Des Iraniens passent en voiture devant un panneau d’affichage sur lequel on peut lire en persan « Les femmes de mon pays, l’Iran », sur la place Valiasr, à Téhéran, le 14 octobre courant. Le panneau d’affichage d’origine, à droite, montrait une mosaïque de femmes iraniennes portant le hijab. Il a été modifié au lendemain des manifestations déclenchées par la mort de Mahsa Amini. Photo AFP
Des militants iraniens ont appelé à manifester en masse samedi dans tout le pays, alors que le mouvement de contestation déclenché par la mort de Mahsa Amini est entré dans sa cinquième semaine malgré une répression meurtrière. L’indignation provoquée par le décès le 16 septembre de cette Kurde iranienne de 22 ans a déclenché la plus grande vague de manifestations et de violence en Iran depuis les protestations de 2019 contre la hausse du prix de l’essence dans ce pays riche en pétrole. Le 13 septembre, Mahsa Amini avait été arrêtée par la police des mœurs à Téhéran pour avoir, selon celle-ci, enfreint le code vestimentaire strict de la République islamique pour les femmes, prévoyant notamment le port du voile. Les autorités iraniennes affirment que la jeune femme est décédée des suites d’une maladie et non de « coups », d’après un rapport médical rejeté par son père. Son cousin a quant à lui affirmé qu’elle était décédée après « un violent coup à la tête ».
Depuis, des jeunes femmes, étudiantes et écolières sont les fers de lance des manifestations au cours desquelles elles scandent des slogans antigouvernementaux, mettent le feu à leur foulard et affrontent les forces de sécurité. Au moins 108 personnes ont été tuées depuis le 16 septembre, selon l’association Iran Human Rights (IHR), basée à Oslo. De son côté, Amnesty International a déploré la mort d’au moins 23 enfants âgés de 11 à 17 ans « tués par les forces de sécurité iraniennes ». Deux membres des forces de sécurité ont été tués par balles dans la province méridionale de Fars dans le cadre des manifestations, portant à au moins 20 le nombre de membres des forces de l’ordre tués depuis le début de la contestation, ont rapporté vendredi des médias officiels.
Malgré le blocage par les autorités de l’accès via internet à des applications populaires telles Instagram et WhatsApp, des militants ont lancé un appel en ligne à manifester en masse samedi sous le slogan « Le début de la fin ! » du régime. Ils ont encouragé les jeunes et la population iraniens à manifester dans des endroits où les forces de sécurité ne sont pas présentes et à scander « Mort au dictateur », en référence au guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei.
Ingérence
Le mouvement de contestation a entraîné des rassemblements de solidarité à l’étranger ainsi que des sanctions occidentales visant des responsables et institutions iraniens accusés d’implication dans la répression. Vendredi, Téhéran a condamné les propos du président français Emmanuel Macron, qui avait fait part mercredi de son « admiration » pour les « femmes » et les « jeunes » qui manifestent. « De manière très claire, la France condamne la répression menée aujourd’hui par le régime iranien », avait alors lancé le chef de l’État français. De quoi susciter la colère de Téhéran et nourrir son argumentaire autour d’un complot international. Les propos de M. Macron sont une « ingérence », et ils ont servi à encourager « des personnes violentes et des contrevenants », a réagi vendredi le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères Nasser Kanani dans un communiqué.
Mais la jeunesse iranienne continue de rivaliser d’ingéniosité afin de contourner les coups du régime. Selon des analystes, la nature multiforme des manifestations antigouvernementales, notamment de jeunes qui se réunissent par petits groupes dans certains quartiers pour éviter d’être repérés, complique la tâche des forces de l’ordre pour tenter de les arrêter. Dans une lettre ouverte publiée jeudi à sa une, le journal réformateur Etemad a demandé au plus haut responsable de la sécurité iranienne de mettre fin aux arrestations effectuées sous « des prétextes parfois fallacieux ».
Les derniers affrontements meurtriers entre manifestants et forces de l’ordre se sont concentrés autour de Sanandaj, capitale de la province du Kurdistan d’où était originaire Mahsa Amini. La ville de Zahedan, dans le Sud-Est, a par ailleurs été touchée par des violences déclenchées le 30 septembre lors de manifestations contre le viol présumé d’une jeune fille par un policier, qui ont fait au moins 94 morts, selon l’IHR.
Source : AFP


TOUS LES JOURS de cette semaine les manifestations ont été continués dans chaque province d’Iran et parfois très massives comme dans le quartier de Téhéran nommé Naziabad. Et depuis le début de la phase « enflammée » du soulèvement il y a un mois, chaque samedi connaît une nette augmentation de la mobilisation populaire. Puisqu’aujourd’hui on part déjà « de très haut », il est fort probable qu’on entre dès lors dans une nouvelle phase où les jours du régime sont comptés. À ce rythme, les iraniens vont chasser Khameneï et nous le renvoyer à Dahiyeh (si ce vieillard sénile ne rend pas l’âme entre temps) bien avant que nous ne chassions Nasrallah et le renvoyions à Téhéran ! Il est temps que les Libanais, de concert avec les Syriens les Iraquiens et les Yéménites, prennent enfin conscience de l’AMPLEUR de l’IMMENSE intifadah qui secoue tout l’Iran, et qui n’a plus rien d’une « marche pour les femmes » ou d’une « marche contre l’obligation du hijab » telles que l’ont dépeint les médias et altermédias tous réunis pour minimiser à tout prix ce qui est bel et bien le début d’une des plus grandes révolutions populaires que l’humanité ait connue.
08 h 20, le 15 octobre 2022