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Politique - Crise politique au Liban

Le gouvernement sortant peut continuer à expédier les affaires courantes, tranche le Parlement

Le patriarche Raï veut inviter les forces politiques à une conférence spéciale parrainée par l'ONU sur la présidentielle. 

Le gouvernement sortant peut continuer à expédier les affaires courantes, tranche le Parlement

Le Parlement libanais réuni le 24 octobre 2022. Photo Hassan Ibrahim / Parlement libanais

Le Parlement libanais a décidé jeudi, lors d'une réunion consacrée à l'étude d'une lettre envoyée dimanche par le désormais ancien président Michel Aoun, que le gouvernement sortant de Nagib Mikati peut continuer à expédier les affaires courantes.

Le cabinet est considéré comme sortant depuis les élections législatives de mai dernier, ce qui rendait controversé le contenu de la lettre envoyée par Michel Aoun au Législatif. M. Mikati avait déclaré dimanche que cette procédure n'avait "aucune base juridique." Dans sa missive, l'ex-chef de l'Etat a lancé une série de critiques à l'encontre de Nagib Mikati, qu'il accuse de ne pas avoir la volonté de former un gouvernement, et lui reproche de vouloir imposer des ministres au Courant patriotique libre (CPL), parti qu'il a fondé.

Répondant du Parlement à la lettre de Michel Aoun, le président du Conseil sortant a déclaré que son cabinet "qui est déjà considéré comme démissionnaire sans que cela ne nécessite une décision du président" poursuivra sa mission d'expédition des affaires courantes, "conformément à son devoir énoncé dans la Constitution". Un éventuel manquement à ce devoir signifierait que le gouvernement sortant s'expose à des "sanctions constitutionnelles", a-t-il ajouté.

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S'exprimant après la levée de la réunion, le président de la commission de la Justice et Administration, Georges Adwan (FL) a affirmé de son côté qu'"après lecture de la lettre de Aoun, il a été décidé que le gouvernement sortant continue d'expédier les affaires courantes dans le sens restreint du terme", en ne se réunissant que dans des situations urgentes. Selon lui, le Législatif ne peut revenir sur sa désignation de Nagib Mikati comme Premier ministre chargé de former un nouveau cabinet, une procédure qui n'est pas mentionnée dans la Constitution. Il a encore expliqué que le gouvernement sortant ne peut pas assumer les prérogatives du chef de l'Etat, qui ne peuvent normalement être assumées que par "un cabinet qui se réunit". "La seule solution est donc d'élire un nouveau président et de ne pas verser dans de telles discussions" sur les prérogatives.

Nouvelle séance
A l'issue de la réunion, une nouvelle séance pour l'élection d'un président a été fixée par le président de la Chambre, Nabih Berry, au jeudi 10 novembre.

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A cet égard, le communiqué du Parlement cite Nabih Berry, qui a déclaré qu'il convoquerait les députés sur une base hebdomadaire à partir de la semaine prochaine. "J'espère qu'au cours de cette semaine, un consensus sera atteint entre tous les blocs et groupes (...). Si un compromis n'est pas trouvé ici ou là, nous ne parviendrons pas à une solution", a-t-il déclaré.

"Violation de la Constitution"
Dès le début de la session, de nombreux députés se sont retirés du Parlement. Une source assistant à la séance a déclaré à L'Orient Today que les parlementaires qui sont sortis de l'hémicycle sont ceux issus de la contestation et du parti Kataëb, ainsi que les députés Achraf Rifi (indépendant/Tripoli) et Michel Moawad (indépendant/Zghorta).

De leur côté, les députés issus de la contestation, Ibrahim Mneimné, Paula Yacoubian, Halimé Kaakour, Elias Jaradé, Ramy Finge, Firas Hamdane, Michel Douaihy, Melhem Khalaf, Yassine Yassine, Waddah Sadek ont publié une déclaration affirmant qu'"à minuit le 31 octobre", date à laquelle le mandat d'Aoun a officiellement pris fin, "le Parlement s'est transformé en un comité électoral convoqué de manière permanente, uniquement pour élire un président, et il n'a pas le droit de discuter d'autre chose". Leurs collègues, Najat Aoun et Marc Daou, avaient annoncé avant le début de la session qu'ils la boycottaient et ont appelé le président du Parlement à convoquer des réunions parlementaires électorales "et rien d'autre".

