Une tournée sur le Cana, le bateau scientifique du CNRS. Photo S.B.
Une tournée sur le bateau scientifique Cana du Conseil national de la recherche scientifique (CNRS) a été mardi 1er août l’occasion de parler d’un nouveau projet qui vise certaines catégories marginalisées dans un Liban en crise : SeaLaCom comporte plusieurs composantes, dont celle d’œuvrer à des alternatives durables pour les agriculteurs et les pêcheurs.
SeaLaCom (pour « Sea and Land for Environmental and Community Development ») a été lancé en mars dernier par le CNRS, et sa durée est d’un an. Financé par l’Agence italienne pour la coopération au développement (AICS), il est mis en place en coordination avec le Centre international pour les études agronomiques méditerranéennes avancées (Ciheam Bari).
« Ce projet vise à réduire l’impact de la crise sur des catégories vulnérables comme les pêcheurs et les agriculteurs », explique à L’Orient-Le Jour Tamara Elzein, secrétaire générale du CNRS. Elle ajoute : « Son importance réside dans le fait que ses résultats bénéficieront directement à ces catégories-là. » Les agriculteurs, notamment, profiteront d’alternatives plus durables et écologiques en matière d’irrigation, d’énergie et d’utilisation des pesticides et des engrais. « Les méthodes que nous enseignons aux fermiers seront mises en pratiques dans un terrain de la Békaa, afin de créer un modèle qui pourra être dupliqué », poursuit-elle.
L’une des principales composantes du projet est la durabilité du stock de poissons dans les eaux libanaises, en passant par des méthodes de pêche plus durables. « Le projet nous aidera à mieux appréhender les impacts du changement climatique sur la mer au Liban », explique Tamara Elzein. Durant la tournée sur le Cana, en présence des représentants de l’AICS, le directeur du centre d’études marines du CNRS, Milad Fakhry, a prélevé avec son équipe des échantillons d’eau de mer et de sédiments marins qui servent à mesurer le taux de CO2 dans l’eau et de métaux lourds dans les sédiments.
Autre intérêt pratique de ce projet : l’étude des biotoxines (poisons), provenant en l’occurrence d’algues toxiques dans les poissons. Maintes fois dans les rapports annuels du CNRS sur la pollution de la mer au Liban, il est précisé que les poissons sont propres à la consommation du point de vue de la contamination par les métaux lourds ou les matières organiques. « Ce sera la première fois qu’une étude portera sur les biotoxines », assure Tamara Elzein.
Enfin, les pêcheurs pourront profiter de ce projet qui leur apportera des expériences sur de nouvelles techniques de pêche, plus respectueuses de l’environnement marin. « Il s’agira de travailler avec un certain nombre de pêcheurs sur la nature des filets ou des cagettes utilisés, parce que dans la situation actuelle, les techniques employées sont chaotiques, dit-elle. Notre objectif est non seulement de protéger l’environnement marin, mais de permettre à ces pêcheurs de mieux cibler leurs prises, et donc d’augmenter leurs revenus. »
Alessandra Piermattei, directrice de l’AICS au Liban, estime que « le principal objectif de ce type de projet est de mettre la recherche au service de la vie quotidienne. Il s’agit d’améliorer les activités et les revenus de la population ». Pour elle, les différentes composantes du projet, notamment l’agriculture et la pêche durables ainsi que la prévention des risques – incendies et inondations –, sont des thèmes d’actualité qui peuvent contribuer à élaborer des stratégies et œuvrer avec les communautés pour un meilleur avenir.
Mme Piermattei insiste sur l’importance de garder vivante la recherche, malgré la crise qui affecte indubitablement les budgets qui lui sont réservés.
SeaLaCom (pour « Sea and Land for Environmental and Community Development ») a été lancé en mars dernier par le CNRS, et sa durée est d’un an. Financé par l’Agence italienne pour la coopération au développement (AICS), il est mis en place en coordination avec le Centre international pour les études agronomiques méditerranéennes avancées (Ciheam Bari).
« Ce projet vise à réduire l’impact de la crise sur des catégories vulnérables comme les...

