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Monde - Asie

Washington se place en rempart face à Pyongyang et en appelle à la Chine

Assistant au sommet de l’Asean, Joe Biden a affirmé son soutien à ses alliés coréen et japonais face à la menace nucléaire de la Corée du Nord, à la veille d’une rencontre prévue aujourd’hui en marge du G20 avec son homologue chinois.

Washington se place en rempart face à Pyongyang et en appelle à la Chine

Le président américain Joe Biden a rencontré hier le Premier ministre japonais Fumio Kishida et le président sud-coréen Yoon Suk-yeol en marge du sommet de l’Asean, le 13 novembre 2022. Saul Loeb/AFP

En marge du sommet de l’Association des nations d’Asie du Sud-Est (Asean) à Phnom Penh, les États-Unis, le Japon et la Corée du Sud ont promis hier une réponse « forte et ferme » en cas d’essai nucléaire nord-coréen. Le dernier a eu lieu en 2017, mais l’hypothèse est revenue dans l’actualité après une série record d’essais d’armements de la part de la Corée du Nord. Le président américain Joe Biden, le Premier ministre japonais Fumio Kishida et le président sud-coréen Yoon Suk-yeol ont publié un communiqué commun à l’issue de leur rencontre trilatérale, le locataire de la Maison-Blanche s’engageant à déployer « tout l’éventail des capacités, mêmes nucléaires » pour défendre ses alliés. Les trois dirigeants ont tenu à « réaffirmer qu’un test nucléaire de la Corée du Nord sera suivi par une réponse forte et ferme de la communauté internationale ».

Le communiqué a souligné la volonté des trois alliés de « travailler ensemble pour renforcer leur force de dissuasion », après que la Corée du Nord a procédé début novembre à une rafale de lancements dont celui d’un missile balistique qui est tombé près des eaux territoriales de la Corée du Sud. Un autre missile balistique nord-coréen avait survolé le Japon en octobre. Pyongyang a justifié ses actions par l’attitude « agressive et provocante » de Séoul et de Washington, qui opéraient au même moment les plus grandes manœuvres militaires aériennes jamais réalisées jusque-là de manière conjointe. Les deux alliés avertissent depuis des mois que Pyongyang est prêt à procéder à un nouvel essai nucléaire à tout moment, qui serait le septième de son histoire. Malgré les tensions, les parties à la rencontre de Phnom Penh ont rappelé que « la voie vers le dialogue demeure ouverte », appelant la Corée du Nord à revenir à la table des négociations. Kim Jong-un avait rencontré à trois reprises le prédécesseur de l’actuel président américain, Donald Trump, sans qu’un accord durable n’ait pu être conclu. Les responsables américains assurent que la Corée du Nord ne s’est en rien montrée intéressée par des pourparlers et en privé certains estiment qu’elle pourrait être actuellement dans l’une de ses phases périodiques d’escalade et que la seule solution serait d’attendre.

Rencontre Biden-Xi

Une réunion qui intervient à la veille d’une rencontre cruciale prévue en marge du G20 en Indonésie, entre Joe Biden et son homologue chinois, Xi Jinping, dans un contexte de rivalité croissante entre les États-Unis et la Chine, qui se livrent dans l’Asie-Pacifique une lutte d’influence économique et sécuritaire. Le président américain devrait ainsi demander à Xi Jinping d’exercer son influence sur le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un afin de le réfréner. La Chine est le principal allié de Pyongyang et les responsables américains affirment que, si Joe Biden ne posera pas d’exigences, il préviendra le président chinois que la poursuite du programme de missiles et du nucléaire signifierait que les États-Unis renforceront leur présence militaire dans la région, ce à quoi Pékin s’oppose farouchement.

Le président américain a estimé qu’il abordait la rencontre « renforcée » après le succès inattendu du parti démocrate aux élections de mi-mandat. Les deux présidents ne manquent pas de sujets à débattre, Washington et Pékin étant à couteaux tirés sur des questions allant du commerce aux droits humains dans la région chinoise du Xinjiang, ou encore le statut de Taïwan. « Je connais Xi Jinping, il me connaît », a-t-il ajouté, affirmant qu’ils ont toujours eu des « discussions franches ». Les deux hommes ont une relation qui remonte à plus d’une décennie, à l’époque où Joe Biden était vice-président, mais ils se rencontreront aujourd’hui en face à face pour la première fois dans leurs rôles actuels. « Nous avons très peu de malentendus. Nous devons juste déterminer quelles sont les lignes rouges », a avancé le président américain. Son conseiller à la Sécurité nationale Jake Sullivan a assuré que Joe Biden espérait des échanges « directs » mais aussi trouver des sujets de « coopération sur des questions de fond ». « Les États-Unis sont prêts à une concurrence féroce avec la Chine, mais ne cherchent pas la confrontation », a-t-il expliqué à des journalistes à bord d’Air Force One.

Réaction russe

Également présent à Phnom Penh, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a accusé hier Washington de vouloir militariser la région pour limiter l’influence de Pékin. « Les États-Unis et leurs alliés, ainsi que l’OTAN, essayent de conquérir l’Asie-Pacifique », a déclaré aux journalistes le ministre des Affaires étrangères. « Ils envisagent une militarisation de cette région visant clairement à contenir la Chine et limiter les intérêts russes dans la région », a-t-il insisté. Sergueï Lavrov représentera ensuite le président russe Vladimir Poutine au sommet du G20 en Indonésie, officiellement absent pour des questions d’agenda. Pas inscrite dans le programme du sommet, la guerre en Ukraine est néanmoins en tête des préoccupations des dirigeants mondiaux de par son impact sur les marchés alimentaires et énergétiques. Dans un communiqué, le ministère russe des Affaires étrangères a appelé le G20 à se concentrer sur les questions économiques à l’origine de la création de ce format réunissant les grandes économies mondiales plutôt que sur les sujets de sécurité relevant de l’ONU.

La Russie devrait être sous pression pour étendre un accord permettant l’exportation de céréales et engrais par les ports de la mer Noire, qui parvient à expiration le 19 novembre. Au minimum, Joe Biden et ses alliés veulent obtenir du G20 un message clair à Vladimir Poutine sur le fait qu’un conflit nucléaire est inacceptable. Mais même sur ce sujet, le rapprochement entre la Chine et la Russie pourrait rendre un message commun avec les Occidentaux inatteignable. Le pays hôte du G20, l’Indonésie, a tout fait pour préserver les équilibres, ne voulant favoriser ni la Chine ni les États-Unis et a résisté aux pressions occidentales lui demandant d’exclure la Russie. Mais Djakarta n’est pas optimiste sur les chances d’un accord débouchant sur un texte commun à l’issue du sommet.

Source : AFP

En marge du sommet de l’Association des nations d’Asie du Sud-Est (Asean) à Phnom Penh, les États-Unis, le Japon et la Corée du Sud ont promis hier une réponse « forte et ferme » en cas d’essai nucléaire nord-coréen. Le dernier a eu lieu en 2017, mais l’hypothèse est revenue dans l’actualité après une série record d’essais d’armements de la part de la Corée du Nord. Le président américain Joe Biden, le Premier ministre japonais Fumio Kishida et le président sud-coréen Yoon Suk-yeol ont publié un communiqué commun à l’issue de leur rencontre trilatérale, le locataire de la Maison-Blanche s’engageant à déployer « tout l’éventail des capacités, mêmes nucléaires » pour défendre ses alliés. Les trois dirigeants ont tenu à « réaffirmer qu’un test nucléaire de la...
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