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Politique - Décryptage

Entre le CPL et le parti chiite, un dialogue mais pas encore d’accord

En dépit du tragique épisode de Kahalé, les contacts entre le CPL et le Hezbollah se sont poursuivis. Plus même, de l’avis des deux camps, ils sont appelés à s’intensifier, car tous deux sont de plus en plus convaincus que le dialogue interne reste la seule voie de salut.


Les deux parties se disent convaincues que la polémique causée par les événements de Kahalé avait, entre autres objectifs, celui de stopper le dialogue renaissant entre elles, et c’est une des raisons pour lesquelles elles y sont encore plus attachées. Selon des sources concordantes des deux côtés, le dialogue entre les deux formations a même enregistré des progrès, et il est désormais question de points concrets pour relancer la présidentielle.


Aussitôt, certains médias ont affirmé que le CPL et son chef Gebran Bassil ont décidé d’appuyer la candidature du chef des Marada Sleiman Frangié moyennant quelques acquis politiques « pour sauver la face ». Tels que l’appui du Hezbollah au projet de décentralisation poussée, ainsi qu’à « l’édification de l’État » et à la création d’un fonds fiduciaire. Ces médias ajoutent à ces informations une déclaration de l’ancien ministre Wi’am Wahhab dans laquelle il annonce l’élection, d’ici à la fin de l’année, d’un président issu des rangs de la « moumana’a ». La question reste la suivante : le dialogue « présidentiel » entre le CPL et le Hezbollah a-t-il réellement atteint ce stade ?


Des sources proches des deux parties sont loin de confirmer cette tendance. Selon elles, les discussions ont certes avancé et elles portent sur des points concrets, mais il n’y a pas encore d’entente, et d’ailleurs, celle-ci dépend de plusieurs facteurs qui ne sont pas nécessairement libanais. Selon ces mêmes sources, le chef du CPL avait depuis le début déclaré que pour son parti, le programme du président est plus important que la personne elle-même. Cela ne l’avait bien sûr pas empêché de critiquer ouvertement le chef des Marada et d’affirmer qu’il ne pourrait pas appuyer sa candidature. Mais selon les sources précitées, cela fait partie des négociations, et Bassil a toujours misé sur le dialogue, lequel a des règles. Il ne doit ni commencer trop tôt ni dévoiler toutes les cartes en même temps. Il a donc fait un pas envers le Hezbollah en ouvrant une brèche dans le mur des négociations. Mais, selon les sources proches du CPL, cela ne signifie nullement qu’il a accepté la candidature de Frangié et que la décision de lui donner les voix du bloc du Liban fort a été prise.


Dans la logique du CPL et de son chef, Sleiman Frangié n’est certainement pas le candidat idéal pour deux raisons principales : d’abord, il n’a pas le profil qui permet de croire qu’il peut initier des réformes, ensuite, il est pratiquement sous le contrôle des deux formations chiites, Amal et le Hezbollah. Mais en même temps, les développements montrent que Frangié a aussi des avantages dans des circonstances aussi complexes que d’autres n’ont pas. Pour le CPL, précisent les mêmes sources, il n’y a aucun candidat idéal. Il faut donc être réaliste et surtout tenir compte des développements. Par exemple, la dernière résolution adoptée par le Parlement européen au sujet de l’intégration des réfugiés syriens dans le tissu social libanais renforce les chances de Frangié, car ce dernier, s’il est élu, a la possibilité d’ouvrir ce dossier avec le président syrien. Par contre, toute secousse sécuritaire pourrait favoriser les chances du commandant en chef de l’armée. C’est pourquoi, selon les mêmes sources, plutôt que de se concentrer sur les noms, il vaut mieux s’entendre sur le projet.


Ce serait donc dans cette optique que Bassil aurait lancé ses trois propositions. De son côté, le Hezbollah affirme, selon ses sources, avoir accueilli très favorablement l’initiative de Bassil. Il serait même déterminé à aller jusqu’au bout dans le dialogue avec le CPL sans tenir compte de la radicalisation des positions après les incidents de Kahalé. Mais il considère qu’il ne peut pas décider seul des dossiers réclamés par le chef du CPL. Il peut les appuyer au Parlement et au gouvernement, mais il ne peut pas décider à la place des autres blocs parlementaires. C’est pourquoi, tout en promettant d’étudier soigneusement les détails des propositions de Bassil, le Hezbollah aurait conseillé à ce dernier de mener un dialogue sur ces mêmes sujets avec les autres parties politiques. Par contre, la présidence est pour lui un sujet plus limité, et on pourrait commencer par là. Le Hezbollah aurait donc, selon les sources précitées, proposé au CPL d’appuyer la candidature de Frangié, et avec les voix du bloc du Liban fort, celui-ci pourrait en avoir plus de 67. Ce qui lui permettrait d’être élu et d’entamer l’application du programme prévu.


