Andy Murray savourant sa victoire en cinq manches contre l’Italien Matteo Berrettini au premier tour de l’Open d’Australie. Hannah McKay/Reuters
Malgré sa hanche métallique, il a toujours son mental d’acier. Du haut de ses 35 ans, Andy Murray a repoussé ses limites pour dominer Matteo Berrettini, de quasiment dix ans son cadet, après 4 h 49 min de lutte et en ayant sauvé une balle de match.
Le 66e mondial, ex-numéro 1, s’est finalement imposé au supertie break de la manche décisive face à l’Italien, 14e à l’ATP : 6-3, 6-3, 4-6, 6-7 (7/9), 7-6 (10/6).
« Je vais le sentir passer ce soir et demain, mais là, maintenant, je suis incroyablement heureux et fier de moi », a commenté le quintuple finaliste à Melbourne (2010, 2011, 2013, 2015, 2016).
« J’ai beaucoup travaillé ces derniers mois pour réussir à jouer à ce niveau dans des stades comme celui-là (la Rod Laver Arena), dans des matchs comme celui-là, contre des joueurs comme Matteo », a-t-il insisté.
Au prochain tour, il devrait affronter l’Australien Thanasi Kokkinakis (159e), largement en tête face à un autre Italien, Fabio Fognini (57e), à deux jeux de la victoire (6-1, 6-2, 4-2) .
Quelques minutes plus tard, c’est un immense cri de rage teinté de soulagement qui s’est élevé du terrain Margaret Court : Alexander Zverev (13e et ancien n°2) venait de battre le Péruvien Juan Pablo Varillas, 103e à l’ATP, après plus de quatre heure de combat.
Mais pour l’Allemand, il s’agissait bien plus qu’une simple victoire. Après sa déchirure aux ligaments de la cheville droite contractée en pleine demi-finale de Roland-Garros alors qu’il menait face à Rafael Nadal (7-6, 6-6), il avait été opéré en juin et n’avait repris la compétition qu’en janvier pour deux défaites en deux sets en United Cup face à Jiri Lehecka (81e) et Taylor Fritz (9e). « Quoi qu’il arrive maintenant, ce tournoi est pour moi une réussite », a-t-il ainsi affirmé après son premier match en Grand Chelem depuis juin dernier. « Je suis épuisé... mais extrêmement heureux. Tout cela m’a beaucoup manqué. Ce match seul suffit à justifier tout le travail effectué » pour revenir, a expliqué le joueur de 25 ans. Il jouera jeudi contre le Français Laurent Lokoli (175e) ou l’Américain Michael Mmoh (107e).
Retour gagnant pour Djokovic
Un match entre deux cogneurs de la trempe d’Andrey Rublev et de Dominic Thiem promet, sur le papier, de faire des étincelles. Mais dans les faits, le Russe (6e) s’est montré beaucoup trop fort pour l’Autrichien (ex-n°3 et actuellement 98e) qui tente de retrouver son meilleur niveau après dix mois d’arrêt pour soigner son poignet entre 2021 et 2022.
Résultat, Rublev s’est imposé sans trembler 6-3, 6-4, 6-2 face au finaliste 2020, année où Thiem avait ensuite remporté son seul tournoi du Grand Chelem à ce jour, à l’US Open.Cette année-là, l’Autrichien s’était incliné à Melbourne face à un certain Novak Djokovic, de retour un an après son expulsion du pays pour non-vaccination contre le Covid, en battant l’Espagnol Roberto Carballes (75e mondial) 6-3, 6-4, 6-0.Un succès entaché par son attitude envers Novak Djokovic au moment de se rendre aux toilettes à 3-2 en sa faveur au premier set. Selon le règlement, les pauses de ce genre ne sont autorisées qu’en fin de manche et le Serbe n’avait donc pas l’autorisation de s’y rendre alors que son adversaire s’apprêtait à servir. Un officiel a bien tenté de le retenir, mais l’intéressé ne s’est pas arrêté, usant de son statut pour sortir sans l’approbation de l’arbitre de la rencontre. Ce fait de match a constitué un tournant puisque Djokovic a breaké blanc l’Espagnol dans la foulée et a mené 5-2 avant de conclure la première manche sur le score de 6-3.
Peu importe, « Nole » a savouré son retour en terres australiennes devant un public pas avare en applaudissements à son égard : « Je suis si heureux de retrouver ce court.... Si je devais choisir des conditions de jeu idéales, ce serait en nocturne sur ce court Rod Laver sans la moindre hésitation », a lancé le Serbe à la foule restée tard pour le soutenir.
Il a ainsi lancé sa quête d’un dixième trophée dans le Majeur des antipodes pour égaler le record de 22 titres du Grand Chelem détenu par Rafael Nadal.
Djokovic joue le tournoi en tant que 5e mondial et peut en outre récupérer la place de numéro 1 s’il venait à remporter le tournoi. Au prochain tour, il affrontera le Bolivien Hugo Dellien (131e) ou le Français Enzo Couacaud (191e et issu des qualifications).
Rendez-vous manqué
Caroline Garcia, 4e mondiale et candidate au titre, pouvait affronter sa compatriote française Alizé Cornet, quart-de-finaliste l’an dernier, dans un match piège du deuxième tour. Mais si la vainqueure des Masters sera bien au rendez-vous jeudi, après une nette victoire 6-3, 6-0 sur la Canadienne Katherine Sebov, 190e et issue des qualifications, Cornet, elle, va le manquer.
Elle a en effet été battue par une autre Canadienne, Leylah Fernandez (40e), 7-5, 6-2. C’est donc la finaliste de l’US Open 2021, qui n’avait encore jamais remporté le moindre match à Melbourne lors de ses trois précédentes participations, qui se dressera jeudi face à Garcia. « Je mets Caroline vainqueure sans problème », a pronostiqué Cornet.Dans le même temps, la Tunisienne Ons Jabeur (n°2 mondiale) a dû lutter pour se qualifier pour le second tour en écartant la Slovène Tamara Zidansek (98e) 7-6 (10/8), 4-6, 6-1.
En difficulté sur ses premiers services, la joueuse de 28 ans, finaliste à Wimbledon et l’US Open l’an passé, a commis de nombreuses fautes directes (49), concédant le deuxième set avant de faire craquer son adversaire 6-1 dans le set décisif.
Jabeur, qui avait atteint les quarts de finale à Melbourne en 2020, affrontera au second tour l’Américaine Alison Riske-Amritraj (49e) ou la Tchèque Marketa Vondrousova (86e).
G.B. avec AFP

