Le patriarche maronite Béchara Raï. Photo d'archives Ani
Le patriarche maronite, Béchara Raï, a affirmé qu'"aucun parti libanais n'a le droit de refuser à un autre le droit d'avoir son mot à dire dans le choix" du prochain président du Liban, ajoutant que le choix du chef de l'État est "une décision collective", rapporte lundi l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).
"Le président maronite, selon le Pacte national renouvelé dans l'accord de Taëf, est le président de tous les Libanais, et doit donc être choisi dans le cadre des principes démocratiques et des constantes nationales", a souligné Mgr Raï lors d'une homélie qu'il a prononcée à la cathédrale maronite Saint-Joseph au Caire, en Égypte. "La coopération entre toutes les parties est nécessaire, mais pas au détriment de la souveraineté", a ajouté le prélat, affirmant qu'"il s'agit d'une responsabilité partagée et positive, qui ne doit pas se transformer en veto et une obstruction".
Les parlementaires libanais n'ont plus que deux semaines pour élire un successeur au président Michel Aoun avant l'expiration de son mandat, le 31 octobre. Lors de la première session électorale du Parlement le 29 septembre, les députés n'ont pas réussi à élire un nouveau président en raison de l'absence de consensus entre les différents partis politiques. Une deuxième session, tenue la semaine dernière, a été ajournée à ce jeudi, faute de quorum.
En 2016, l'élection de M. Aoun a été rendue possible, après plus de deux ans de vide présidentiel, par des arrangements entre groupes politiques. À l'époque, le Courant du futur, dirigé par Saad Hariri, et les Forces libanaises de Samir Geagea s'étaient mis d'accord pour soutenir la candidature de l'actuel président, également soutenu par le Hezbollah. Mais aujourd'hui, aucun consensus ou compromis ne semble émerger alors qu'aucun camp ne peut prétendre avoir la majorité au Parlement.
Si aucun président n'est élu d'ici le 31 octobre et qu'aucun nouveau gouvernement n'est formé, le Liban se retrouvera pour la première fois de son histoire politique dans une vacance totale au niveau de l'Exécutif : sans président et avec un gouvernement démissionnaire. Le cabinet actuel expédie les affaires courantes depuis mai dernier, à la suite des élections législatives.


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