Francesco Bagnaia au guidon de sa Ducati lors de sa victoire au Grand Prix MotoGP de Malaisie sur le circuit de Sepang. Mohd Rasfan/AFP
L’espoir s’amenuise mais «El Diablo» n’a pas encore dit son dernier mot. «Pecco», 25 ans, avait une première balle de match ce dimanche pour glaner son premier titre en catégorie reine. Mais «El Diablo» a fait honneur à son statut de champion en titre et a tout fait, jusqu’au bout, pour empêcher son rival de soulever le trophée dès l’arrivée du tracé de Sepang.
Au classement général, l’Italien compte désormais 23 points d’avance sur le Français, une avance plus que confortable puisqu’une victoire rapporte 25 points. Le pilote Ducati n’a plus besoin que de deux petits points en Espagne pour valider son titre. Concrètement, si Quartararo s’impose en Espagne le mois prochain, Bagnaia doit terminer au pire 14e de la course pour coiffer sa première couronne en MotoGP.
Le titre se décidera donc lors de l’ultime rendez-vous de la saison, comme pour la dernière fois en 2017, quand Marc Marquez avait gagné son duel face à l’Italien Andrea Dovizioso et conquis sa quatrième couronne en MotoGP.
« J’ai donné le maximum aujourd’hui, je ne pouvais pas faire mieux. Même si les chances (de titre) sont minces, on est encore là à Valence », s’est félicité Quartararo, à l’issue de la course, où il est monté sur son premier podium depuis le GP d’Autriche, en août.
Ce podium, le Français le doit en partie à un excellent départ, passant d’abord de la 12e à la 6e position, en début de course. Il a encore gagné trois places au fur et à mesure des tours de piste en profitant du mano à mano entre les deux hommes de tête pour ramener sa Yamaha à moins de deux secondes des pilotes Ducati.
« Le meilleur départ de ma vie »
Si la mise en route du Niçois fut réussie, elle ne le fut pas autant que celle du vainqueur du jour : « J’ai signé le meilleur départ de ma vie, s’est félicité Bagnaia à l’arrivée. Aujourd’hui on a fait un super travail au niveau du championnat. » Parti de la 9e place sur la grille, le transalpin s’est envolé au point de se positionner à la sortie du premier virage en deuxième position, derrière le poleman espagnol Jorge Martin (Ducati-Pramac).
« J’ai vu dès les premiers virages que Pecco était parti devant et j’ai compris que ce serait tout ou rien, a confié Quartararo. Le leader du championnat a ensuite profité de la chute de Martin pour prendre la tête de la course qu’il n’a ensuite cédée que pendant quelques tours à son compatriote Enea Bastianini, son futur coéquipier dans
l’équipe Ducati d’usine.
Bagnaia a conservé la tête jusqu’au drapeau à damier en dépit de la pression de Bastianini, qui n’a pas pris tous les risques pour lui souffler la victoire. Et Ducati est déjà assuré du titre mondial des équipes.
Bastianini, deuxième dans la roue de Bagnaia, ne peut plus viser le titre, tout comme l’Espagnol Aleix Espargaro (Aprilia), 10e de cette avant-dernière manche de la saison.
Quatre à la suite
En fait, la réussite de Bagnaia au guidon de sa Ducati aura été proportionnelle aux difficultés rencontrées par son rival Quartararo avec sa Yamaha au cours de la saison.
En juin, 91 points séparaient le Turinois d’»El Diablo», confortablement installé en tête du général. Bagnaia pointait à une anonyme 6e place et reconnaissait à l’époque que revenir au championnat était « presque impossible ».
La confiance revenue, il a raflé par la suite quatre victoires consécutives pour venir inscrire son nom dans l’histoire en réalisant la plus grande «remontada» en catégorie reine depuis l’introduction du système de points actuel en 1993.
Au pied du podium, on retrouve l’Italien Marco Bezzecchi (Ducati-VR46), qui a longtemps menacé Quartararo. Le deuxième Français de la grille, Johann Zarco (Ducati-Pramac) aura également réalisé une remontée fulgurante, passant de la 22e à la 9e place.
Sur le tracé de Sepang, l’Italien a signé son onzième succès en carrière en Moto GP, soit son septième de la saison. Après trois courses sans marquer de points, « El Diablo » n’a pas grand-chose à se reprocher cette fois-ci.
Auteur d’une de ses meilleures courses depuis longtemps, Quartararo devra espérer un miracle pour ravir une couronne de champion du monde qui tend plus que jamais les bras à Pecco Bagnaia, ce qui serait une grande première pour le transalpin.
Fort de sa cinquième victoire sur les neuf derniers Grands Prix, Bagnaia semble intouchable en cette fois de saison.
Une performance qui rappelle celle réalisée par le dernier pilote Ducati à avoir réussi une telle série, l’Australien Casey Stoner en 2007, sur la route de son premier titre mondial.
G.B. avec AFP

