Karim Benzema célébrant son triplé inscrit mercredi en demi-finale retour de la Coupe du Roi sur la pelouse du Camp Nou, à Barcelone. Pau Barrena/AFP
Quand il s’agit de faire taire ses détracteurs, il faut avouer que Karim Benzema est devenu un maître en la matière. Tandis que se murmurait à Madrid la nécessité d’enrôler un nouvel avant-centre l’été prochain pour le concurrencer, l’ancien Lyonnais vient de prouver qu’il était bel et bien sorti de l’hiver en enchaînant deux triplés retentissants.
Il y a quatre jours, contre Valladolid, il inscrivait même l’un des coups du chapeau les plus rapides de l’histoire de la Liga en faisant trembler les filets à trois reprises en l’espace de sept minutes. De quoi sécuriser la large victoire des Merengues (6-0), deuxièmes du classement, à 12 unités du leader barcelonais contre lequel il s’était incliné au Camp Nou, il y a moins de trois semaines (2-1), abandonnant ainsi le titre aux Catalans.
Deuxième Ballon d’or ?
Mais les hommes de Carlo Ancelotti ont souhaité remettre les pendules à l’heure mercredi, et de quelle manière ! Grâce à trois buts et une passe décisive du Français, le Real Madrid, battu 1-0 à l’aller, a complètement renversé la situation en infligeant une correction aux Barcelonais.
Sur le premier but, Benzema et Vinicius ont mené un contre éclair que le Brésilien a conclu de l’extérieur après un subtil une-deux avec le Français (0-1, 45+1).
Au retour des vestiaires, le « Nueve » bonifiait la belle percée et le beau décalage de Luka Modric d’une frappe croisée au ras du poteau de ter Stegen (0-2, 50e). Sur le troisième, il a profité de la maladresse de Franck Kessié, qui a écrasé le pied de « Vini » dans la surface, pour inscrire sur penalty son 15e but dans un Clasico (0-3, 58e)… puis le 16e.
À dix minutes du terme, il a encore profité d’un contre mené par Vinicius avant de conclure tranquillement du droit au-dessus du portier adverse (0-4, 80e). Un nouveau récital pour l’attaquant du Real, qui totalise désormais 25 buts et six passes décisives toutes compétitions confondues cette saison. De là à rêver d’un deuxième Ballon d’or ? « Et pourquoi pas ? » a glissé Carlo Ancelotti. « Il se trouve dans une condition physique optimale, et avec les qualités qu’il a, il crée des différences. Il reste l’un des meilleurs joueurs du monde. Et pas seulement des attaquants », a-t-il souligné.
Le Barça plie encore
À l’inverse, la désillusion est immense pour l’entraîneur du Barça, Xavi, qui rêvait de priver le Real d’un deuxième trophée cette saison après lui avoir déjà subtilisé la Supercoupe d’Espagne en janvier en Arabie saoudite. « Le Real, si tu ne le tues pas, c’est lui qui te tue. En seconde, sincèrement, ils ont été meilleurs en tout point. On n’a pas baissé les bras, mais on s’est désorganisé. Le deuxième but nous a déconnectés du match », a-t-il dit après l’épreuve. « Mais si on gagne la Supercoupe d’Espagne et la Liga, ça restera une très bonne saison », a tenté de positiver Xavi.
Après trois clasicos remportés de rang, le Barça a plié chez lui, devant les 94 902 spectateurs du Camp Nou. Un cauchemar pour la défense blaugrana, qui n’a encaissé que neuf buts depuis le début de la saison en Liga, et qui en a pris quatre mercredi. Après ces buts, les Catalans ont bien tenté de réagir, par des frappes d’Alex Baldé ou une percée improbable de Ronald Araujo notamment... mais rien n’y a fait.
Le public aussi s’est quelque peu éteint, après avoir chauffé le début du match en clamant notamment « Messi, Messi ! » en signe de ralliement pour leur ancienne légende, en fin de contrat au Paris Saint-Germain.
Rendez-vous à Séville
Pour Ancelotti, la soirée est plus que réussie : le technicien italien avait parié sur une composition très offensive, avec Rodrygo sur l’aile droite et Fede Valverde derrière lui, mais l’intensité déployée par ses joueurs lui a donné raison. « Je suis fier que la machine soit revenue à température. C’est le moment le plus important de la saison, et quand on est à la bonne température, on est bien », a-t-il savouré après le match. Lui qui avait promis, après la défaite en demi-finale aller au Bernabéu, que le Real allait gagner au moins un trophée cette saison, a désormais une autoroute : si le championnat semble perdu, la « Maison blanche » donne rendez-vous à Osasuna, tombeur de l’Athletic Bilbao (1-0, 1-1 a.p.), le 6 mai à Séville, pour une finale de Coupe qu’elle n’a plus gagnée depuis 2014.
Ce sera un mois avant une autre finale potentielle, celle de la Ligue des champions, le 10 juin, à Istanbul.
G.B. avec AFP

