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Politique - Décryptage

Pourquoi le Hezbollah ne se dit pas pressé d’entrer dans la guerre

Après la visite toute en symboles du président américain Joe Biden en Israël, les différentes parties concernées par les développements à Gaza se sont empressées d’en étudier l’impact sur l’évolution de la situation sur le terrain. Pour certains, le président américain a donné un feu vert aux Israéliens pour aller de l’avant à n’importe quel prix, et pour d’autres, il a plutôt cherché à contenir d’éventuels débordements qui pourraient entraîner un embrasement général dans la région.

Dans ce contexte confus où les morts continuent de tomber en grand nombre, il est certes difficile de prévoir avec exactitude ce qui pourrait se passer. Les yeux restent en tout cas principalement tournés vers le Liban où le scénario de l’ouverture en grand du front du Sud est de plus en plus évoqué, alors que la tension monte chaque jour d’un cran à la frontière. Des médias israéliens annoncent d’ailleurs le début très proche d’une invasion terrestre de Gaza dans le but d’éradiquer le Hamas et de sécuriser la région en éliminant toute possibilité d’attaques militaires palestiniennes comme celles du 7 octobre, jour du déclenchement de l’opération Déluge d’al-Aqsa. C’est dans ce contexte que le Hezbollah pourrait décider d’ouvrir en grand le front du Liban-Sud dans le but de faire baisser la pression sur le Hamas à Gaza. Dans cette analyse, le Hezbollah lancerait donc une attaque d’envergure contre les troupes israéliennes postées de l’autre côté de la frontière et provoquerait ainsi une vaste riposte de la part des Israéliens. Ce qui rééditerait en quelque sorte le scénario de juillet 2006. Il y aurait aussi une autre possibilité qui consisterait à ce que les soldats israéliens lancent eux-mêmes une attaque violente contre le Hezbollah, qui serait ainsi obligé de riposter, et le pays plongerait alors dans la guerre. Quelle que soit la partie qui commence, le scénario de la suite est le même : bombardements destructeurs et possibilité d’opérations sur le terrain pour alléger autant que possible le front de Gaza.

Est-ce à dire que le Liban est inévitablement destiné à servir de front potentiel pour sauver Gaza ? Si le Hezbollah garde le flou sur la question dans le cadre de la guerre psychologique qu’il mène aux Israéliens, des sources proches de la formation révèlent qu’il n’y a pour l’instant aucune raison pour que le Hezbollah entre directement dans la guerre. Il se contente pour l’instant de répondre, selon ses termes, aux provocations israéliennes le long de la frontière, mais, de son point de vue, ce sont les Israéliens qui sont en difficulté et ce n’est pas lui qui prendra la moindre initiative pour les aider à sortir du bourbier sanglant qu’est pour eux Gaza. C’est vrai qu’aux yeux du Hezbollah, toujours selon les mêmes sources, les Israéliens font preuve d’une barbarie sans précédent, mais cela n’est pas surprenant à ses yeux. Même la position occidentale qui, selon le Hezb, ne condamne pas comme elle le devrait les crimes israéliens n’est pas étonnante pour lui. Car, ajoutent les sources précitées, ce qui s’est passé à Gaza au cours des deux dernières semaines est terrible pour les Israéliens. Pour ces sources, dans le cadre de l’opération Déluge d’al-Aqsa, les Israéliens ont perdu les trois piliers de leur force militaire : l’expansion territoriale dans leurs conflits armés avec les Arabes, le concept de la guerre éclair et le fait de se battre sur le terrain de l’ennemi. Au 13e jour du début de l’opération et en dépit du déséquilibre dans le rapport de force, le Hamas se bat toujours non seulement à Gaza, mais dans ce qu’on appelle l’enveloppe de Gaza (Ghilaf Gaza) qui est officiellement un territoire israélien dans lequel une cinquantaine de colonies ont été installées. Les combattants du Hamas ont réussi à entrer dans 22 d’entre elles et les combats s’y poursuivent. C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles les Israéliens souhaitent repousser les habitants de Gaza vers le Sud, car autrement, les colons israéliens ne reviendront pas dans les colonies attaquées par les combattants du Hamas. De même, les incidents se multiplient en Cisjordanie et les Israéliens ignorent s’il y a sur place des combattants du Hamas qui pourraient décider, si la pression devenait trop forte à Gaza, d’y ouvrir de petits fronts.

En outre, si les destructions sont terribles à Gaza et si les civils en sont les premières victimes, cette violence n’a pas détruit les combattants du Hamas, qui ont installé de véritables fortifications souterraines. On parle ainsi de dizaines de kilomètres de tunnels dans l’enclave. Si, et c’est visiblement probable, les Israéliens se lancent bientôt dans l’offensive terrestre, les combattants du Hamas leur réserveront sans doute des surprises, estiment les sources du Hezbollah. De même, les dirigeants arabes, Égypte et Jordanie en tête, sans oublier la position du ministre saoudien des Affaires étrangères, dans le cadre de la réunion de l’OCI, mercredi à Djeddah, ont rejeté toute idée de transfert des Gazaouis vers le Sinaï ou vers tout autre territoire arabe. Ce qui signifie que même l’offensive terrestre ne pourra pas atteindre son objectif. D’ailleurs, le président américain lui-même a demandé aux Israéliens de faire la distinction entre le Hamas et les Palestiniens. Cette distinction montrerait, selon les sources précitées, qu’en dépit de leur appui inconditionnel aux Israéliens, les Américains ne veulent pas se mettre à dos tous leurs alliés arabes qui, contrairement à leur habitude, ont unifié leurs positions face à l’ampleur de la violence israélienne à Gaza.

