La conférence a réuni des spécialistes du monde des sciences sociales et de la recherche universitaire. Photo ANI
L’Institut des sciences sociales (branche 3) de l’Université libanaise (UL) a organisé une conférence sur « la production de la recherche au Liban : l’Institut des sciences sociales comme modèle ».
Le directeur de l’Institut des sciences sociales, le professeur Claude Attié, a mis en exergue les difficultés auxquelles l’institut doit faire face après qu’on lui a confié des tâches de gestion avec l’épidémie de Covid-19 et le mouvement du 17 octobre, et à cause des défis imposés par la crise économique. Les répercussions de cette dernière sur l’université nationale ont fait que son budget s’est drastiquement réduit de 250 millions à 13 millions de dollars : « Aujourd’hui, nous nous interrogeons avec méfiance sur le rôle de la science : est-ce que nous, en tant que professeurs et chercheurs, pouvons changer quelque chose à la réalité ? Pouvons-nous changer la façon dont les professeurs de recherche travaillent à la lumière des crises actuelles ? Et que devons-nous changer? » Et Attié de poursuivre : « La recherche scientifique a besoin d’argent, et le financement est un obstacle majeur qui affecte la quantité et la qualité de la recherche. Il faut nécessairement rester prudent pour que l’argent ne soit pas au service du bailleur de fonds et que ceci n’affecte pas la qualité du contenu scientifique publié. »
Pour le président de l’UL Bassem Badran, la recherche scientifique est « le pilier intellectuel sur lequel reposent les sociétés développées (…) L’adoption de la tendance à l’internationalisation de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique menée par l’Unesco nous incite à réfléchir à la restructuration des centres universitaires pour donner une dimension internationale à leurs activités académiques et de recherche ». Il a aussi avancé l’idée de créer un fonds national de soutien à la recherche scientifique pour tenter de surmonter les difficultés financières que traverse l’Université libanaise.
Pour sa part, la doyenne de l’Institut des sciences sociales Marlène Haïdar a souligné dans son allocution que « l’éducation n’est pas possible sans la production de la recherche. L’Institut des sciences sociales de l’UL s’intéresse à faire la lumière sur les dilemmes fondamentaux de la société libanaise, et cherche à surveiller leurs effets et leurs causes afin d’y répondre et d’alerter les parties concernées (…) Pour atteindre un plus grand nombre de chercheurs, nous sommes motivés à aller de l’avant pour que le Journal des sciences sociales du centre de recherches de l’Institut soit un périodique spécialisé et à comité de lecture, malgré toutes les circonstances difficiles que traversent le Liban en général et notre université nationale en particulier ».
La conférence, divisée en trois sessions animées par des spécialistes, s’est intéressée à la recherche sociale en temps de crise, ainsi qu’au corps professoral et à la réalité universitaire face à la crise.
Les recommandations issues de ces rencontres-débats seront suivies par les professeurs Wadiha Amiouni et Chaouki Attié.


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