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Lifestyle - Œnologie

Nouveaux sommets pour les enchères des vins des Hospices de Beaune

Récolte abondante, millésime « exceptionnel » et demande toujours en hausse : la vente en France des vins des Hospices de Beaune, les plus anciennes enchères caritatives au monde, a fait exploser dimanche dernier tous les compteurs.

Nouveaux sommets pour les enchères des vins des Hospices de Beaune

Dégustation de vin au cours de la 162e édition de la vente aux enchères caritative des Hospices de Beaune. Photo Jeff Pachoud/AFP

« Exceptionnel ». « Incroyable ». « Inimaginable ». Les superlatifs n’ont pas arrêté de fuser parmi les 800 acheteurs réunis sous les Halles de Beaune, capitale des vins de Bourgogne dans le centre-est de la France.

« Les résultats sont historiques et spectaculaires. » C’est ainsi que s’est exprimé le directeur des Hospices civils de Beaune, François Poher, qui n’a pas pu cacher son enthousiasme après la flambée des prix de la 162e vente des vins de l’établissement hospitalier.

Avec une recette totale de 28,978 millions d’euros (sans les frais), ces enchères ont plus que doublé le précédent record établi en 2018 (13,97 millions d’euros). Le prix moyen du fût de vin a lui aussi connu un nouveau plus haut, à 35 974 euros (+8 %).

L’abondance de la récolte 2022 avait certes déchaîné les prévisions de nouveaux records mais sans, à aucun moment, anticiper un tel niveau.

Cette année en effet, le nombre de lots était vraiment exceptionnel : 802 pièces étaient à prendre, non loin du plus haut de 843 lots en 2018.

« La demande ne cesse d’augmenter »

C’est que la récolte a été abondante en 2022 en Bourgogne, les importantes pluies de juin ayant permis à la vigne de bien résister à la sécheresse estivale au point de donner un millésime « exceptionnel ».

« On est passé d’un extrême à l’autre : du millésime 2021, le plus petit depuis 40 ans, à un millésime très abondant », résume Amayès Aouli, directeur Europe chez Sotheby’s Wine, organisateur de la vente.

Les vendanges 2021 avaient en effet été amputées de moitié par un gel printanier dévastateur. Seuls 356 fûts avaient été proposés à la vente cette année-là, du jamais-vu depuis 1977.

Après la rareté de 2021, l’abondance de 2022 a aiguisé « l’appétit des acheteurs », explique M. Aouli. « Après les années Covid et les restrictions de voyage, beaucoup de clients sont venus cette année de loin », ajoute-t-il.

La Chinoise Lin Legun, acheteuse pour des clients de l’Empire du Milieu, est de ceux-là. Les vins de Bourgogne intéressent « énormément » les Chinois, explique-t-elle. « Et quand l’Asie se met à aimer un produit rare... », poursuit-elle dans une allusion à la récente flambée des prix.

« La demande pour les vins de Bourgogne ne cesse d’augmenter », renchérit Marie-Anne Ginoux, directrice de Sotheby’s France, qui souligne que sa maison a établi en 2021 un montant record de ses ventes de vin, à 132 millions de dollars, réalisés à près de moitié par des Bourgogne.

La « pièce des présidents »

En fin d’après-midi déjà, la « pièce des présidents », un fût de prestige traditionnellement dédié à une œuvre caritative autre que les Hospices, avait déjà atteint un nouveau record à 810 000 euros, contre 800 000 euros l’an dernier.

« Bravo à tous », avait alors lancé du haut de l’estrade Frédéric Drouhin, président de la grande maison de vins bourguignonne qui porte son nom, après avoir remporté au sein d’un collectif de négociants des enchères folles.

La recette de cette « pièce », comme on appelle en Bourgogne ce fût de 228 litres (288 bouteilles), était réservée à deux associations d’aide à l’enfance Princesse Margot et Vision du Monde.

« Ce qu’il y a de plus déprimant, c’est de voir un enfant souffrir », a déclaré M. Drouhin, qui a lui-même perdu une fille à cause du cancer.

« En France, 2 500 enfants sont chaque jour atteints de cancer dont 20 % ne survivront pas », a rappelé Muriel Hattab, présidente de Princesse Margot, du nom de sa fille qui n’a pas survécu à la maladie.

Outre la « pièce des présidents », le produit des autres lots est destiné aux équipements et à la rénovation des quatre hôpitaux et six Ehpad (maisons de retraite), soit un millier de lits que regroupent actuellement les Hospices civils.

Ces derniers ne reçoivent aucune aide de l’État français pour ces dépenses qui sont donc entièrement financées par les vignes données aux Hospices depuis leur fondation, en 1443.

Loïc VENNIN/AFP


« Exceptionnel ». « Incroyable ». « Inimaginable ». Les superlatifs n’ont pas arrêté de fuser parmi les 800 acheteurs réunis sous les Halles de Beaune, capitale des vins de Bourgogne dans le centre-est de la France.« Les résultats sont historiques et spectaculaires. » C’est ainsi que s’est exprimé le directeur des Hospices civils de...

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