À Jbeil, l’église de la Mère pauvre. Photo publiée sur Twitter par le député Simon Abiramia
À proximité du port de Jbeil, sur la côte du Mont-Liban, au nord de Beyrouth, l’église de la Mère pauvre a été vandalisée, dimanche dernier. Ses icônes ont été endommagées, ainsi que d’autres objets de ce lieu de culte maronite. Suite à l’indignation de responsables locaux, les Forces de sécurité intérieure ont annoncé hier l’arrestation d’un suspect.
« Il est clair que l’individu a déplacé les meubles de l’église vers l’extérieur et dormi sur les bancs, sans toucher au tronc des aumônes », a précisé la police dans un communiqué, après avoir examiné les images des caméras autour du bâtiment. Elle a cependant assuré que « l’incident n’avait aucune motivation politique ni religieuse ».
Le texte publié par la police laisse entendre que le suspect serait mentalement instable et ne disposait pas de pièce d’identité, mais que son interrogatoire a permis de déterminer qu’il s’agit d’un ressortissant syrien d’une vingtaine d’années. À la suite de l’incident, le député du Courant patriotique libre (CPL, aouniste) Simon Abiramia a visité l’église dimanche et rencontré les moines du monastère voisin de saint Jean-Marc, le saint patron de la ville. Il a estimé que les actes de vandalisme visant des églises « menacent » l’identité de Jbeil et la coexistence entre les habitants. Un membre du conseil politique du CPL, Marwan Malhamé, a également mis en garde dans un communiqué contre toute « ingérence » visant à faire libérer le suspect.
L’imam de la mosquée sunnite Sultan Ibrahim ben Adham de Jbeil, Jihad Lakkis, a de son côté dénoncé l’incident dans un communiqué publié dimanche. Il a affirmé que « les lieux de culte ont un caractère sacré ». « Vandaliser l’un d’eux revient à attaquer tous les autres », a-t-il souligné. L’imam a appelé « les services de sécurité à prendre toutes les mesures nécessaires et à ne pas faire preuve de complaisance pour la sécurité de la ville ».
En 2020, un incident avait éclaté dans cette mosquée, provoquant une vive tension dans la ville. L’armée avait évoqué une dispute au cours de laquelle le muezzin avait été blessé, tandis que des médias locaux parlaient plutôt d’une agression.
Les vols et autres délits ont considérablement augmenté au Liban, paralysé par une grave crise économique qui a considérablement dévalué les salaires de la population au vu de l’effondrement de la monnaie nationale. Début janvier, les FSI avaient annoncé avoir arrêté une personne soupçonnée d’avoir volé des dons à l’église Notre-Dame de l’Assomption au village de Houch Hala, dans la vallée de la Békaa.


Si le peuple ne veut pas aider cet homme qui est instable dans sa tete, c'est à Dieu qu'il a eu recours.
14 h 00, le 10 janvier 2023