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Monde - Conflit

Nouvelles frappes russes sur l’Ukraine avec des drones kamikazes

Kiev demande à l’UE d’imposer plus de sanctions à l’Iran accusé d’avoir fourni des armes à Moscou.

Nouvelles frappes russes sur l’Ukraine avec des drones kamikazes

Des pompiers s’activent pour éteindre un feu déclenché par une frappe russe sur un immeuble résidentiel de Kiev, le 17 octobre 2022. Gleb Garanich/Reuters

Des frappes russes, utilisant notamment des drones kamikazes, ont fait au moins huit morts dont quatre à Kiev lundi matin, et ciblé des installations énergétiques dans plusieurs régions, une semaine après une vague de frappes massives sur le pays.

L’ennemi « agit sournoisement, tue des civils, frappe des habitations, des infrastructures », a accusé le président ukrainien Volodymyr Zelensky sur le réseau social Telegram après ces frappes. « Il y a déjà quatre morts après l’attaque contre un immeuble d’habitation à Kiev, dont une jeune famille qui attendait un enfant. Les opérations de secours ne sont pas terminées. La terreur doit perdre, et elle perdra », a-t-il ajouté. Il a accompagné son message de plusieurs photos du bâtiment touché, avec un amas de décombres autour duquel s’affairaient les services de secours. Selon le maire de la capitale, Vitali Klitschko, la jeune femme tuée était enceinte de six mois.

L’armée russe s’est pour sa part félicitée d’avoir atteint toutes ses cibles, avec « des armes de haute précision ».

Drones iraniens ?

Plusieurs frappes ont visé des infrastructures cruciales de trois régions, dont la capitale, laissant « des centaines de localités » sans électricité, a pour sa part précisé le Premier ministre ukrainien Denys Chmygal, faisant état de « cinq frappes de drone » de fabrication présumée iranienne sur Kiev et d’« attaques au missile » sur les régions de Dnipropetrovsk (centre est) et Soumy (Nord-Est).

À Kiev, selon les services de secours ukrainiens, un drone kamikaze a également touché un immeuble administratif de 9 étages. Outre les quatre morts, il y a, à ce stade, 3 blessés.

Une série d’explosions a été entendue au petit matin dans la capitale, et les sirènes d’alerte aérienne avaient retenti peu avant la première déflagration. Un journaliste de l’AFP a vu l’un de ces drones kamikazes frapper un immeuble, alors que deux policiers tentaient de l’abattre en pleine ville avec leurs armes de service. « Nous sommes ici depuis peut-être une demi-heure et quatre drones sont tombés », a expliqué l’un d’eux, Iaroslav, encore nerveux après avoir tiré.

Missiles de croisière

Sacha, un jeune homme de 22 ans, qui habite un immeuble tout près de là, a raconté avoir été réveillé par la première explosion vers 06h30. « J’ai peur », a-t-il confié, restant à couvert sous un porche d’immeuble.

Dans la région de Soumy, c’est un bâtiment administratif qui a été détruit par une frappe de missile visant un transformateur électrique. Peu après la mi-journée, le bilan était de quatre morts et 3 personnes sorties vivantes des décombres.

Dans la région de Dnipropetrovsk, une frappe de missile de croisière sur un transformateur a fait un blessé. La présidence ukrainienne a affirmé que trois missiles avaient pu être abattus.

L’opérateur ukrainien du nucléaire Energoatom a de son côté indiqué que la centrale nucléaire de Zaporijjia (Sud), au centre de toutes les inquiétudes depuis plusieurs mois, avait dû être alimentée par ses générateurs diesel de secours pour refroidir ses réacteurs, après avoir été déconnectée du réseau par des bombardements russes.

« L’ennemi peut attaquer nos villes, mais ils n’arriveront pas à nous briser », avait promis dans la matinée Volodymyr Zelensky sur les réseaux sociaux. Kiev a demandé à l’UE d’imposer plus de sanctions à l’Iran, qui dément avoir fourni des drones tueurs à la Russie pour son offensive contre l’Ukraine. « L’Iran est responsable du meurtre d’Ukrainiens. Ce pays qui opprime son propre peuple fournit désormais des armes monstrueuses pour des meurtres de masse au cœur de l’Europe », a dénoncé Mykhailo Podolyak, conseiller de la présidence ukrainienne.

Téhéran a répété ses dénégations. « L’Iran n’a exporté d’armes vers aucune des parties en guerre », a affirmé lundi Nasser Kanani, le porte-parole de la diplomatie iranienne.

