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Monde - Ukraine

Discussions secrètes entre Moscou et Kiev aux Émirats

Des sources ont révélé la tenue la semaine dernière d’une réunion dans la fédération émiratie entre représentants russes et ukrainiens portant sur les exportations d’ammoniac et un éventuel échange de prisonniers.

Discussions secrètes entre Moscou et Kiev aux Émirats

Un agriculteur se tient debout alors qu'il récolte du blé près de Mykolaïv, le 21 juillet 2022, au milieu de l'invasion russe de l'Ukraine. Photo AFP

Les Émirats arabes unis ont joué la semaine dernière les hôtes d’une rencontre entre représentants russes et ukrainiens. L’objectif : examiner la possibilité d’un échange de prisonniers permettant une reprise des exportations d’ammoniac de la Russie vers l’Asie et l’Afrique via un gazoduc en Ukraine, selon trois sources informées de la tenue de cette réunion. Ces pourparlers se sont déroulés sous la médiation d’Abou Dhabi et sans la participation des Nations unies, ont affirmé les sources, malgré le rôle central joué par l’organisation dans la création de couloirs maritimes permettant les exportations de produits agricoles à partir de trois ports ukrainiens de la mer Noire. Interrogé sur l’implication ou non de l’ONU dans ces discussions, un porte-parole de l’organisation a refusé de s’exprimer.

Si l’ammoniac sert à la fabrication d’engrais utilisés dans l’agriculture conventionnelle, les exportations de ce produit ne sont pas concernées par la prolongation décidée la semaine dernière pour quatre mois de l’accord conclu en juillet sur les couloirs maritimes à partir de ports ukrainiens de la mer Noire. Selon les sources au fait de la réunion, les discussions sur l’ammoniac russe visent ainsi à lever les derniers obstacles pour compléter l’accord sur les céréales et atténuer la pénurie mondiale de certains produits alimentaires en débloquant les exportations aussi bien ukrainiennes que russes.

Des émissaires russes et ukrainiens se sont ainsi rendus le 17 novembre dans la capitale émiratie, Abou Dhabi, où ils ont discuté d’une reprise des exportations d’ammoniac russe conditionnée à un vaste échange de prisonniers. Reuters n’a pu déterminer dans l’immédiat si ces pourparlers avaient débouché sur des progrès. Les ministères des Affaires étrangères des EAU, de Russie et d’Ukraine et les ministères russe et ukrainien de la Défense n’ont pas répondu aux demandes de commentaire. Rebeca Grynspan, secrétaire générale de la conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (Cnuced) et médiatrice dans les négociations sur les engrais, avait néanmoins exprimé son optimisme la semaine dernière sur la possibilité pour la Russie et l’Ukraine de conclure un accord sur les exportations d’ammoniac russe via ce gazoduc, sans préciser pour autant les raisons de son optimisme.

Conditions ukrainiennes

Le projet envisagé consisterait à acheminer l’ammoniac russe via un gazoduc existant, conçu pour transporter jusqu’à 2,5 millions de tonnes d’ammoniac par an de la région russe de la Volga jusqu’au port ukrainien de Pivdennyi, appelé Youjne en russe, près d’Odessa sur la mer Noire, où il serait ensuite chargé sur des navires à destination de clients internationaux. Ce gazoduc a été fermé après l’invasion de l’Ukraine par la Russie le 24 février, il y a neuf mois, dans le cadre de ce que Moscou qualifie d’« opération militaire spéciale ».

Cependant, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a publiquement posé plusieurs conditions à la reprise des exportations russes d’ammoniac via son pays, parmi lesquelles un échange de prisonniers et la réouverture du port de Mykolaïv. Ni la Russie ni l’Ukraine n’ont publié de chiffres officiels sur le nombre de prisonniers capturés depuis le début du conflit. Volodymyr Zelensky a déclaré le 29 octobre que la Russie en avait libéré 1 031 depuis mars. Denis Pouchiline, dirigeant prorusse de la région ukrainienne de Donetsk, a déclaré que la Russie et l’Ukraine allaient échanger ce jeudi 50 prisonniers chacun.

La Russie et l’Ukraine ne fournissent quasiment plus d’informations sur leurs éventuels pourparlers directs depuis l’échec de discussions sur un cessez-le-feu dans les premières semaines de l’invasion russe. Les efforts d’Abou Dhabi s’inscrivent dans la continuité de la médiation entreprise par l’Arabie saoudite, qui a enregistré en septembre un succès diplomatique en obtenant la libération par la Russie de combattants étrangers capturés en Ukraine. Comme l’Arabie, les EAU font partie du cartel pétrolier OPEP+ auquel participe la Russie. Ils ont maintenu de bonnes relations avec Moscou malgré les pressions occidentales. Leur président, Mohammad ben Zayed al-Nahyane, s’est rendu le mois dernier à Moscou où il a discuté avec son homologue russe Vladimir Poutine de la possibilité d’une médiation émiratie au sujet de l’ammoniac russe, ont dit deux des sources interrogées.

Source : Reuters

Les Émirats arabes unis ont joué la semaine dernière les hôtes d’une rencontre entre représentants russes et ukrainiens. L’objectif : examiner la possibilité d’un échange de prisonniers permettant une reprise des exportations d’ammoniac de la Russie vers l’Asie et l’Afrique via un gazoduc en Ukraine, selon trois sources informées de la tenue de cette réunion. Ces pourparlers se sont déroulés sous la médiation d’Abou Dhabi et sans la participation des Nations unies, ont affirmé les sources, malgré le rôle central joué par l’organisation dans la création de couloirs maritimes permettant les exportations de produits agricoles à partir de trois ports ukrainiens de la mer Noire. Interrogé sur l’implication ou non de l’ONU dans ces discussions, un porte-parole de l’organisation a refusé de...
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