Pour les proches du CPL, les choses ne sont pas aussi simples. D’abord, même si Frangié a plus de 67 voix (il lui en faut 65 pour être élu), le quorum de la séance (86 députés) ne peut pas être assuré sans une participation du bloc joumblattiste ou même d’un des blocs sunnites. Autrement dit, cela ne servirait à rien de lui assurer les voix pour l’élection sans avoir déjà obtenu les voix requises pour le quorum.


Ensuite, dans l’optique du CPL, si la situation régionale et internationale reste aussi confuse et si le candidat Frangié n’a pas l’aval des États du Golfe, Arabie en tête, le Liban serait en train de reproduire le scénario de l’élection de Michel Aoun qui s’est rapidement heurté aux conditions posées à partir de 2018 par Riyad et Washington. Or Frangié a déclaré qu’il ne compte pas être président sans avoir obtenu l’aval des Saoudiens. Comment, dans ce cas, peut-on l’élire alors que la position saoudienne, notamment dans le cadre de la dernière réunion du groupe des 5 à Doha (Qatar, Arabie, Égypte, France, États-Unis), est restée la même dans le refus d’entrer dans les noms ? Pour le CPL, tant qu’il n’y a pas d’entente régionale et internationale, aucun président ne pourra vraiment agir. C’est pourquoi il vaudrait mieux se concentrer sur les programmes... en attendant une détente entre les protagonistes régionaux et internationaux qui aura forcément un impact sur le Liban.

En dépit du tragique épisode de Kahalé, les contacts entre le CPL et le Hezbollah se sont poursuivis. Plus même, de l’avis des deux camps, ils sont appelés à s’intensifier, car tous deux sont de plus en plus convaincus que le dialogue interne reste la seule voie de salut. Les deux parties se disent convaincues que la polémique causée par les événements de Kahalé avait, entre autres objectifs, celui de stopper le dialogue renaissant entre elles, et c’est une des raisons pour lesquelles elles y sont encore plus attachées. Selon des sources concordantes des deux côtés, le dialogue entre les deux formations a même enregistré des progrès, et il est désormais question de points concrets pour relancer la présidentielle. Aussitôt, certains médias ont affirmé que le CPL et son chef Gebran Bassil ont décidé...
commentaires (5)

Le dialogue repris avec le parti de Dieu ne peut aboutir tant que ce dernier refuse de proposer un plan B et reste accroché à la candidature de Frangié . Bonne journée Scarlett Haddad

Hitti arlette

10 h 40, le 16 août 2023

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Commentaires (5)

  • Le dialogue repris avec le parti de Dieu ne peut aboutir tant que ce dernier refuse de proposer un plan B et reste accroché à la candidature de Frangié . Bonne journée Scarlett Haddad

    Hitti arlette

    10 h 40, le 16 août 2023

  • Moi je me demande si la relation CPL-Hezbollah ne tomberait pas sous le coup de l'article 534 du Code pénal libanais qui criminalise toute relation dite "contre nature"?...

    Gros Gnon

    15 h 18, le 15 août 2023

  • Maître Scarlett Haddad a deux clients à défendre : le Hezbollah et le CPL. A part ça, tous ses articles ne sont que du bla bla

    Lecteur excédé par la censure

    10 h 59, le 15 août 2023

  • Désinformation: "la dernière résolution adoptée par le Parlement européen au sujet de l’intégration des réfugiés syriens dans le tissu social libanais". Ce n'est pas du tout ce que dit la résolution du parlement européen qui disponible à toutes en ligne. C'est le rôle de l'éditeur en chef du journal de corriger les fake news.

    Aftimos Philippe

    09 h 52, le 15 août 2023

  • Frangié à la stature présidentiable mais est sous l’emprise du Hezbollah, de Berry et de la Syrie réunis, ce qui ne rentre pas dans le carder de l’intérêt du Liban. Il faudrait un président neutre et qui ne doit pas désarmer le Hezbollah, mais lui imposer de se retrancher au Sud Liban face à l’ennemi sioniste.

    Mohamed Melhem

    05 h 28, le 15 août 2023

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