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Politique - Décryptage

Pour le Hezbollah, tant que « le terrain » va, tout va

De l’avis de nombreux observateurs, le secrétaire général du Hezbollah est passé maître dans l’art de maintenir le flou sur les intentions de son parti et de déstabiliser ses adversaires (et ses partisans d’ailleurs). Samedi, dans son second discours depuis le 7 octobre, date de lancement de l’opération Déluge d’al-Aqsa, il a poursuivi la même tactique en lançant une phrase qui n’en finit pas d’être analysée dans les milieux politiques locaux et internationaux. Nasrallah a ainsi affirmé que l’élargissement ou non par le Hezbollah du champ de bataille dépend de l’évolution de la situation sur le terrain. Depuis, les menaces israéliennes à l’égard du Liban et celles du Hezbollah à l’égard d’Israël se multiplient, et la psychose d’une grande guerre ne cesse de grandir.

Pourtant, ceux qui connaissent bien le parti chiite affirment que Nasrallah a, depuis le 7 octobre, adopté la même position : le Hezbollah est une force de soutien au Hamas et au front de Gaza. Cette guerre n’est donc pas la sienne. Son rôle est ainsi d’aider le Hamas et les Palestiniens, en général, d’abord en détournant une partie des forces militaires israéliennes du front de Gaza, en les occupant sur le front nord et ensuite en intervenant de façon plus puissante si le besoin s’en fait sentir. Pour cette raison, le Hezbollah suit minute par minute les développements sur le terrain à Gaza et il prend les décisions d’agir en fonction des données en sa possession.

Dans un rapport militaire rédigé par un de ses départements, le Hezbollah a ainsi fait les observations suivantes : à bientôt 40 jours du début de l’opération, les forces israéliennes n’ont pas encore pu arrêter un combattant du Hamas ou même du Jihad islamique. Sinon, ils l’auraient montré en long et en large dans les médias israéliens et internationaux. De même, selon ce rapport, aucune des figures-clés du Hamas n’a pu être tuée ou capturée, même les chefs militaires qui sont encore à Gaza. Toujours selon le rapport précité, les Israéliens n’ont pas pu montrer, jusqu’à présent, un des nombreux tunnels souterrains creusés par le Hamas à Gaza, alors que les experts militaires estiment qu’ils pourraient s’étendre sur une surface de 450 kilomètres. En dépit des bombes puissantes envoyées par les Américains et destinées à faire sauter les tunnels souterrains, les Israéliens n’en ont pas encore montré un seul qui aurait été détruit. Toujours selon ce document, jusqu’à présent, les Israéliens n’ont découvert, en dépit de leurs bombardements d’une rare violence et de leurs incursions terrestres répétées, aucune rampe de missiles du Hamas, ni aucune installation qui va avec et qui permet d’activer cette rampe. Au dix-huitième jour de l’opération terrestre lancée par l’armée israélienne dans plusieurs endroits dans le nord de Gaza et dans le centre, les Israéliens n’ont pas encore pu installer une position fixe et sûre dans la bande pour pouvoir affirmer qu’ils contrôlent désormais une rue ou un quartier. Jusqu’à présent, ils sont encore en train d’avancer dans des zones peu peuplées, considérées comme des sortes de « no man’s land ». Mais ils n’ont encore pris aucune ville ni aucun village, et se sont contentés de bombarder intensivement les immeubles et les hôpitaux sans parvenir à installer des positions fixes. Le rapport affirme aussi qu’en dépit des combats souvent féroces menés contre les combattants du Hamas et du Jihad islamique, les Israéliens n’ont pas pu mettre la main sur un obus Yassine ou sur un missile Kassam, qui sont fabriqués par les Palestiniens eux-mêmes, pour pouvoir les analyser. Les Israéliens n’ont pas pu non plus empêcher le Hamas et ses alliés de lancer des missiles sur les villes israéliennes en dépit de leurs violents bombardements qui ont détruit des quartiers entiers dans la bande de Gaza. Et au bout de 37 jours, ils n’ont pas encore pu trouver un seul otage capturé par le Hamas dans le cadre de l’opération du 7 octobre. Ils ont bien annoncé vouloir mener, avec l’aide des forces spéciales américaines, des opérations pour définir le lieu de détention d’une partie des otages pour pouvoir ensuite les libérer. Mais jusqu’à présent, aucune de ces missions n’a abouti à un résultat concret, sinon les médias israéliens et occidentaux en auraient parlé. De même, en dépit des bombardements intensifs et violents, les Israéliens ne parviennent pas à empêcher les combattants du Hamas et ceux du Jihad islamique de lancer des opérations contre eux, les prenant souvent par derrière et par surprise, alors que depuis le 7 octobre, l’élément de la surprise aurait dû être totalement dépassé.

