Les silos du port de Beyrouth après un effondrement partiel, le 23 août. Photo d’archives Mohammad Yassine
Énième retard dans l’enquête sur l’explosion meurtrière du 4 août 2020 au port de Beyrouth : après une réunion mardi après-midi, le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) n’a pas communiqué de décision ni sur la désignation d’un juge suppléant à Tarek Bitar dans ce dossier ni sur les nominations des membres de l’assemblée plénière de la Cour de cassation chargée de statuer sur les nombreux recours déposés contre M. Bitar, indique à L’Orient-Le Jour une source proche de l’instance.
La nomination d’un juge suppléant à M. Bitar, magistrat principal chargé de l’enquête sur l’explosion au port, afin de statuer sur le sort des personnes détenues, est très controversée. Elle a été réclamée par le ministre sortant de la Justice, Henri Khoury, un proche du Courant patriotique libre (CPL, aouniste). Plusieurs réunions du CSM se sont tenues, mais n’ont pas abouti au sujet de cette nomination qui suscite la colère de nombreux proches de l’explosion du 4 août qui a fauché plus de 220 vies, blessé plus de 6 500 personnes et ravagé des pans entiers de la capitale. Par ailleurs, les nominations judiciaires sont attendues également pour permettre de relancer le suivi des recours déposés contre le juge Bitar.
En outre, une source judiciaire a confirmé à L’Orient-Le Jour une plainte déposée par Badri Daher, ancien directeur général des douanes, écroué dans cette affaire, contre le président du CSM, Souheil Abboud. Elle a été déposée auprès de l’Inspection judiciaire pour entrave à l’action du CSM. Selon cette même source, le chef de l’Inspection judiciaire par intérim, Malek Saïbi, peut soit ouvrir une enquête s’il considère la plainte sérieuse, soit la classer sans suite.
Par ailleurs, le député Ali Hassan Khalil, mis en cause dans l’affaire du port, a lui aussi présenté hier une plainte similaire auprès de l’Inspection judiciaire contre le président du CSM. D’autres plaintes pourraient suivre contre d’autres personnalités, confirme une source proche de M. Zeaïter à L’OLJ. Les députés Zeaïter et Ali Hassan Khalil, tous deux membres du bloc du président du Parlement Nabih Berry, avaient déjà intenté de nombreuses actions en justice qui ont paralysé l’action du juge Tarek Bitar.
La semaine dernière, M. Abboud a chargé le juge Jean-Marc Oueiss, membre d’une chambre de la Cour de cassation, de statuer sur le recours en dessaisissement du juge Bitar présenté en décembre dernier par Ghazi Zeaïter et Ali Hassan Khalil.
Cet article a été modifié le mardi 25 octobre 2022 à 11h39.


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11 h 42, le 19 octobre 2022