Victor Wembanyama sous le maillot des Metropolitans 92 de Boulogne-Levallois lors d’un match du championnat de France au Palais des sports Marcel-Cerdan de Levallois-Perret, dans la banlieue de Paris. Franck Fife/AFP
Il faut encore attendre cinq semaines supplémentaires et la tenue de la draft le 22 juin prochain pour que la chose soit officialisée. Mais il ne fait déjà plus aucun doute que les destins des San Antonio Spurs et du prodige français de 19 ans vont converger.
En découvrant le nom de la franchise qui avait hérité du premier choix lors de la loterie, Victor Wembanyama n’a pu cacher son émotion. Après s’être brièvement pris la tête entre les mains et avoir serré les poings, ce qui en disait déjà long sur sa satisfaction, l’actuel joueur des Metropolitans 92 de Boulogne-Levallois n’a pas tari d’éloges sur sa future franchise de San Antonio, qui dispose selon lui d’une « fan base solide et fidèle malgré les hauts et les bas » et d’une « histoire et une culture de la gagne comme nulle part ailleurs », dans une interview à Bein.
Sur les traces de Tony Parker
À plus de 6 600 km de là, à Chicago où a eu lieu la loterie, les dirigeants des Spurs partageaient sa joie. « Je pourrais m’évanouir. Je suis tellement excité, pour la ville de San Antonio, nos fans, tellement de gens qui aiment les Spurs. Nous sommes gonflés à bloc », s’est exclamé Peter J. Holt, président de la franchise.
Car Wembanyama, très mobile, technique et agile malgré sa grande taille (2,21 m, 2,43 m d’envergure), est perçu de façon unanime sur la planète basket comme un « talent générationnel ».
Indubitablement, voir Wembanyama revêtir la tunique des Spurs résulte d’une jolie coquetterie du destin, quand on sait les liens très forts qui unissent son glorieux aîné, Tony Parker, avec le club texan.
Sélectionné en 28e position en 2001, « TP », qui composa un redoutable « Big3 » avec Tim Duncan et Manu Ginobili, avait ensuite remporté quatre des cinq titres de champion que compte San Antonio.
Le tout sous la houlette de Gregg Popovich, coach le plus victorieux de l’histoire en NBA, encore à la tête des Spurs à 74 ans. Autant dire que l’entraîneur-vétéran, aussi paternel qu’il sait être intransigeant, permettra à « Wemby » de grandir très vite, comme il avait su s’y prendre pour chaperonner Duncan, devenu un des meilleurs intérieurs de tous les temps.
Attentes et pression
« D’après ce que j’ai entendu, Gregg Popovich est très exigeant, a assuré Wembanyama, j’ai la certitude qu’il est bon, et si j’ai la chance de me faire coacher par lui, ce sera beaucoup d’humilité... et d’excitation aussi. »
À San Antonio, Wembanyama sera le leader d’une équipe en reconstruction, mais la situation sportive actuelle ne l’inquiète absolument pas : « En NBA, on voit des équipes de bas de tableau accéder aux play-offs et même aux finales la saison suivante, à ce niveau-là, je n’ai aucun souci à me faire, l’important c’est la structure et la culture là-bas », a-t-il dit.
Contrairement à Parker, qui était arrivé en troisième vague après Duncan et Ginobili, il incarne à lui seul le futur de la franchise et même de la NBA, sa draft étant aussi attendue que celle de LeBron James en 2003, choisi par Cleveland. « LBJ » l’a d’ailleurs comparé à un « extraterrestre », rien de moins.
Or quand Parker, mû par la ténacité des gagnants, s’était élevé dans l’ombre, en rêvant à un destin glorieux presque improbable, rien d’autre que le succès n’est autorisé à Wembanyama. Pour lequel les attentes et la pression sont bien plus immenses.
Source : AFP

