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Sport - Motogp

Francesco Bagnaia, nouveau roi de la catégorie reine

À l’issue du dernier Grand Prix de la saison à Valence, le pilote italien a décroché son premier titre de champion du monde en MotoGP devant le Français Fabio Quartararo.

Francesco Bagnaia, nouveau roi de la catégorie reine

Francesco Bagnaia célébrant son titre de champion du monde de MotoGP au terme du Grand Prix de Valence, ce dimanche, sur le circuit Ricardo Tormo en Espagne. Javier Soriano/AFP

L’Italie tient son nouveau Rossi. Du moins c’est ce qu’on pourrait croire en voyant, treize ans après le dernier sacre de Valentino Rossi, un nouveau transalpin revêtir le casque d’or de champion du monde. Mais hormis la nationalité, Bagnaia n’a pas grand-chose en commun avec son glorieux et fantasque prédécesseur.

« Pecco » a d’ailleurs célébré son couronnement à l’image de son style lorsqu’il monte sur ses deux-roues : sobre, efficace et sans fioriture. Loin de lui l’idée d’amener un gallinacée sur le podium ou d’arborer un tee-shirt « Les vieux poulets font les meilleurs bouillons », comme l’avait fait le « Doctor » au moment de glaner son 7e titre en 2009, à 30 ans, narguant ainsi les jeunes loups qui voulaient déjà l’envoyer à la retraite.

En plus de mettre un terme à cette longue période de disette italienne, le Turinois démontre surtout qu’à 25 ans, on peut déjà briller par sa sagesse. Conscient de la « pression » accumulée sur ses épaules à l’aube de redonner à son équipe (Ducati) et à tout un pays ses lettres de noblesses, il n’a pas hésité à prendre conseil auprès des meilleurs : « J’ai parlé à Vale (Valentino Rossi) avant la course, a-t-il expliqué à la presse au terme de la course. Il m’a dit : “Tu dois être fier d’avoir cette possibilité, personne ne peut avoir les mêmes sensations, donc, oui, tu peux ressentir la pression, mais tu dois en profiter”. »

« La pire course de la saison »

S’il n’a certainement pas passé les tours le plus tranquilles de sa vie depuis son arrivée en catégorie reine en 2019 – « c’était la pire course de la saison », concédera-t-il après la course – le nouveau champion du monde a d’autant plus savouré son heure de gloire : « Quand j’ai passé la ligne d’arrivée, j’ai vu le panneau sur lequel était écrit le mot « “Champion” et dès lors, tout a été plus léger, plus agréable. »

Parti 8e position sur la grille, l’Italien a limité les risques en course malgré un léger accrochage avec Quartararo en début de course, où il a perdu un morceau de carénage. Pour être sacré, Bagnaia n’avait besoin que d’une 14e place derrière son dauphin tricolore, qui devait, lui, absolument l’emporter et espérer une défaillance de l’Italien pour conserver sa couronne mondiale.

Mais sur le circuit Ricardo Tormo de Valence, le pilote Ducati n’a pas failli. Loin de prendre tous les risques pour s’offrir une huitième victoire cette saison, il s’est contenté d’une 9e place qui suffit amplement pour maintenir une avance suffisante sur son rival (265 points pour Bagnaia contre 248 pour Quartararo).

« C’était presque impossible »

Après avoir trôné en tête du classement général durant la quasi-intégralité de la saison, le Français peut en effet regretter d’avoir perdu le fil au terme de l’antépénultième manche, après sa chute lors du GP de Thaïlande offrant sur un plateau le fauteuil de leader à Bagnaia.

Trop irrégulier en deuxième moitié d’exercice, le désormais vice-champion du monde en titre a enchaîné les galères après la trêve estivale. Tout le contraire de son successeur, auteur d’une sacrée « remontada » après un début d’année gâché par plusieurs erreurs. Au plus bas après le GP d’Allemagne en juin, Bagnaia, distancé de plus de 90 points par « El Diablo », disait même qu’il était « presque impossible » de se battre pour le titre.

Mais le Turinois a ensuite inversé la tendance grâce à l’une des plus grandes remontées en catégorie reine depuis l’introduction du système de points actuel en 1993, raflant au passage quatre victoires consécutives et huit podiums en dix Grand Prix.

Premier champion du monde au guidon d’une Ducati depuis le titre de Casey Stoner en 2007, « Pecco » est également devenu le premier transalpin à être sacré sur une moto italienne depuis Giacomo Agostini il y a 54 ans. Il met ainsi temporairement un terme au règne quasi hégémonique des écuries japonaises, parmi lesquelles Suzuki a tiré sa révérence de la plus belle des manières en s’offrant une ultime victoire grâce à la première place de l’Espagnol Alex Rins, vainqueur à Valence après avoir rapidement pris les rênes de la course.

« On ne pouvait pas mieux terminer, je suis tellement fier, j’ai beaucoup appris avec Suzuki et je vais maintenant commencer un nouveau chapitre », avec Honda-LCR l’année prochaine, a réagi Rins, qui signe sa deuxième victoire de la saison après le GP d’Australie.

Le Sud-Africain Brad Binder (KTM) et le poleman espagnol Jorge Martin (Ducati-Pramac) complètent le podium de cette 20e et dernière manche de la saison. Le sextuple champion du monde en catégorie reine Marc Marquez, parti 2e sur la grille, a, lui, chuté à 18 tours de la fin. L’Italien Enea Bastianini (Ducati-Gresini), 8e à l’arrivée à Valence, se classe troisième sur le podium final à la faveur des déboires d’Aleix Espargaro (Aprilia), contraint d’abandonner en début de course.

« Je n’ai pas de regrets car je me suis donné à 100 % aujourd’hui, a reconnu Fabio Quartararo. Quand on perd un titre comme ça, il y a peut-être 99 % de négatif, mais aussi 1% de positif. Les quatre prochains mois, je serai encore plus déterminé à faire des efforts, à mieux me préparer. » Le rendez-vous est déjà pris pour la revanche qui débutera le 24 mars prochain lors du Grand Prix de Portimao au Portugal.

G.B. avec AFP

L’Italie tient son nouveau Rossi. Du moins c’est ce qu’on pourrait croire en voyant, treize ans après le dernier sacre de Valentino Rossi, un nouveau transalpin revêtir le casque d’or de champion du monde. Mais hormis la nationalité, Bagnaia n’a pas grand-chose en commun avec son glorieux et fantasque prédécesseur.« Pecco » a d’ailleurs célébré son couronnement à l’image de son style lorsqu’il monte sur ses deux-roues : sobre, efficace et sans fioriture. Loin de lui l’idée d’amener un gallinacée sur le podium ou d’arborer un tee-shirt « Les vieux poulets font les meilleurs bouillons », comme l’avait fait le « Doctor » au moment de glaner son 7e titre en 2009, à 30 ans, narguant ainsi les jeunes loups qui voulaient déjà l’envoyer à la retraite.En plus de...
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