Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme Volker Türk à Genève, le 11 septembre 2023. REUTERS/Denis Balibouse
Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme Volker Türk s'est dit jeudi alarmé par les « signes avant-coureurs d'une plus grande fragmentation du conflit » en Syrie, après la récente flambée des combats dans l'est du pays.
Ces combats ont éclaté dans la province de Deir ez-Zor, à la fin du mois dernier. Ils ont commencé après l'arrestation le 27 août par les Forces démocratiques syriennes (FDS, une coalition dominée par les Kurdes et soutenue par les Etats-Unis) d'Ahmad al-Khabil, chef du Conseil militaire de Deir ez-Zor, un groupe local arabe armé pourtant affilié aux FDS.
Des partisans du Conseil militaire de Deir ez-Zor, province à majorité arabe, ont répliqué en menant des attaques contre les FDS.
Depuis, le Haut-Commissariat a pu documenter « 23 civils tués », et, selon ces informations, « des dizaines de personnes ont été arrêtées par les FDS pour leur implication présumée dans les hostilités ».
« Les signes avant-coureurs d'une nouvelle fragmentation du conflit en Syrie sont alarmants », a averti M. Türk, dans un communiqué.
« Nous ne pouvons pas nous permettre de rester inactif et de regarder le pays s'enfoncer encore plus dans un conflit sans fin, qui a déjà marqué la vie de tant de civils », a-t-il poursuivi.
Le Haut-Commissaire s'est dit préoccupé par le fait que ces affrontements puissent être « exploités par d'autres parties pour tenter d'exercer leur influence ».
Les FDS ont été le fer de lance de l'offensive qui a défait le groupe Etat islamique (EI) en Syrie en 2019 et jouissent toujours de l'appui de Washington. Elles contrôlent une zone semi-autonome kurde dans le nord-est du pays, y compris des pans entiers de la province de Deir ez-Zor.
« Au cours des 12 dernières années, les civils ont souffert d'une myriade de violations et atteintes aux droits de l'homme, ainsi que d'autres problèmes liés au conflit, aux épidémies, à la pandémie et, plus récemment, à un tremblement de terre dévastateur », a relevé M. Türk, avant d'ajouter: « Aujourd'hui, sept Syriens sur dix ont besoin d'une aide humanitaire ».
Déclenchée en 2011 après la répression de manifestations antigouvernementales, la guerre en Syrie a fait près d'un demi-million de morts, déplacé des millions de personnes, ravagé les infrastructures et morcelé le pays.