"Conférence spéciale"
Le Liban se trouve depuis lundi à minuit dans une situation inédite : une double vacance au niveau de l'exécutif, la formation d'un nouveau cabinet est bloquée, et aucun successeur à Michel Aoun n'a encore été élu. Quatre sessions parlementaires électorales n'ont pas permis de parvenir à l'élection d'un nouveau président en raison de l'absence de consensus entre les partis politiques. Pour y parvenir, M. Berry avait prévu de rassembler les partis à un dialogue avant d'annoncer mercredi qu'il en abandonnait l'idée, en raison de  "l'opposition exprimée par deux groupes : les Forces libanaises et le Courant patriotique libre", les deux principaux blocs chrétiens. 

De son côté, le patriarche maronite Béchara Raï a déclaré à la chaîne d'informations LBCI, en marge de sa participation à un forum religieux à Bahreïn, que "les responsables peuvent résoudre leurs différends s'ils s'assoient à une même table". "J'ai appelé à l'organisation d'une conférence spéciale dans le pays, sous l'égide de l'ONU, pour résoudre les points de dissension", a-t-il ajouté, sans préciser quand un tel événement pourrait avoir lieu. Le consensus entre les parties pour l'élection d'un président doit se faire "dans le vote et les tractations", a-t-il ajouté. 

Le Parlement libanais a décidé jeudi, lors d'une réunion consacrée à l'étude d'une lettre envoyée dimanche par le désormais ancien président Michel Aoun, que le gouvernement sortant de Nagib Mikati peut continuer à expédier les affaires courantes.Le cabinet est considéré comme sortant depuis les élections législatives de mai dernier, ce qui rendait controversé le contenu de la...

commentaires (4)

Le patriarche Raï veut inviter les forces politiques à une conférence spéciale parrainée par l'ONU sur la présidentielle. Soyez sûr Patriarche que cette réunion sera boycottée par tous les vendus qui refuseront sous prétexte d’ingérence dans les affaires internes de notre pays puisqu’ils ont toujours décrété qu’ils en ont l’exclusivité par le biais des iraniens qui n’aiment pas partager. Pour pouvez toujours tenter mais les orangeades et les barbus et tondus seront là pour vous rappeler à l’ordre.

Sissi zayyat

13 h 06, le 04 novembre 2022

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Commentaires (4)

  • Le patriarche Raï veut inviter les forces politiques à une conférence spéciale parrainée par l'ONU sur la présidentielle. Soyez sûr Patriarche que cette réunion sera boycottée par tous les vendus qui refuseront sous prétexte d’ingérence dans les affaires internes de notre pays puisqu’ils ont toujours décrété qu’ils en ont l’exclusivité par le biais des iraniens qui n’aiment pas partager. Pour pouvez toujours tenter mais les orangeades et les barbus et tondus seront là pour vous rappeler à l’ordre.

    Sissi zayyat

    13 h 06, le 04 novembre 2022

  • Quand vous secouez du lait aigre, tout ce que vous obtenez est du lait aigre.

    Christian Tabet

    00 h 00, le 04 novembre 2022

  • Présidents ministres députés fonctionnaires ne sont que des emplois fictifs (sévèrement punis en France) puisque l’Etat n’existe pas. Les décisions sont entre les mains du Hezbollah qu’on le veuille ou non. Une nouvelle équation géopolitique est indispensable

    Lecteur excédé par la censure

    16 h 28, le 03 novembre 2022

  • Lettre de l'ancien president, appel a un suppose dialogue, vote blanc, defaut de quorum. La canaille politichienne fait tout pour NE PAS elire un nouveau president. Aoun, Berri, NasrOullala, Mikati et consorts. Tous dans le meme sac (poubelle). Le celebre "vous puez" (tell3et rihetkon) n'a jamais ete autant d'actualite. Kellon ya3ne kellon.

    Michel Trad

    13 h 16, le 03 novembre 2022

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