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Moyen-Orient - CHINE

Xi Jinping promet à Riyad des liens renforcés avec le Golfe

Au dernier jour de sa visite en Arabie saoudite hier, le chef de l’État chinois a assuré vouloir renforcer ses liens sécuritaires et énergétiques avec les pays du Golfe, longtemps perçus comme le pré carré des États-Unis.

Xi Jinping promet à Riyad des liens renforcés avec le Golfe

Le président chinois Xi Jinping posant avec des dirigeants arabes présents à Riyad pour un sommet sino-arabe, le 9 décembre 2022. Photo Reuters

Afin de clôturer son déplacement entamé mercredi, Xi Jinping a été accueilli par le puissant prince héritier saoudien, Mohammad ben Salmane, au Ritz Carlton, pour un sommet avec les six pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG), avant un autre devant réunir tous les dirigeants arabes, selon les images des médias d’État. « La Chine continuera à soutenir fermement les pays du CCG dans le maintien de leur sécurité (...) et à construire un cadre de sécurité collective pour le Golfe », a déclaré Xi Jinping à l’inauguration du premier sommet.

« La Chine continuera d’importer en permanence de grandes quantités de pétrole brut des pays du CCG », a-t-il en outre assuré, tout en promettant d’étendre cette coopération à d’autres domaines, comme les importations de gaz naturel liquéfié (GNL). La Chine est le premier importateur de pétrole brut au monde, et le Golfe compte d’importants exportateurs, à commencer par l’Arabie saoudite, qui en est le premier.

Les déclarations du président chinois interviennent dans un contexte de rivalité avec les États-Unis, partenaires militaires stratégiques des pays arabes du Golfe, mais qui ont des relations tendues avec Riyad ces dernières années. Mercredi, Washington a réagi à la visite de Xi Jinping dans la monarchie, en mettant en garde contre « l’influence que la Chine veut gagner dans le monde entier », estimant qu’elle n’est pas de nature à « préserver l’ordre international ».

Washington en arrière plan

La visite intervient quelques mois après celle du président américain Joe Biden, qui n’était pas parvenu en juillet à convaincre Riyad de pomper davantage de brut pour calmer les marchés, sur lesquels les prix se sont envolés dans le contexte de la guerre en Ukraine. Les pays du Golfe, partenaires clés de Washington, ont accru ces dernières années leurs liens avec la Chine dans le cadre d’efforts visant à diversifier leurs relations stratégiques et à réduire la dépendance de leurs économies aux hydrocarbures. Le géant asiatique cherche quant à lui à relancer et élargir sa sphère d’influence, notamment à travers son initiative des « nouvelles routes de la soie », vaste projet international d’investissements voulu par Xi Jinping.Le dirigeant de la deuxième économie mondiale a rencontré le roi Salmane et son fils, le prince Mohammad, avec lesquels il a signé jeudi une quarantaine d’accords dans différents domaines, allant de l’hydrogène au logement, mais dont les détails n’ont pas été dévoilés. Selon un communiqué conjoint publié hier, les deux parties ont souligné « l’importance de la stabilité » sur le marché pétrolier, l’un des sujets alimentant les tensions entre Riyad et son partenaire américain, à côté des accusations de violations des droits humains dans le royaume ultraconservateur. Il s’agit de la première visite de Xi Jinping dans le royaume depuis 2016 et son troisième déplacement à l’étranger depuis le début de la pandémie.

Un renforcement des liens économiques avec la Chine pourrait aider l’Arabie saoudite à diversifier son économie dans le cadre du programme de réformes porté par son prince héritier. Selon les médias officiels saoudiens, la visite de Xi Jinping doit se solder par la signature avec Ryad d’accords d’une valeur totale de plus de 110 milliards de riyals saoudiens (27,8 milliards d’euros). Mais Robert Mogielnicki, du centre de réflexion Arab Gulf States Institute basé à Washington, met en garde contre des effets d’annonce : « En ce qui concerne les relations bilatérales de la Chine avec le Golfe et le Moyen-Orient en général, il faut se rappeler qu’il est beaucoup plus facile de signer des protocoles d’accord et des promesses d’investissements que de réellement engager du capital. » Par ailleurs, les pays du Golfe ne sont pas si unis et « semblent plus investis dans l’avancement des liens bilatéraux » avec Pékin, se livrant « une concurrence économique régionale », souligne Robert Mogielnicki.

Robbie COREY-BOULET/AFP


Afin de clôturer son déplacement entamé mercredi, Xi Jinping a été accueilli par le puissant prince héritier saoudien, Mohammad ben Salmane, au Ritz Carlton, pour un sommet avec les six pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG), avant un autre devant réunir tous les dirigeants arabes, selon les images des médias d’État. « La Chine continuera à soutenir fermement les pays...

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