La rencontre à l’ordre des rédacteurs consacrée au débat autour du livre d’Amine Haddad. Photo DR
Le livre publié en 2022 aux éditions L’Harmattan d’Amine Haddad, Cent ans de déclin, a pour sous-titre « L’interminable agonie du Grand Liban » et pour photo de couverture une image de l’explosion du 4 août 2020 au port de Beyrouth. C’est dire s’il apporte une critique profonde et un regard sans pitié sur le système libanais actuellement en pleine faillite, dans un objectif d’analyser les problèmes pour envisager des solutions. Un débat autour de l’ouvrage a été organisé le 23 mars au siège de l’ordre des journalistes, animé par le membre du conseil de l’ordre Salah Takieddine, avec des interventions du président de l’ordre Joseph Kosseifi, du journaliste Paul Khalifé et de l’auteur lui-même.
Joseph Kosseifi a mis en avant la polyvalence d’Amine Haddad, médecin et penseur qui a concentré ses réflexions, ses souffrances et sa culture dans cet ouvrage, mettant le doigt sur la plaie en posant les questions qui fâchent. Il a mis l’accent sur plusieurs des remarques de l’auteur concernant les communautés de la mosaïque libanaise, comme leurs références systématiques à l’étranger ou encore l’absence de remise en question individuelle ou collective.
Pour sa part, Paul Khalifé, qui a écrit la préface de l’ouvrage, a dit ne pas avoir hésité à le faire parce qu’un médecin au diagnostic aussi imparable ne peut que diagnostiquer avec succès et clarté le mal qui ronge le Liban. Pour lui, l’auteur dans son approche s’est montré « libéré des préjugés » qui continuent de hanter tant d’autres.
Quelle approche privilégier pour comprendre ce qui va mal au Liban ?
À cette question de Paul Khalifé, Amine Haddad a affirmé avoir posé, dans son livre, des questions qui le taraudent depuis longtemps. Il en a surtout tiré la conclusion que les Libanais ne sont pas habitués à l’autocritique et à la réflexion indépendante, ni à la critique de leurs dirigeants, ce qui complique le débat. En substance, il a estimé qu’il n’y a pas de solution sans que des critères précis ne soient adoptés dans la résolution des différends et que les Libanais ne se mettent d’accord sur une histoire commune et un projet commun.

