Rechercher
Rechercher

Monde - Ukraine

Biden qualifie de « grave erreur » la suspension de New Start, Poutine renforce les liens avec Pékin

Après un passage à Kiev, le président américain était hier en Pologne, où il a participé à une réunion avec des pays membres de l’OTAN.

Biden qualifie de « grave erreur » la suspension de New Start, Poutine renforce les liens avec Pékin

Le président américain Joe Biden et son homologue polonais Andrzej Duda lors du sommet extraordinaire de l’OTAN avec le groupe B9 à Varsovie, le 22 février. Mandel Ngan/AFP

Joe Biden a fustigé hier la décision russe annoncée la veille de suspendre sa participation au traité bilatéral sur le désarmement nucléaire New Start. Interrogé à Varsovie par un journaliste sur cette déclaration de Vladimir Poutine, le président américain a de son côté brièvement répondu : « Grave erreur. » Il s’exprimait avant de rencontrer les dirigeants de pays de l’OTAN d’Europe centrale et de l’Est (le B9, composé de la Bulgarie, la République tchèque, l’Estonie, la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne, la Roumanie et la Slovaquie), en présence du secrétaire général de l’Alliance atlantique Jens Stoltenberg. Ce dernier a estimé à cette occasion qu’il fallait « maintenir et intensifier » le soutien à l’Ukraine et lui fournir « ce dont elle a besoin pour l’emporter ». En guise d’introduction à la réunion avec le B9, M. Biden a souligné que les États de ce groupe restaient la « ligne de front de notre défense collective ».

De son côté, Vladimir Poutine proclamait que les Russes combattaient en Ukraine pour leurs « terres historiques ». Le président russe a dans le même temps tenté de renforcer les liens avec la Chine, dont le chef de la diplomatie Wang Yi effectuait une visite à Moscou. À cette occasion, le chef du Kremlin a annoncé une prochaine visite de son homologue chinois Xi Jinping en Russie. Et ce après que les États-Unis et l’OTAN eurent exprimé leur inquiétude quant au fait que les Chinois se préparaient, ce qu’ils ont démenti, à fournir à la Russie des armes pour poursuivre son offensive en Ukraine.

Des « terres historiques »

Vladimir Poutine a également fait hier une apparition de quelques minutes au stade Loujniki à Moscou où se déroulait un grand concert patriotique. « Aujourd’hui, la hiérarchie (militaire) m’a dit que des combats étaient en cours au sein de nos terres historiques pour notre peuple », a-t-il lancé, sur scène, devant des dizaines de milliers de ses compatriotes, certains agitant un drapeau russe. Il a en outre rendu hommage aux militaires russes déployés en Ukraine qui « se battent avec héroïsme, courage et valeur : nous sommes fiers d’eux ». Et affirmé que tous ceux qui soutenaient l’armée russe étaient « eux aussi des défenseurs de la patrie, d’une certaine façon ». Il s’agit « des travailleurs médicaux, des employés du secteur de la défense, des transports (...) Vous tous, qui êtes venus aujourd’hui soutenir nos combattants ».

Mardi, il avait prononcé un virulent discours à la nation, jurant de poursuivre « méthodiquement » l’assaut déclenché il y a presque un an dans ce pays et accusant les Occidentaux de vouloir « en finir avec nous une bonne fois pour toutes ». Si quatre-vingt-quinze pour cent des Ukrainiens croient en la victoire de leur pays, selon un sondage réalisé début février par l’institut ukrainien Rating Group, montrant que leur détermination ne diminue pas après un an de guerre, Joe Biden avait répondu à son homologue russe que l’Occident ne « complotait pas pour attaquer la Russie ».

La Chine, partenaire stratégique

À Moscou, le chef de la diplomatie chinoise Wang Yi a été reçu hier au Kremlin, après s’être entretenu avec le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov. Vladimir Poutine a jugé que les relations russo-chinoises « stabilisaient la situation internationale », en plein suspense autour d’un plan de paix chinois pour l’Ukraine. La Chine, qui a promis de rendre publique sa proposition de « solution politique » cette semaine, à temps pour le premier anniversaire du déclenchement de l’offensive russe en Ukraine le 24 février 2022, a exposé à Moscou sa vision pour un « règlement politique » du conflit. Wang Yi a par ailleurs exprimé la volonté de Pékin de « renforcer le partenariat stratégique (...) et la coopération tous azimuts » avec la Russie.

Face aux craintes soulevées après le discours de Vladimir Poutine mardi, se disant prêt à renouer avec les essais nucléaires en plus de suspendre le traité New Start, son ministère des Affaires étrangères a tenté de calmer le jeu. Selon lui, « la Russie entend conserver une approche responsable et continuera, pendant la durée de vie du traité, à respecter strictement les limites quantitatives des armes stratégiques offensives ». Signé en 2010, ce traité est le dernier accord bilatéral du genre liant Russes et Américains et vise à limiter leurs arsenaux nucléaires. La Russie avait déjà déclaré début août suspendre les inspections prévues sur ses sites militaires.

Sur un autre plan, le patron du groupe paramilitaire russe Wagner a exhorté hier les Russes à faire pression sur l’armée pour fournir des munitions à ses hommes, un appel inédit qui illustre l’ampleur des tensions entre les mercenaires et l’état-major russe. L’homme d’affaires Evguéni Prigojine avait accusé mardi l’état-major de son pays de « trahison » pour refuser selon lui de fournir du matériel à ses mercenaires, en première ligne dans l’est de l’Ukraine. Entre les deux forces en concurrence sur le terrain en Ukraine, les tensions sont devenues de plus en plus visibles ces dernières semaines. Si M. Prigojine a plusieurs fois critiqué le haut commandement russe dans le passé, cette attaque ad hominem contre le chef d’état-major Valéri Guerassimov et le ministre de la Défense Sergueï Choïgou, deux des principales figures du pouvoir du président Vladimir Poutine, est clairement une escalade.

Source : agences

Joe Biden a fustigé hier la décision russe annoncée la veille de suspendre sa participation au traité bilatéral sur le désarmement nucléaire New Start. Interrogé à Varsovie par un journaliste sur cette déclaration de Vladimir Poutine, le président américain a de son côté brièvement répondu : « Grave erreur. » Il s’exprimait avant de rencontrer les dirigeants de pays de l’OTAN d’Europe centrale et de l’Est (le B9, composé de la Bulgarie, la République tchèque, l’Estonie, la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne, la Roumanie et la Slovaquie), en présence du secrétaire général de l’Alliance atlantique Jens Stoltenberg. Ce dernier a estimé à cette occasion qu’il fallait « maintenir et intensifier » le soutien à l’Ukraine et lui fournir « ce dont elle a...
commentaires (1)

Dire venir en aide par « ESPRIT PHILANTHROPIQUE pour LA GUERRE » – 2 contradictions – est vraiment ILLOGIQUE !! Malheureusement, c'est la logique AMÉRICAINE devenue aussi EUROPÉENNE ( voilà une autre contradiction .) Dommage.

aliosha

11 h 03, le 23 février 2023

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (1)

  • Dire venir en aide par « ESPRIT PHILANTHROPIQUE pour LA GUERRE » – 2 contradictions – est vraiment ILLOGIQUE !! Malheureusement, c'est la logique AMÉRICAINE devenue aussi EUROPÉENNE ( voilà une autre contradiction .) Dommage.

    aliosha

    11 h 03, le 23 février 2023

Retour en haut