Des soldats prenant part à un exercice militaire dans la région de Aras, près de la frontière entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, le 18 octobre 2022. Photo IRAN'S ISLAMIC REVOLUTIONARY GUARD CORPS (IRGC) / AFP
La plus haute juridiction de l'ONU a indiqué jeudi avoir enjoint à l'Arménie et à l'Azerbaïdjan de ne pas aggraver leur différend, alors que le processus de normalisation a été mis à mal par des affrontements sanglants en septembre.
Il y a plus d'un an, les deux ex-républiques soviétiques avaient déposé presque simultanément des recours auprès de la Cour internationale de justice (CIJ), s'accusant mutuellement de discrimination raciale. Considérant "la précarité de la situation entre les parties", la CIJ a réaffirmé des mesures provisoires ordonnées en décembre, "en particulier celle enjoignant aux deux Parties de +s'abstenir de tout acte qui risquerait d'aggraver ou d'étendre le différend+", a-t-elle déclaré dans un communiqué.
La CIJ avait en décembre demandé à l'Azerbaïdjan de protéger les prisonniers de guerre du conflit de 2020 dans la région du Nagorny-Karabakh, une enclave à majorité arménienne. L'Arménie avait demandé il y a un mois à la CIJ d'étendre cette mesure aux personnes arrêtées après le conflit de 2020, mais la CIJ a estimé que le changement de situation actuel ne justifiait pas de modification de son ordonnance.
L'Arménie, traditionnellement alliée de la Russie, et l'Azerbaïdjan, soutenu par la Turquie, se sont affrontés lors de deux guerres au cours des trois dernières décennies pour le contrôle du Nagorny Karabakh. La dernière guerre, à l'automne 2020, a fait 6.500 morts et s'est achevée sur un cessez-le-feu sous médiation de Moscou.
Mais ces derniers mois, l'UE et les Etats-Unis ont pris l'initiative dans les pourparlers pour négocier un traité de paix, alors que la Russie est accaparée par son intervention en Ukraine. Malgré ces tentatives de médiation, la situation reste instable. En septembre, au moins 286 personnes ont été tuées dans de nouveaux affrontements à la frontière entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan.
La CIJ, qui siège à La Haye, tranche les différends entre les Etats. Ses arrêts sont sans appel, mais elle n'a pas de moyen autre que la diplomatie pour les faire appliquer.


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