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Dernières Infos - Somalie

Le gouvernement demande trois mois de "pause" dans le retrait de troupes de l'UA

Le drapeau de la Somalie. Photo d'illustration JOSE CENDON/AFP

Le gouvernement somalien a demandé à l'ONU un report de trois mois du retrait de troupes de l'Union africaine prévu d'ici fin septembre, après avoir subi "plusieurs revers importants" dans son offensive contre les islamistes radicaux shebab. "Le gouvernement fédéral de Somalie demande officiellement une pause technique de trois mois dans le retrait des 3.000 personnels en uniforme de la Mission de l'Union africaine de transition en Somalie (Atmis)", écrit le conseiller du président somalien à la sécurité nationale, Hussein Cheikh Ali, dans une lettre datée du 19 septembre et consultée par l'AFP. 

Une source diplomatique a confirmé l'authenticité de la lettre, adressée à l'ambassadeur albanais Ferit Hoxha qui dirige actuellement le Conseil de sécurité de l'ONU. Une autre source proche du dossier a également indiqué à l'AFP que le gouvernement somalien avait formulé cette demande. Mais une source au sein de l'UA a indiqué vendredi à l'AFP que "l'UA n’a pas été saisie de cette demande" somalienne, et que le retrait progressif des troupes continuerait donc "comme prévu".

L'AFP a contacté plusieurs responsables gouvernementaux somaliens, qui n'ont fait aucun commentaire sur le sujet. Cette deuxième phase de retrait, pour passer de 17.626 à 14.626 hommes, doit intervenir d'ici la fin septembre, selon le calendrier prévu dans une résolution de l'ONU d'avril 2022 donnant mandat à l'Atmis et prévoyant également son retrait total d'ici fin 2024.  Cette force --composée de troupes du Burundi, de Djibouti, d'Ethiopie, du Kenya et d'Ouganda-- a pris le relais de l'Amisom, créée en 2007 pour un mandat initial de six mois. Le gouvernement somalien, soutenu par la communauté internationale, combat depuis plus de 15 ans l'insurrection des islamistes radicaux shebab, groupe affilié à Al-Qaïda qui dit vouloir instaurer la loi islamique dans ce pays de la Corne de l'Afrique.

Forces "à rude épreuve"

Elu en mai 2022, le président Hassan Cheikh Mohamoud a promis une "guerre totale" contre les shebab. Des forces gouvernementales et des milices claniques locales mènent depuis plus d'un an une offensive militaire dans le centre du pays. En visite dans cette région, le chef de l'Etat avait déclaré le 18 août que les shebab seraient "éliminés de l'ensemble du pays" d'ici la fin de l'année.  Si les opérations militaires ont permis de "libérer des villes, des villages et des routes d'approvisionnement cruciales", les forces pro-gouvernementales ont subi fin août "plusieurs revers importants", souligne son conseiller à la sécurité nationale dans la lettre.

"Cette tournure imprévue des événements a mis nos forces militaires à rude épreuve (...) et nécessité une réorganisation approfondie pour garantir que nous maintenions notre élan dans la lutte contre la menace shebab", ajoute-t-il. "Nous restons fermement convaincus que cette pause technique contribuera, à long terme, à la paix, à la stabilité et à la prospérité durables en Somalie", note la lettre, ajoutant que le gouvernement restait déterminé atteindre l'objectif d'un retrait complet de l'Atmis, avec transfert des prérogatives de sécurité aux forces somaliennes, d'ici la fin 2024.

"La Somalie nous a d’abord dit qu’il fallait qu’on (l’UA) parte et maintenant demande qu’on reste plus longtemps. Les Somaliens se sont pris une grosse raclée dans les opérations militaires et se sont aperçus que ce n’était pas si facile", a commenté la source au sein de l'UA.

Attaques persistantes

Quelques jours avant la lettre du conseiller à la sécurité nationale, le commandement de l'Atmis avait annoncé lancer la deuxième phase du retrait de ses troupes. "Nous avons assisté à des développements sur le champ de bataille où les forces de sécurité somaliennes ont démontré leur capacité croissante à sécuriser le pays", avait déclaré le 17 septembre le lieutenant-colonel Philippe Butoyi, commandant d'une base de l'Atmis dans la région d'Hirshabelle (centre-Sud), en passant le relais aux forces somaliennes. 

"Nous avons vu les forces attaquer, conquérir du terrain et le tenir", a-t-il déclaré.  Chassés des principales villes de Somalie en 2011-2012, les shebab restent implantés dans de vastes zones rurales, notamment dans le centre et le Sud du pays, d'où ils mènent régulièrement des attentats contre des cibles sécuritaires, politiques et civiles. Fin mai, 54 soldats ougandais de l'Atmis ont été tués selon les autorités ougandaises dans une attaque contre une base de l'UA à Bulo Marer, à 120 km au sud-ouest de la capitale Mogadiscio.


Le gouvernement somalien a demandé à l'ONU un report de trois mois du retrait de troupes de l'Union africaine prévu d'ici fin septembre, après avoir subi "plusieurs revers importants" dans son offensive contre les islamistes radicaux shebab. "Le gouvernement fédéral de Somalie demande officiellement une pause technique de trois mois dans le retrait des 3.000 personnels...