Un soldat ukrainien préparant des munitions en vue de tirer sur des positions russes, sur la ligne de front près de Bakhmout, le 11 mars 2023. Sergey Shestak/AFP
L’armée ukrainienne continuait dimanche de défendre Bakhmout, avec l’objectif de « gagner du temps » dans cette ville de l’est de l’Ukraine dont Moscou tente de s’emparer depuis l’été au prix de lourdes pertes.
« Les vrais héros sont les défenseurs qui tiennent le front de l’Est sur leurs épaules », a salué le commandant des forces terrestres ukrainiennes Oleksandre Syrsky. « Il faut gagner du temps pour accumuler des réserves et lancer une contre-offensive, qui n’est pas loin », a-t-il encore dit, cité samedi par le service de presse de l’armée, sans donner plus de précisions sur cet assaut potentiel.
L’armée ukrainienne a affirmé dimanche que 15 localités dans la zone de Bakhmout avaient essuyé des tirs russes la veille, signe de l’intensité des combats actuellement dans la zone.
Plus efficaces
« Au début de la guerre, nous n’avions pas de drones. Les missions étaient plus compliquées et moins efficaces. Mais en été, nous avons commencé à recevoir des drones et d’autres équipements. Aujourd’hui, nous sommes plus efficaces », explique Petro, le pilote d’un des trois hélicoptères d’attaque MI-8 qui venaient d’effectuer un raid contre une cible près de Bakhmout.
Malgré ces équipements, le ministère britannique de la Défense a rapporté samedi qu’« au cours des quatre derniers jours », le groupe paramilitaire russe Wagner avait « pris le contrôle de la plus grande partie de l’est » de Bakhmout. « Les forces ukrainiennes contrôlent l’ouest de la ville et ont démoli des ponts-clés au-dessus de la rivière » qui la traverse, a souligné ce ministère.
Evguéni Prigojine, le patron du groupe Wagner, a revendiqué de son côté une nouvelle progression de ses hommes qui se battent en première ligne à Bakhmout. « C’est le bâtiment de l’administration municipale, le centre administratif de la ville », a-t-il déclaré samedi, pointant du doigt, du toit d’un bâtiment, un autre édifice en guise d’illustration de cette avancée. « C’est à 1,2 kilomètre (...) C’est la zone, il y a des combats en cours », a-t-il ajouté dans une vidéo diffusée par le service de presse de son entreprise Concord, des propos invérifiables de source indépendante dans l’immédiat.
Les Russes essaient depuis plusieurs semaines d’encercler cette ville de quelque 70 000 habitants avant le conflit et ont réussi à couper plusieurs routes importantes pour le ravitaillement des soldats ukrainiens.
La vice-Première ministre ukrainienne Olga Stefanichyna a concédé qu’il « devient compliqué pour nous de résister et de dissuader » les forces à Bakhmout. « Nous estimons que l’armée russe a déjà perdu 150 000 hommes depuis l’an dernier dans ses offensives militaires sur notre sol. La masse humaine de son infanterie est une arme redoutable, elle semble inépuisable en volume et dans le temps », a-t-elle déclaré.
Frappes sur Kherson
Si les observateurs doutent de l’importance stratégique de Bakhmout en elle-même, cette bataille – la plus longue depuis le début de l’offensive russe il y a plus d’un an – a acquis une valeur symbolique, tant pour Kiev que pour Moscou, qui voudrait obtenir là une victoire après plusieurs revers humiliants.
« Le plus important est d’obtenir la bonne quantité de munitions et d’avancer », a martelé dans sa vidéo Evguéni Prigojine, en conflit ouvert avec la hiérarchie militaire russe, notamment pour obtenir plus de munitions. Il s’en est une fois de plus pris publiquement au ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou, et au chef d’état-major, Valéri Guerassimov, les qualifiant, de manière ironique, de « chefs militaires exceptionnels ». « Je soutiens absolument, totalement, tous leurs efforts », s’est encore moqué celui qui ne cesse de critiquer la stratégie de la hiérarchie sur le terrain.
L’armée russe poursuit parallèlement ses attaques dans d’autres régions. Les autorités régionales ukrainiennes ont ainsi annoncé dimanche que les frappes russes sur Kherson, une cité méridionale libérée par l’armée de Kiev en novembre après plusieurs mois d’occupation, avaient fait au total la veille trois morts et trois blessés civils.
La Moldavie
Entre-temps, la police moldave a annoncé dimanche avoir arrêté les membres d’un réseau « orchestré par Moscou » dans le but de déstabiliser ce petit pays de l’ex-Union soviétique. À l’issue de perquisitions samedi soir, 25 hommes ont été interrogés par les enquêteurs et sept d’entre eux ont été placés en détention, a déclaré lors d’une conférence de presse le chef de la police Viorel Cernautean. « Des personnes sont venues de Russie avec un rôle bien précis de formation », a ajouté le responsable. Les autorités moldaves ont expliqué avoir agi après avoir « reçu des informations sur l’organisation par les services spéciaux russes d’actions de déstabilisation sur notre territoire via des manifestations ». Le parti de l’oligarque prorusse en fuite Ilhan Shor a de nouveau mobilisé ses troupes ces dernières semaines contre le gouvernement proeuropéen, sur fond de tensions accrues entre Moscou et Chisinau.
Source : AFP


Washington condamne « l'attaque scandaleuse » imputée à l'Iran ayant visé l'aéroport à Koweït