Enfin, et ce n’est probablement pas une coïncidence, les factions irakiennes proches de « l’axe de la résistance » ont ces deux derniers jours bombardé les bases américaines dans leur pays, et, pour la première fois depuis des années, des drones ont atteint la base US à Tanaf, à la frontière syro-jordano-irakienne. Il s’agit de messages destinés à montrer que le fameux « axe » est opérationnel.

Ces messages suffiront-ils à dissuader les parties concernées d’élargir le front actuel ? Pour l’instant, les sources proches du Hezbollah se montrent confiantes... tout en précisant que la formation a décrété l’état d’alerte maximale.

Après la visite toute en symboles du président américain Joe Biden en Israël, les différentes parties concernées par les développements à Gaza se sont empressées d’en étudier l’impact sur l’évolution de la situation sur le terrain. Pour certains, le président américain a donné un feu vert aux Israéliens pour aller de l’avant à n’importe quel prix, et pour d’autres, il a plutôt cherché à contenir d’éventuels débordements qui pourraient entraîner un embrasement général dans la région. Dans ce contexte confus où les morts continuent de tomber en grand nombre, il est certes difficile de prévoir avec exactitude ce qui pourrait se passer. Les yeux restent en tout cas principalement tournés vers le Liban où le scénario de l’ouverture en grand du front du Sud est de plus en plus évoqué, alors que...
commentaires (3)

Le Hezbollah, comme Israël sont au pied du mur. Le premier ne peut plus entrer en guerre a présent pour avoir perdu l'effet de surprise. Il serait suicidaire d'y aller a présent. Si le Hamas ou Gaza sont détruis, le Hezbollah comptera ses jours. Dans le cas contraire, il aura assuré le prochain round qui a mon avis n'aura lieu qu'une fois l'Iran en possession de la dissuasion nucléaire. Pour Israël il est devenu impératif d’éliminer une poche ennemi dans ses arrières et s'imposer a nouveau comme une force militaire régionale, surprise soit, mais vainqueur une fois de plus. Le Hezbollah est en guerre même si cela est encore limité. Ce qui se joue en ce moment c'est si les gouvernements occidentaux sont prêt a aller jusqu'au bout avec Israël ou pas. L'avenir du monde se joue en ce moment et tous ont conscience que les démocraties sont en danger et que nous entrons dans une ère de tribulation dangereuse.

Pierre Christo Hadjigeorgiou

11 h 20, le 23 octobre 2023

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Commentaires (3)

  • Le Hezbollah, comme Israël sont au pied du mur. Le premier ne peut plus entrer en guerre a présent pour avoir perdu l'effet de surprise. Il serait suicidaire d'y aller a présent. Si le Hamas ou Gaza sont détruis, le Hezbollah comptera ses jours. Dans le cas contraire, il aura assuré le prochain round qui a mon avis n'aura lieu qu'une fois l'Iran en possession de la dissuasion nucléaire. Pour Israël il est devenu impératif d’éliminer une poche ennemi dans ses arrières et s'imposer a nouveau comme une force militaire régionale, surprise soit, mais vainqueur une fois de plus. Le Hezbollah est en guerre même si cela est encore limité. Ce qui se joue en ce moment c'est si les gouvernements occidentaux sont prêt a aller jusqu'au bout avec Israël ou pas. L'avenir du monde se joue en ce moment et tous ont conscience que les démocraties sont en danger et que nous entrons dans une ère de tribulation dangereuse.

    Pierre Christo Hadjigeorgiou

    11 h 20, le 23 octobre 2023

  • LE HEZBOLLAH VA DANSER LA DABQUE DE LA GUERRE SINON IL PASSERAIT EN SECOND CHEZ LES MOLLAHS PERSES PAR RAPPORT A HAMAS ET CONSORTS, MEME SI LES AUTRES SE CACHENT DANS LES COULOIRS DE TAUPES QU,ILS CREUSENT ET H,N, A DIX ETAGES SOUS TERRE. IL LAISSE LA CASSE SUIVRE SON COURS A GAZA, TOUT EN ECHANGEANT DE MINCES COUPS AVEC L,AUTRE COTE, DANS L,ESPOIR D,INTERFERANCES PACIFISTES DES GRANDES PUISSANCES POUR UN CESSEZ LE FEU ET DES NEGOCIATIONS ENTRE PALESTINIENS ET ISRAELIENS. PUIS ON CRIERA VICTOIRE DIVINE. MAIS ET LE GRAND MAIS EST QU,IL SOIT ENTRAINE DANS CE QUITTE OU DOUBLE ISRAELO/HAMASSI, IL DETRUIRA LE LIBAN PAR SON ACTION ET SIGNERA LA FIN CERTAINE DE SON HEZB AU LIBAN ET CELLE DES MOLLAHS PERSES SES MAITRES.

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    15 h 25, le 20 octobre 2023

  • Toujours le même blabla que le fils de mon voisin qui a 12 ans connaît déjà et en parle depuis plusieurs jours. L’article de Mme Haddad ne nous apprennent rien de nouveau, c’est juste un exercice de style qui mérite une note de 9,5 sur 20

    Lecteur excédé par la censure

    09 h 40, le 20 octobre 2023

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