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Culture - Édition

Traduire « Gatsby », une passion française

Traduire « Gatsby », une passion française

Jay Gatsby est devenu un mème sur internet, avec Leo DiCaprio qui lève sa coupe de champagne dans une scène de l’adaptation filmique signée Baz Luhrmann du chef-d’œuvre de Francis Scott Fitzgerald. Photo DR

Gatsby le magnifique de l’Américain Francis Scott Fitzgerald est non seulement un roman écrit principalement en France, mais aussi un livre que les Français adorent traduire et retraduire.

Parue en 1925, cette histoire de parvenu qui se termine mal a connu quatre traducteurs différents au XXe siècle. Puis six au XXIe siècle, une fois que l’œuvre de Fitzgerald est tombée dans le domaine public.

Le dernier en date est Jacques Mailhos, aux éditions Gallmeister. Elles republient Gatsby le magnifique dans une collection de luxe qu’elles ont lancée en avril, Litera.

« C’est un récit plein de puissance, de charme, de mystère. Et c’est plus que ça aujourd’hui : Jay Gatsby est devenu un mème sur internet, avec Leo DiCaprio qui lève sa coupe de champagne. Il y a, pour moi, un intérêt à revenir au texte », dit le traducteur.

Gatsby le magnifique, qui a lieu à New York et à Long Island, a été rédigé pour l’essentiel sur la Côte d’Azur, à Saint-Raphaël. Si ce roman a eu peu de succès jusqu’à la mort de l’auteur en 1940, il a été traduit en français dès 1926, par Victor Llona.

Fitzgerald lui-même avait payé pour cela, et salué la qualité du travail.

« Massacré dans un karaoké »

Le roman a bénéficié de l’adaptation cinématographique de Baz Luhrmann en 2013 et de l’entrée de l’œuvre de son auteur dans le domaine public en France en 2011. Depuis cette date, il n’est plus nécessaire de verser des droits d’auteur à ses descendants. Les éditions POL s’étaient immédiatement saisies de l’occasion pour publier la version de Julie Wolkenstein, qui avait surpris en retenant comme titre Gatsby (contre The Great Gatsby en anglais).

Cette traductrice avait raconté au quotidien Le Monde qu’elle avait eu « un choc » en découvrant le « mot à mot maladroit » de la première traduction française. Et le journal de saluer « une relecture inspirée, fraîche et déliée ».

L’écrivain Frédéric Beigbeder, fan de l’écrivain américain, était gêné en revanche par des mots superflus. « Le travail de cette universitaire est sûrement très respectable, mais il donne la même impression que d’entendre un standard des Beatles massacré dans un karaoké par un étudiant en musicologie », écrivait-il dans Le Figaro.

En 2012, Fitzgerald faisait son entrée dans la Bibliothèque de la Pléiade. L’occasion pour Philippe Jaworski de s’attaquer à cette œuvre, en revenant au titre Gatsby le magnifique, la « trouvaille de Victor Llona ». L’universitaire signalait que cet adjectif oriente dès les premiers mots la vision du personnage principal.

« Pas le premier critère »

En poche chez Folio, cette version venait concurrencer celle d’une maison d’édition rivale, Le Livre de poche, signée d’un grand écrivain du XXe siècle, Michel Tournier. Un autre éditeur poche, Pocket, en propose encore une autre, signée Jean-François Merle en 2013. Et Le Livre de poche, qui a repris l’affiche du film sur la couverture, a confié à la même époque le travail à un autre homme, Michel Laporte. Pour un lecteur, comment trancher ? Y a-t-il un moyen de choisir la traduction qui lui convienne ?

« C’est une question très compliquée pour nous, qu’on nous pose régulièrement. Il y a des titres où certaines traductions ont mal vieilli. Ce n’est pas le cas de Gatsby, où elles sont récentes », répond un libraire de la Librairie internationale Kléber à Strasbourg.

« À part des lecteurs qui y sont très sensibles, ce n’est pas le premier critère de nos clients, ajoute-t-il. Certains sont plus Folio, d’autres Le Livre de poche... Et d’autres préféreront cette collection Litera, qui donne de beaux livres. Mais c’est difficile de conseiller une traduction plutôt qu’une autre. »

Hugues HONORÉ/AFP

Gatsby le magnifique de l’Américain Francis Scott Fitzgerald est non seulement un roman écrit principalement en France, mais aussi un livre que les Français adorent traduire et retraduire.Parue en 1925, cette histoire de parvenu qui se termine mal a connu quatre traducteurs différents au XXe siècle. Puis six au XXIe siècle, une fois que l’œuvre de Fitzgerald est tombée dans le domaine public.Le dernier en date est Jacques Mailhos, aux éditions Gallmeister. Elles republient Gatsby le magnifique dans une collection de luxe qu’elles ont lancée en avril, Litera.« C’est un récit plein de puissance, de charme, de mystère. Et c’est plus que ça aujourd’hui : Jay Gatsby est devenu un mème sur internet, avec Leo DiCaprio qui lève sa coupe de champagne. Il y a, pour moi, un intérêt à revenir au...
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