Le président américain Joe Biden et le président sud-coréen Yoon Suk-yeol se serrant la main après leur conférence de presse à la Maison-Blanche, à Washington, le mercredi 26 avril. Jim Watson/AFP
Le président américain Joe Biden et son homologue sud-coréen Yoon Suk-yeol ont mis en garde mercredi la Corée du Nord contre toute attaque nucléaire qui susciterait une riposte telle qu’elle mettrait « fin » au régime à Pyongyang. S’exprimant lors d’une conférence de presse à l’issue de leur entretien à la Maison-Blanche, les deux dirigeants ont mis en exergue le renforcement du bouclier nucléaire américain et leur « alliance indéfectible » « forgée en temps de guerre et qui a prospéré en temps de paix », selon M. Biden.
« Une attaque nucléaire de la Corée du Nord contre les États-Unis ou ses alliés ou partenaires est inacceptable et provoquera la fin du régime qui déciderait d’entreprendre une telle action », a averti le président américain. M. Yoon a pour sa part estimé que la paix avec son voisin du Nord reposait sur « une force supérieure écrasante » plutôt qu’« une bonne volonté de l’autre partie ». Pékin a aussitôt averti Séoul et Washington de ne pas « provoquer une confrontation » avec Pyongyang. La porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères Mao Ning a appelé hier à ne pas « attiser délibérément les tensions, provoquer la confrontation et brandir des menaces », estimant que Washington aggravait ainsi « les tensions dans la péninsule ».
« Déclaration de Washington »
Les États-Unis et la Corée du Sud ont convenu, dans une « Déclaration de Washington » adoptée mercredi, de renforcer considérablement leur coopération en matière de défense, y compris nucléaire, par le biais de « consultations » plus étroites. « Nos deux pays se sont mis d’accord pour lancer des consultations bilatérales immédiates en cas d’attaque nucléaire nord-coréenne et promis d’y répondre promptement et de façon décisive en employant toute la force de notre alliance, y compris les armes nucléaires des États-Unis », a dit M. Yoon.
Il s’agit ainsi pour les États-Unis de rassurer leur allié sud-coréen face à la Corée du Nord qui a procédé cette année à un niveau record de tirs de missiles balistiques. Le message s’adresse aussi à la Chine qui, déplore Washington, n’userait pas suffisamment de son influence pour obtenir un changement de cap à Pyongyang. Pékin, que Washington avait pris le soin de prévenir, a aussitôt condamné cette décision. « Ce que font les États-Unis (...) provoque une confrontation entre les camps et sape le régime de non-prolifération nucléaire et les intérêts stratégiques d’autres pays », a encore déclaré Mme Mao. Au-delà, Washington envoie également le signal de son engagement de plus en plus affirmé en Asie-Pacifique après avoir récemment renforcé des accords de défense avec l’Australie, le Japon et les Philippines, dont le président Ferdinand Marcos Jr. est attendu le 1er mai à la Maison-Blanche. M. Biden doit aussi se rendre au prochain sommet du G7 mi-mai au Japon puis à Sydney pour un sommet du Quad, qui regroupe les États-Unis, l’Australie, le Japon et l’Inde.
Sous-marin nucléaire
Parmi les mesures décidées dans le cadre de cette « Déclaration de Washington », figure l’escale d’un sous-marin nucléaire lanceur d’engins en Corée du Sud pour la première fois depuis quatre décennies. Le déploiement de ce sous-marin équipé de missiles balistiques à tête nucléaire doit cependant rester « occasionnel ». Par ailleurs, cette « Déclaration de Washington » met en place un mécanisme de consultation et d’échange d’informations avec Séoul sur la dissuasion nucléaire. « Les États-Unis n’ont pas pris de telles mesures, vraiment, depuis le temps de la guerre froide avec une poignée de nos plus proches alliés en Europe », a affirmé un responsable sous couvert d’anonymat. Pour autant, les États-Unis n’ont aucunement l’intention de stationner des armes nucléaires en Corée du Sud, et Séoul réaffirme son engagement à ne pas chercher à se doter de son propre arsenal. Les deux pays réaffirment encore leur objectif d’une dénucléarisation de la péninsule coréenne. Outre les sous-marins, il y aura « une cadence régulière de visites de bombardiers et de porte-avions ». Mais il n’y aura pas « de déploiement permanent de ces moyens ni d’armes nucléaires », a assuré le responsable.
Source : AFP

