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Sport - Rugby

Le XV de France stoppé net en Irlande

Dominés par le rouleau compresseur irlandais, les Bleus ont chuté pour la première fois après quatorze victoires, samedi à Dublin (32-19), lors de la 2e journée du Tournoi des six nations, laissant échapper ses rêves d’un second Grand Chelem de rang.

Le XV de France stoppé net en Irlande

Antoine Dupont (à gauche) sur le point d’être plaqué par Tadhg Beirne (au centre) lors de la défaite du XV de France face à l’Irlande (32-19), samedi sur le terrain de l’Aviva Stadium de Dublin, dans le Tournoi des six nations. Paul Ellis/AFP

Jusqu’à samedi, il fallait remonter assez loin dans les archives pour retrouver la trace d’une défaite du XV de France. Plus précisément au 17 juillet 2021, date du dernier revers des Bleus, concédé il y a près d’un an et demi en Australie (33-30).

Mais cette belle série d’invincibilité a brusquement pris fin samedi sur la pelouse de l’Aviva Stadium de Dublin. Au terme d’une rencontre haletante et d’une intensité folle entre les deux meilleures nations actuelles du rugby mondial (l’Irlande et la France figurent aux deux premiers rangs du classement international), les hommes de Fabien Galthié doivent admettre qu’ils se sont inclinés face à plus forts qu’eux.

Il s’agit de leur plus lourde défaite depuis que l’ancien demi de mêlée a pris les rênes de l’équipe nationale. C’est aussi leur première défaite dans le Tournoi des six nations depuis un déplacement en Angleterre (23-20) le 13 mars 2021.

« Ce n’est pas un coup d’arrêt. Surtout pas. Notre série de quatorze victoires existe. Il faut apprendre de la défaite, elle n’est pas appréciée dans le groupe, mais elle est là. Ce n’est pas une amie, il va falloir vivre avec elle et apprendre d’elle », a confié le sélectionneur.

Jusque-là, des All Blacks aux champions du monde sud-africains en passant par l’Angleterre ou l’Écosse, toutes les plus grandes nations mondiales s’étaient cassé les dents sur les coéquipiers d’Antoine Dupont.

Il a fallu un gros match, intense et irrespirable, rythmé par les assauts quasi incessants des numéros un mondiaux pour freiner le train français 574 jours plus tard.

« On tombe contre une très grosse équipe. On n’a pas à rougir de cette défaite, jusqu’à la 65e, on est encore dans le coup. Ils nous ont proposé beaucoup de combat, mais on a su répondre à leur agressivité. À la fin, ils ont pris le dessus, mais ça ne remet pas en cause, ni en question, tout ce qu’on a fait jusqu’à maintenant. On est encore en course pour le Tournoi, on va jouer à fond jusqu’au bout », a ajouté le troisième ligne Anthony Jelonch.

Sexton tout proche du record

Le XV du Trèfle a inscrit quatre essais, par Hugo Keenan (9e), James Lowe (21e), Finlay Bealham (27e) et Garry Ringrose (73e) pour faire oublier une série de trois revers consécutifs face aux Bleus (35-27 en 2020, 15-13 en 2021 et 30-24 en 2022).

Les Français, eux, sont restés à portée de fusil grâce à la réussite au pied de Thomas Ramos (14 points à 4 sur 5) et un nouvel essai d’anthologie inscrit par l’intenable ailier toulousain Damian Penaud (18e), son dix-septième de l’ère Galthié.

Les hommes d’Andy Farrell prolongent ainsi leur série d’invincibilité à sept rencontres : la Nouvelle-Zélande (23-12 et 32-22), l’Afrique du Sud (19-16), les Fidji (35-17), l’Australie (13-10) et le pays de Galles (34-10) ont donc rendu les armes devant l’ogre irlandais avant les Tricolores.

Car les coéquipiers de Johnny Sexton, désormais le deuxième meilleur marqueur de l’histoire de la compétition avec 550 points, juste derrière son compatriote Ronan O’Gara (557), se sont appuyés sur leurs armes et ont concassé les Bleus. Le rouleau compresseur froid et réaliste mis en place par Farrell a profité des moindres erreurs de ses adversaires, à commencer par le carton jaune d’Uini Atonio (26e).

Côté bleu, les incompréhensions offensives ont été trop nombreuses, entre Thomas Ramos et Antoine Dupont (6e), entre Antoine Dupont et Grégory Alldritt (29e) ou entre Romain Ntamack et Gaël Fickou (37e)... pour véritablement renverser la vapeur.

Un Dupont XXL

Les sauvetages in extremis de Ramos, Baille, Dupont ou Ollivon n’ont fait que ralentir l’inévitable : cette Irlande-là était trop forte.

