Les 13 députés de la contestation à Baabda, le 23 juin 2022. Photo d'archives Dalati et Nohra
Une déclaration publiée samedi par 46 députés libanais indique qu'ils boycotteront toute éventuelle session législative du Parlement tant que se prolonge la vacance présidentielle, car ces séances "violeraient la Constitution", a tweeté samedi le député contestataire Marc Daou.
La déclaration est signée par des députés indépendants, des députés de la contestation, des Kataëb et des Forces libanaises.
Les députés signataires évoquent notamment dans leur déclaration l'article 75 de la Constitution qui stipule que "la Chambre réunie pour élire le président de la République constitue un collège électoral et non une assemblée délibérante. Elle doit procéder uniquement, sans délai ni débat, à l’élection du chef de l’État".
La polémique autour d'une éventuelle session législative a pris de l'ampleur depuis que le président du Parlement Nabih Berry a convoqué le bureau de la Chambre à une réunion lundi prochain pour discuter de l'ordre du jour d'une future session. Le projet de loi sur le contrôle des capitaux, une condition préalable du Fonds monétaire international et de la communauté internationale pour débloquer une aide financière pour le Liban en crise, est un point pouvant être inscrit à l'ordre du jour de toute session législative si elle venait à être décidée.
Parallèlement aux partis et députés signataires, le Courant patriotique libre (CPL, aouniste) s'oppose aussi par principe à l'organisation de toute session législative parlementaire. Mais aucun député du CPL n'a signé la pétition à ce sujet.
Les députés contestataires Melhem Khalaf et Najat Saliba, qui figurent parmi les signataires de la déclaration, avaient déjà affirmé fin janvier qu'à l'heure actuelle, "le Parlement ne peut qu'élire un président". Ils poursuivent tous deux un sit-in à l'intérieur du bâtiment pour réclamer l'élection d'un nouveau chef de l'État.
M. Berry a convoqué 11 sessions parlementaires consacrées à l'élection présidentielle depuis septembre dernier, et le mandat de Michel Aoun a pris fin le 31 octobre. Pendant ce temps, le gouvernement est démissionnaire car aucun nouveau cabinet n'a été formé après les élections législatives de mai, laissant le Liban dans une vacance totale du pouvoir exécutif.


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