Dans le sud du pays, l’armée avait précédemment indiqué avoir abattu dans la nuit de dimanche à lundi 26 drones iraniens Shahed-136.

L’UE augmente son aide

Le chef du cabinet de la présidence ukrainienne, Andriï Iermak, a appelé les alliés occidentaux à fournir « plus d’armes pour défendre le ciel et détruire l’ennemi ». « L’UE augmente son aide militaire à l’Ukraine à 3,1 milliards d’euros et lance une mission de formation militaire pour nos soldats », s’est-il félicité.

La rehausse de l’aide militaire européenne et la formation qui devrait concerner 15 000 soldats ukrainiens étaient au menu hier d’une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UE à Luxembourg, avec la participation à distance de leur homologue ukrainien Dmytro Kuleba.

Le 10 octobre, des bombardements russes d’une ampleur inégalée depuis des mois avaient fait au moins 19 morts et 105 blessés. Les alliés occidentaux de l’Ukraine lui ont alors promis plus de systèmes de défense antiaériens, et certains ont déjà été livrés.

La Russie est sur la défensive sur l’essentiel du front en Ukraine, reculant depuis le mois de septembre aussi bien dans le Nord que l’Est et le Sud. Le seul tronçon où les forces russes avancent encore est la zone de la ville de Bakhmout (Est) que Moscou tente de prendre depuis l’été.

Par ailleurs, cent huit femmes, en grande partie des militaires, ont été libérées à la faveur d’un nouvel échange de prisonniers avec la Russie, a annoncé lundi un conseiller de la présidence ukrainienne. Selon lui, il s’agit de 11 officiers, 85 soldates et 37 évacuées de l’aciérie Azovstal dans la ville de Marioupol (Sud-Est), assiégée par les forces russes au début du conflit. Andriï Iermak a aussi affirmé que certaines de ces femmes libérées étaient détenues par les séparatistes prorusses de l’est de l’Ukraine depuis 2019 pour leurs « positions pro-ukrainiennes ». L’un des dirigeants des séparatistes prorusses, Denis Pouchiline, a confirmé l’échange, indiquant que la Russie avait récupéré 110 personnes détenues par les Ukrainiens.

L’OTAN a pour sa part entamé lundi un exercice militaire qualifié de « routine » pour tester son dispositif de dissuasion nucléaire en Europe, dans un contexte de tensions exacerbé par la menace russe de recourir à l’arme atomique en Ukraine.

Source : AFP

Des livraisons d’armes israéliennes à l’Ukraine « détruiraient » la relation Russie-Israël, avertit Medvedev

L’ex-président russe et actuel numéro 2 du Conseil de sécurité, Dmitri Medvedev, a mis en garde Israël contre des livraisons d’armes à l’Ukraine, estimant que cela « détruirait » la relation avec la Russie. « Israël semble s’apprêter à livrer des armes au régime de Kiev. C’est une mesure très imprudente. Elle détruira toutes les relations interétatiques entre nos pays », a-t-il estimé sur son compte Telegram. Il a renouvelé les accusations de « nazisme » à l’adresse de l’Ukraine, une des justifications avancées par Moscou pour expliquer son assaut contre son voisin. Interrogé sur ces propos, une porte-parole du Premier ministre israélien Yaïr Lapid a déclaré que son cabinet ne commenterait pas les propos de M. Medvedev. Les autorités israéliennes ont jusqu’ici limité leur coopération avec l’Ukraine à de l’aide humanitaire et à des livraisons de matériel non létal afin de ménager leur relation avec Moscou. Israël est également devenu un refuge pour les détracteurs du Kremlin, et même des célébrités russes s’y sont installées depuis l’offensive russe du 24 février contre son voisin.

Des frappes russes, utilisant notamment des drones kamikazes, ont fait au moins huit morts dont quatre à Kiev lundi matin, et ciblé des installations énergétiques dans plusieurs régions, une semaine après une vague de frappes massives sur le pays.L’ennemi « agit sournoisement, tue des civils, frappe des habitations, des infrastructures », a accusé le président ukrainien Volodymyr Zelensky sur le réseau social Telegram après ces frappes. « Il y a déjà quatre morts après l’attaque contre un immeuble d’habitation à Kiev, dont une jeune famille qui attendait un enfant. Les opérations de secours ne sont pas terminées. La terreur doit perdre, et elle perdra », a-t-il ajouté. Il a accompagné son message de plusieurs photos du bâtiment touché, avec un amas de décombres autour duquel...
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