À bientôt 25 jours du déclenchement de l’opération Déluge d’al-Aqsa, le Hamas a décidé de passer à l’offensive politique. Du Caire à Moscou en passant par Doha et d’autres capitales, ses émissaires sollicitent les appuis pour tenter de sortir de l’impasse actuelle.
Selon un membre du bureau politique du Hamas, l’opération – qui était planifiée pour durer quelques heures et destinée à prendre des otages israéliens pour pouvoir les échanger contre les 6 000 prisonniers palestiniens dans les geôles israéliennes et pour remettre la cause palestinienne au cœur des négociations – a réussi militairement au-delà de toutes les attentes des Palestiniens. Mais depuis cette grande réalisation militaire dont se félicite le Hamas, la situation tourne en rond. Les Israéliens, avec l’appui du monde occidental et même de certains Arabes, veulent à tout prix laver l’affront subi mais ne parviennent pas à le faire. Ils ont, toujours selon le représentant du Hamas précité, multiplié les incursions sans pouvoir s’installer sur place et sans marquer de victoire réelle. Selon des informations rapportées par les chaînes de télévision sur place, les soldats israéliens n’ont réussi jusqu’ici qu’à pénétrer sur une profondeur maximale de 300 mètres dans des zones peu peuplées parce que frontalières, sans même pouvoir y installer des positions stables. Ce qui limite les chances de réussite d’une invasion terrestre de Gaza. Mais cela ne les empêche pas de se venger à travers les massacres perpétrés à l’égard des civils. Ils en ont effectué près de 672, sans parvenir toutefois à défaire le Hamas ou même à atteindre une de ses principales figures, comme Saleh al-Arouri (vice-président du bureau politique), Yehya Senouar (responsable à Gaza) ou bien sûr Mohammed Daïf (le chef « fantôme » de la branche militaire du Hamas, les Brigades Ezzedine al-Qassam).
Les morts continuent à tomber et les conditions de vie deviennent de plus en plus difficiles à Gaza, mais aucune percée militaire n’est enregistrée. Les quelques 30 000 combattants des Brigades al-Qassam sont toujours à Gaza, dans les tunnels souterrains qui s’étendent sur des kilomètres et atteignent parfois 30 mètres de profondeur. Ils disposent de leur propre système de communication, indépendant des réseaux de télécommunication habituels, et ils ont encore d’importantes réserves de missiles et autres armes, dont certaines sont de leur propre fabrication. Ils peuvent donc, selon le membre du Hamas précité, tenir encore plusieurs mois, même si le prix est très lourd. Mais, selon le Hamas, les Palestiniens sont prêts à payer ce prix parce que ce qui a été accompli mérite d’être préservé et les Israéliens n’ont pas l’habitude de mener de longues guerres. Ce qui signifie que plus la confrontation dure et plus elle tourne à l’avantage des Palestiniens.
Le problème réside dans le fait qu’il n’y a pas pour l’instant de plan ou de vision pour le jour d’après. Du côté israélien, estime le membre du bureau politique du Hamas, ce qui compte pour l’instant, c’est de permettre à Israël de marquer une victoire qui pourrait effacer « l’affront du 7 octobre ». Du côté palestinien, il y a certes une volonté de relancer sérieusement, et en position de force, les négociations pour la libération des prisonniers et même au-delà pour la création d’un État palestinien, mais il n’y a jusqu’à présent rien de concret à ce sujet. D’autant que ni les Arabes ni les Occidentaux ne proposent quoi que ce soit, tout le monde se concentrant en effet sur les développements du terrain.
Le représentant du Hamas ne cache pas à ce sujet une certaine déception face à la position de certains États arabes et de la Turquie, sachant qu’il n’a jamais misé sur un éventuel appui occidental même s’il y a de nombreuses résolutions internationales en faveur de la création d’un État palestinien. Mais le Hamas estime que ce n’est pas le moment de se lancer dans des luttes secondaires, la priorité étant actuellement de sauver les Palestiniens du massacre programmé et de conclure une trêve humanitaire pour pouvoir entamer ensuite des négociations. Selon ce membre du Hamas, de nombreuses surprises pourraient encore attendre les Israéliens, notamment en Cisjordanie et dans les territoires dits de 1948. Il assure que dans ces lieux, tout soulèvement peut être destructeur pour les Israéliens qui ne peuvent pas utiliser leur « violence aveugle », comme ils le font à Gaza. En même temps, d’autres fronts pourraient s’ouvrir, comme c’est dans une certaine mesure le cas avec le sud du Liban ou même au Golan, en Irak ou encore avec la participation des houthis au Yémen. Selon lui, il faut aussi garder un œil sur d’autres fronts qui pourraient encore s’enflammer, si les morts de Gaza continuent de s’entasser, alors que la colère ne cesse de monter au sein des populations arabes. Au sujet du front au Liban, le représentant du Hamas reconnaît qu’il y a eu des débats au sein de la formation, certains estimant que les alliés du Hamas auraient pu faire plus pour l’aider et d’autres au contraire considérant que ce « conflit de basse intensité » qui se déroule au sud du Liban est suffisant. Il faut dire aussi, rappelle le membre du Hamas, que celui-ci a choisi le timing de l’opération Déluge d’al-Aqsa sans en référer à qui que ce soit, même aux deux États qui le soutiennent actuellement, à savoir l’Iran et le Qatar. Le Hamas a mis tout le monde, ses alliés comme ses ennemis, devant le fait accompli. Il est donc normal que chacun ait réagi à sa manière. Mais, aujourd’hui, on peut dire, ajoute le membre du bureau politique du Hamas, que « l’axe de la résistance » agit de concert et il est prêt à une longue confrontation pour préserver ce qu’il appelle « les acquis du Déluge ».


“Plus la confrontation dure plus elle tourne à l’avantage des palestiniens » ah bon ?? Au train où l’on va ils vont bientot manquer de tout et chaque jour qui passe a etre bombardés leur capacités militaires se reduisent. La porte de secour du hamas est de dénoncer des crimes de guerre en esperant qu’il y ait une pression internationale et un arret des combats c’est leur ultime strategie. Si les combats durent ils vont bientot etre contraints a échanger les otages contre de la nourriture.
22 h 20, le 31 octobre 2023