Les Français ont certes montré un autre visage que lors de la victoire poussive en Italie (29-24), mais ils ont surtout raté l’occasion de frapper un grand coup à six mois du Mondial (8 septembre-28 octobre) face à un potentiel adversaire en quarts de finale.

Après les dix-huit pénalités concédées à Rome, les Bleus ont corrigé le tir, n’étant sifflés qu’à sept reprises, dont deux seulement en première période. C’est mieux mais cela reste insuffisant pour gravir la montagne irlandaise.

Le XV de France n’a pas complètement hypothéqué ses chances d’un nouveau sacre dans le Tournoi mais, pour ça, les coéquipiers de Gaël Fickou devront compter sur un coup de main des Italiens (25 février à Rome), des Écossais (12 mars à Edimbourg) et des Anglais (18 mars à Dublin), futurs adversaires de l’Irlande.

Les Bleus recevront l’Écosse avant de se rendre en Angleterre, puis d’espérer pouvoir défendre leur titre, à domicile, contre le pays de Galles.

L’Écosse enfonce le pays de Galles

Avant d’aller défier la France dans deux semaines, le XV du chardon a confirmé son bon début dans le Tournoi avec la plus large victoire de son histoire (35-7) contre le pays de Galles, samedi, pour la deuxième journée.

Avec le point de bonus offensif, les Écossais rejoignent ainsi l’Irlande en tête du classement, avec 10 points.

Pour les Gallois, en revanche, le retour en fanfare de Warren Gatland sur le banc connaît sa seconde fausse note après la défaite (34-10) à domicile contre les mêmes Irlandais il y a une semaine.

Après une première période en demi-teinte, les Écossais ont accéléré sous la houlette d’un Finn Russell auteur de dix points et de deux passes décisives spectaculaires pour des essais de l’ailier Kyle Steyn.

À la pause pourtant, malgré le score de 13-7 en faveur des locaux, les Gallois étaient bien dans le match. Russell avait capitalisé sur deux pénalités (6-0, 14e) et, sur un groupé pénétrant, le talonneur George Turner s’était échappé pour aller aplatir (13-0, 31e).

Malheureusement pour les Écossais, Turner a pris un carton jaune dans la foulée de son essai (33e) et sur un autre groupé pénétrant, c’est son alter ego et capitaine gallois, Ken Owens, qui a réduit l’écart (13-7).

Une victoire doublement historique

Sans doute un peu bougés par Gregor Townsend à la pause, ses hommes ont nettement pris l’ascendant ensuite.

Russell a d’abord pris un bel intervalle à quelques mètres de la ligne pour attirer trois adversaires sur lui avant de faire une passe extérieure vers Steyn qui n’a plus eu qu’à réceptionner et se laisser tomber dans l’en-but (20-7, 52e).

Les affaires ne se sont pas arrangées pour les rouges quand leur arrière Liam Williams a pris un carton jaune à la 56e, créant des espaces dont Russell s’est délecté avec une superbe passe au pied vers Steyn, complètement libre le long de sa ligne de touche, pour son doublé en six minutes (25-7, 58e).

Alors que le match avait nettement baissé en intensité, Russell s’est encore distingué par son jeu au pied en trouvant l’autre ailier, Duhan van der Merwe, qui s’est échappé le long de la ligne avant de remettre intérieur pour Blair Kinghorn et l’essai du bonus (30-7, 71e).

Matt Fagerson a, enfin, donné une dimension doublement historique au succès avec un dernier essai (35-7, 78e), malgré le déchet dans les conversions de Russell.

Jamais les Écossais n’avaient battu les Gallois par plus de 25 points et jamais ils n’avaient gagné leurs deux premiers matchs du Tournoi depuis qu’il se dispute à six nations. De quoi faire le plein de confiance avant d’enchaîner le déplacement au Stade de France et la réception de l’Irlande. Mais avec une telle régularité dans ses performances, l’Écosse peut rêver grand, peut-être comme elle ne se l’est jamais permis.

Source : AFP

Jusqu’à samedi, il fallait remonter assez loin dans les archives pour retrouver la trace d’une défaite du XV de France. Plus précisément au 17 juillet 2021, date du dernier revers des Bleus, concédé il y a près d’un an et demi en Australie (33-30). Mais cette belle série d’invincibilité a brusquement pris fin samedi sur la pelouse de l’Aviva Stadium de Dublin. Au terme d’une rencontre haletante et d’une intensité folle entre les deux meilleures nations actuelles du rugby mondial (l’Irlande et la France figurent aux deux premiers rangs du classement international), les hommes de Fabien Galthié doivent admettre qu’ils se sont inclinés face à plus forts qu’eux. Il s’agit de leur plus lourde défaite depuis que l’ancien demi de mêlée a pris les rênes de l’équipe nationale. C’est aussi leur...
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