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Moyen-Orient - Soudan

Violents combats à Khartoum : la guerre entre dans sa 3e semaine

Violents combats à Khartoum : la guerre entre dans sa 3e semaine

Un checkpoint de l’armée soudanaise dans une rue de Khartoum, le 30 avril 2023. Photo AFP

Les violents affrontements entre l’armée soudanaise et les paramilitaires ont repris dimanche à Khartoum, alors qu’une fragile trêve de trois jours, qui n’a jamais été vraiment respectée sur le terrain, était sur le point d’expirer.

Des millions de Soudanais sont pris au piège des bombardements et des tirs depuis le déclenchement le 15 avril d’une impitoyable guerre de pouvoir entre l’armée du général Abdel Fattah al-Burhane et son numéro deux, le général Mohammad Hamdane Daglo, qui commande les Forces de soutien rapide (FSR), des paramilitaires particulièrement redoutés.

Tout comme la première, cette trêve qui arrivait à expiration dimanche à minuit n’a pas fait taire les armes, en particulier au Darfour.

Dimanche, un premier avion chargé de huit tonnes d’aide et qui devrait permettre de soigner 1 500 personnes a atterri à Port-Soudan, ville côtière à 850 km à l’est de Khartoum, selon le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

La guerre qui est entrée dans sa troisième semaine a fait 528 morts et 4 599 blessés, selon des chiffres officiels largement sous-évalués, et les deux camps s’accusent mutuellement de violer la trêve.

Dimanche, des témoins ont fait état de combats près du quartier général de l’armée à Khartoum, de frappes aériennes à Omdourman, banlieue nord de la capitale survolée par des avions de chasse. « Il y a de très violents combats, des coups de feu résonnent dans ma rue (...) depuis l’aube », rapporte un témoin.

Intensifier les efforts

Alors que les combats font rage depuis plus de deux semaines, les habitants de la capitale, quand ils ne fuient pas, restent barricadés, essayant de survivre aux pénuries de nourriture, d’eau et d’électricité.

Les autorités de l’État de Khartoum ont annoncé octroyer « un congé jusqu’à nouvel ordre » aux fonctionnaires de la capitale, tandis que la police a confirmé son déploiement dans la ville pour prévenir les pillages, comme annoncé par l’armée.

La plupart des hôpitaux du pays sont hors service à cause des combats, et pour ceux qui fonctionnent encore, « la situation est intenable » car la fourniture de base manque, a affirmé Majzoub Saad Ibrahim, médecin à ad-Damir, capitale de l’État du Nil, au nord de Khartoum.

Selon l’ONU, 75 000 personnes sont déplacées à l’intérieur du pays et au moins 20 000 ont fui vers le Tchad, 4 000 vers le Soudan du Sud, 3 500 vers l’Éthiopie et 3 000 vers la Centrafrique. Au total, jusqu’à 270 000 personnes pourraient fuir les combats qui touchent 12 des 18 États de ce pays de 45 millions d’habitants, l’un des plus pauvres au monde.

Les gouvernements étrangers ont évacué leurs ressortissants et des citoyens d’autres nationalités, surtout depuis Port-Soudan vers Djeddah, en Arabie saoudite, sur l’autre rive de la mer Rouge.

Le chef de la diplomatie saoudienne, Fayçal ben Farhane, a reçu dimanche un émissaire du général Burhane, mais malgré les appels de la communauté internationale, aucune solution diplomatique n’est en vue entre les deux rivaux en treillis.

« L’ONU intensifie ses efforts pour aider les personnes en quête de sécurité dans les pays voisins », assure sur son compte Twitter son secrétaire général Antonio Guterres, qui dit soutenir toute médiation africaine.

Tribus armées

Selon l’ONU, une centaine de personnes ont été tuées depuis lundi à el-Geneina où, selon le ministère de la Santé, les « violences armées entre tribus » ont causé la destruction de l’hôpital principal de la ville, chef-lieu du Darfour-Ouest, une région encore marquée par la sanglante guerre civile des années 2000.

M. Guterres a mis en garde contre une situation « terrible » au Darfour avec « des tribus qui essaient désormais de s’armer ».

Alors que le drame humanitaire empire, Médecins sans frontières (MSF) a annoncé l’arrêt de « la

quasi-totalité de (ses) activités » à cause des violences.

À la tête des miliciens janjawids, le général Daglo, dit « Hemedti », avait mené la politique de la terre brûlée au Darfour, sur ordre de Omar

al-Bachir, l’ancien dictateur renversé en 2019 par la rue.

La guerre déclenchée en 2003 avait fait environ 300 000 morts et près de 2,5 millions de déplacés, selon l’ONU. Depuis, les janjawids ont évolué et ont officiellement donné naissance en 2013 aux FSR, supplétifs paramilitaires de l’armée.

Aujourd’hui rivaux, les généraux Burhane et Daglo avaient pourtant fait front commun lors du putsch de 2021 pour évincer les civils avec lesquels ils partageaient le pouvoir depuis la chute de Bachir. Mais des divergences sont ensuite apparues et, faute d’accord sur l’intégration des FSR dans l’armée, ont dégénéré en guerre ouverte.

Des experts du Carnegie Middle East Center ont prévenu que Hemedti pourrait « mobiliser les tribus arabes du Darfour et d’autres régions ». « Plus il pourra tenir longtemps ses positions à Khartoum, plus son poids à la table des négociations sera grand », ont-ils ajouté.

Source : AFP

Les violents affrontements entre l’armée soudanaise et les paramilitaires ont repris dimanche à Khartoum, alors qu’une fragile trêve de trois jours, qui n’a jamais été vraiment respectée sur le terrain, était sur le point d’expirer.Des millions de Soudanais sont pris au piège des bombardements et des tirs depuis le déclenchement le 15 avril d’une impitoyable guerre de pouvoir entre l’armée du général Abdel Fattah al-Burhane et son numéro deux, le général Mohammad Hamdane Daglo, qui commande les Forces de soutien rapide (FSR), des paramilitaires particulièrement redoutés.Tout comme la première, cette trêve qui arrivait à expiration dimanche à minuit n’a pas fait taire les armes, en particulier au Darfour.Dimanche, un premier avion chargé de huit tonnes d’aide et qui devrait permettre de soigner...
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