt un déluge de feu sur Gaza, sous contrôle du Hamas depuis 2007. Sans empêcher les commandos du mouvement islamiste d’enlever quelque 240 personnes, des Israéliens surtout, et de les faire disparaître dans les entrailles du petit territoire palestinien.

Peu à peu le nom et les visages des otages paraissent dans la presse, à la télévision, sur des placards dans les rues de Jérusalem et de Tel-Aviv, partout dans le pays, mais aussi à l’étranger. Sont-ils vivants, blessés, morts ? Et où sont-ils dans Gaza ?

Un sinistre feuilleton

Gaza, qui essuie une pluie de poudre et d’acier et d’où le Hamas lance des milliers de roquettes. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu fait valoir « le droit d’Israël à se défendre ». Son armée frappe depuis le ciel, la mer et puis lance ses troupes au sol.

À l’arrière, les belligérants négocient une trêve. Un accord est finalement trouvé qui permet, le 24 novembre, de faire taire les armes. Il est convenu d’échanger des otages israéliens à Gaza contre des détenus palestiniens dans les prisons israéliennes. C’est le début d’un feuilleton dont chaque épisode est le fruit d’intenses tractations, jour après jour, qui mettent les nerfs des populations à vif.

Ce sera un otage israélien pour trois détenus palestiniens. Parmi les otages, femmes et enfants sont les seuls dont on négocie la libération pour le moment : car de nombreux soldats (hommes et femmes) ont été enlevés, et ces derniers, pour le Hamas, sont une monnaie d’échange plus précieuse.

En Israël, les familles attendent un miracle, l’annonce que le nom des leurs figure sur la liste quotidienne de ceux qui sont autorisés à rentrer chez eux. Ce 24 novembre, 13 Israéliens, des femmes et des enfants donc, sont les premiers à recouvrer la liberté.

Israël honore les termes de l’échange en relâchant 39 détenus palestiniens dont le retour, en Cisjordanie occupée, provoque des scènes de liesse.

Le rituel se répète le lendemain, puis le surlendemain et le jour suivant encore, pendant sept jours. Jusqu’au matin du vendredi 1er décembre, lorsque le Hamas et le gouvernement israélien se rejettent la responsabilité de l’échec des négociations en vue de décréter une nouvelle prolongation de la trêve.

La guerre continue

En Israël, c’est la consternation chez les proches des otages encore retenus à Gaza. Le Hamas affirme que des dizaines de captifs sont morts depuis le 7 octobre dans les bombardements. Les autorités israéliennes l’ont confirmé pour sept d’entre eux.

Des familles, en Israël, réclament une nouvelle pause dans les opérations militaires, craignant pour la vie de ceux qui demeurent séquestrés.

Détresse aussi pour les familles de détenus palestiniennes et palestiniens qui entrevoyaient leur retour après parfois des années de réclusion.

Dès la fin de la trêve, les hostilités ont repris. Et avec elles le calvaire des otages. Pour les Gazaouis, c’est de nouveau l’errance, le froid, les bombes et le décompte infernal des cadavres dans les morgues engorgées.

Depuis le 7 octobre, les frappes israéliennes ont fait sur cette étroite langue de terre plus de 15 500 morts dont près de 6 400 ont moins de 18 ans, selon le Hamas. Ses roquettes, cependant moins nombreuses, continuent de tomber sur Israël.

Les combats qui font rage ont pris le pas sur les négociations. Israël a rappelé ses émissaires du Qatar. Le Hamas, lui, veut un arrêt des frappes israéliennes avant de discuter. La guerre continue.

Gaël BRANCHEREAU/AFP

Sept jours de trêve longs comme des siècles ou courts comme des heures. Selon que l’on se trouvait en Israël, en Cisjordanie occupée ou à Gaza.Sept jours pendant lesquels, de Jérusalem à Ramallah, la vie était suspendue aux visages, aux noms des otages libérés par le Hamas et à ceux des détenus palestiniens extraits des geôles israéliennes.Dans la bande de Gaza, pilonnée sans...

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