Quadriennale de Prague
Une étudiante libanaise récompensée
La participation du Liban à la 15e édition de la Quadriennale de Prague a reçu le premier prix pour l’exposition des étudiants. Grand-messe de la scénographie, du théâtre et des arts de la scène, la Quadriennale de Prague qui se déroule dans la capitale tchèque a décerné le prix dans la catégorie « meilleure exposition étudiante » au Liban. La conceptrice de l’exposition est Mara Ingea, étudiante libanaise en théâtre basée à Prague. L’exposition propose un assemblage de 5 modules réalisés en matériel surcyclé, que les visiteurs de l’exposition animent et activent par simple mécanisme, tout en parcourant des textes qui reviennent sur les histoires chaotiques des résidents de Beyrouth. L’exposition étudiante accompagne l’exposition des pays et des régions conçue par l’artiste Charbel Samuel Aoun. La participation du Liban à la Quadriennale de Prague est curatorée par Hadi Damien. Plus d’informations sur le site de la participation du Liban à la Quadriennale de Prague
www.pq-lb.org.
Littérature
Pascal Quignard, prix de la BnF
Le romancier Pascal Quignard a reçu le prix de la Bibliothèque nationale de France (BnF), qui récompense un auteur pour l’ensemble de son œuvre. Cet écrivain de 75 ans, Prix Goncourt 2002, est l’auteur d’environ 80 ouvrages très variés, érudits, parfois difficiles à classer : essais, romans, contes, traductions, etc. Le grand public le connaît surtout pour Tous les matins du monde, roman de 1991 adapté au cinéma, avec Gérard Depardieu et Jean-Pierre Marielle.
Par rapport aux activités d’une bibliothèque, « écrire est un tout autre monde, absolument solitaire », a déclaré le lauréat en recevant son prix lors du dîner annuel des mécènes de la BnF à Paris. « L’érudition est une ascèse, et la lecture n’est pas un loisir cultivé : c’est un exercice spirituel. J’y ai consacré tous les jours de ma vie sans jamais chômer un seul jour. C’est une joie qui ne m’a jamais fait défaut et c’est une joie qui se poursuit encore dans ce prix que la BnF a bien voulu me décerner », a-t-il ajouté.
La présidente de la BnF, Laurence Engel, a salué dans un communiqué « l’une des œuvres les plus exigeantes et les plus singulières de la littérature française contemporaine ».
Pascal Quignard a fait le choix de confier ses archives à cette institution. En retour, l’institution avait consacré à l’écrivain une exposition qui n’a pu rester ouverte qu’un mois, en octobre 2020, avant de fermer en raison de la pandémie de Covid-19.
Parmi les lauréats de ce prix doté de 10 000 euros, le précédent était le romancier Pierre Michon. Michel Houellebecq, Emmanuel Carrère, Virginie Despentes ou encore Milan Kundera l’ont également remporté.
Musée
Pleins feux sur le graffiti et ses influences au Palais de Tokyo à Paris
Le Palais de Tokyo, qui a ouvert ses portes au street art il y a une dizaine d’années, propose depuis jeudi à Paris une relecture inédite du graffiti, dans son interaction avec l’art contemporain.
Trognons de pommes géants et sculptures inspirées de gravats des terrains vagues voisinent avec des peintures grand format, des costumes étranges, des vidéos, des installations, des dessins et des panneaux d’écriture créés par une soixantaine d’artistes internationaux, des années 60 jusqu’à aujourd’hui.
Intitulée « La morsure des termites », en référence à un ouvrage de l’écrivain italien Italo Calvino sur les villes, l’exposition prend place dans un décor en bois reproduisant architecturalement le « S » cher aux graffeurs américains des origines. Elle retrace le parcours esthétique, culturel et politique des graffeurs, des historiques comme Zlotykamien en France ou Chaz Bojorquez, père fondateur de la culture des gangs latino-américains dans les années 60, au Parisien Antwan Horfee ou au jeune collectif de graffeuses féministes Douceur extrême, en passant par Rammellzee, icône du graffiti américain des années 80 et muse de Basquiat.
« Elle met en lumière des rencontres d’artistes dans une zone grise », où graffiti et art contemporain s’influencent mutuellement sans qu’on puisse poser de limites formelles entre les deux. « Leurs vocabulaires et leurs obsessions se rencontrent sur un sujet commun : leur rapport à la rue et à l’espace public », explique Hugo Vitrani, commissaire.
Une large part est faite aux femmes : la photographe Martha Cooper est par exemple exposée avec Valie Export, performeuse de la scène viennoise des années 70.
Le visiteur découvre aussi l’histoire de la première œuvre de la Française Sophie Calle, taguée à la veille d’être exposée aux États-Unis et conservée en l’état, ou Tania Mouraud, pionnière de l’art urbain en France.
Une série de revues, ouvrages et documents rares retracent aussi l’histoire de l’art urbain entre continents, pays et époques.


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