Pour toutes ces raisons, l’offensive israélienne – qui est une des opérations militaires les plus longues – ne peut pas être considérée comme un succès et elle n’a pas encore donné un résultat qui pourrait sauver la face des autorités et de l’armée israélienne, et qui leur permettrait de dire, à leur population d’abord, qu’ils ont remporté une victoire. Surtout que le Premier ministre israélien a déclaré clairement que le but de son opération militaire est d’éliminer le Hamas. C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles cette opération se prolonge... sans véritable perspective d’ailleurs, puisqu’elle semble s’installer dans une guerre d’usure.

Aux yeux du leader du Hezbollah, toujours selon le rapport précité, le Hamas a jusqu’à présent marqué des points, alors que les Israéliens ne l’ont pas fait. En disant que c’est le terrain qui dictera l’évolution de la situation, il laisse donc entendre que, sur le plan militaire, l’avantage est encore au Hamas, même si les civils palestiniens sont les grandes victimes de ce terrible affrontement. En même temps, la voie reste ouverte à toutes les possibilités.

De l’avis de nombreux observateurs, le secrétaire général du Hezbollah est passé maître dans l’art de maintenir le flou sur les intentions de son parti et de déstabiliser ses adversaires (et ses partisans d’ailleurs). Samedi, dans son second discours depuis le 7 octobre, date de lancement de l’opération Déluge d’al-Aqsa, il a poursuivi la même tactique en lançant une phrase qui n’en finit pas d’être analysée dans les milieux politiques locaux et internationaux. Nasrallah a ainsi affirmé que l’élargissement ou non par le Hezbollah du champ de bataille dépend de l’évolution de la situation sur le terrain. Depuis, les menaces israéliennes à l’égard du Liban et celles du Hezbollah à l’égard d’Israël se multiplient, et la psychose d’une grande guerre ne cesse de grandir. Pourtant, ceux qui...
commentaires (4)

Ben voyons… Oui le Hezbollah pourrait se contenter de sa guéguerre si le Hamas résistait bien sur le terrain. Donc le Hamas résiste bien sur le terrain. Serpent qui voit les choses non pas comme elles sont réellement mais comme il veut qu’elles soient finit toujours par se mordre la queue.. Un simple coup d’œil à LiveUAMap (certes basé sur Twitter mais tout de même mieux que CNN, Al Jazeera etc…) suffit pour nous ramener à la réalité.

MAKE LEBANON GREAT AGAIN

08 h 29, le 15 novembre 2023

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Commentaires (4)

  • Ben voyons… Oui le Hezbollah pourrait se contenter de sa guéguerre si le Hamas résistait bien sur le terrain. Donc le Hamas résiste bien sur le terrain. Serpent qui voit les choses non pas comme elles sont réellement mais comme il veut qu’elles soient finit toujours par se mordre la queue.. Un simple coup d’œil à LiveUAMap (certes basé sur Twitter mais tout de même mieux que CNN, Al Jazeera etc…) suffit pour nous ramener à la réalité.

    MAKE LEBANON GREAT AGAIN

    08 h 29, le 15 novembre 2023

  • Le hezb et le Hamas ont donné du fil à retordre aux israéliens qui sont habitués à avoir le dernier mot. D’ailleurs, Israël ne sera jamais ce qu’il était, La fissure dans le corps de son armée est irréparable. Merci Scarlett Haddad pour cette excellente analyse. .

    Hitti arlette

    09 h 18, le 14 novembre 2023

  • Aucunes surprises, nous sommes toujours dans les promesses d'actions et de réactions qui resteront limitées et donc inutiles. Il tente de retourner une catastrophe en une victoire inexistante. En fait, le Hezbollah ne peut plus s'attaquer a Tsahal ayant perdu l'effet de surprise, il se contente donc de petits pétards par ci par la. Israël a prouvé qu'elle était suffisamment prête pour la guerre et que ni les Tunnels ni les pressions n'y feront rien. Gaza City est militairement tombé et le reste suivra. Dommage car plus les ennemis du Liban se battent entre eux mieux il se porte.

    Pierre Christo Hadjigeorgiou

    09 h 18, le 14 novembre 2023

  • Sans commentaire

    Mohamed Melhem

    09 h 02, le 14 novembre 2023

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