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Monde - Conflit

Le G7 promet de « demander des comptes » à Poutine après les bombardements sur l’Ukraine

Kiev exhume des dizaines de civils tués dans des villes reconquises dans l’Est.

Le G7 promet de « demander des comptes » à Poutine après les bombardements sur l’Ukraine

Dans l’est de l’Ukraine, dans la région de Donetsk, les autorités ont annoncé mardi avoir exhumé les corps de 78 civils dans deux villes récemment reconquises par les forces ukrainiennes. Sergey Bobok/AFP

La Russie a revendiqué mardi de nouvelles frappes « massives » sur les infrastructures de l’Ukraine, ciblant particulièrement des installations énergétiques, au lendemain de bombardements de grande ampleur qui ont suscité un tollé occidental, le G7 promettant « de demander des comptes au président Vladimir Poutine ».

Les dirigeants du G7 ont promis mardi « de demander des comptes au président Vladimir Poutine » après les frappes russes qui pleuvent sur l’Ukraine depuis deux jours. « Nous condamnons ces attaques de la façon la plus véhémente possible et rappelons que les attaques aveugles contre des populations civiles innocentes constituent un crime de guerre », ont déclaré les dirigeants dans un communiqué, après une réunion d’urgence tenue en ligne avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

Les chefs d’État et de gouvernement du G7 ont également « déploré la stratégie russe d’escalade délibérée, y compris la mobilisation partielle des réservistes et la rhétorique nucléaire irresponsable, qui mettent en péril la paix et la sécurité mondiales ». Et ils ont mis en garde Moscou, en réaffirmant que « toute utilisation d’armes chimiques, biologiques ou nucléaires par la Russie aurait de graves conséquences ». Ils ont aussi brandi la menace de nouvelles sanctions : « Nous continuerons d’imposer des coûts économiques supplémentaires à la Russie et aux individus » qui soutiennent son attaque contre l’Ukraine.

Les pays du G7 s’en sont aussi pris à Minsk, après l’annonce de la création d’une force militaire commune avec Moscou, qui constitue « l’exemple le plus récent de la complicité » de la Biélorussie avec la Russie dans la guerre contre l’Ukraine.

« Nous réitérons notre appel aux autorités de la Biélorussie à arrêter de permettre aux forces armées russes d’utiliser » leur territoire pour agir contre l’Ukraine, ont ajouté les dirigeants du G7. Ils ont également réassuré le président Zelensky de leur soutien « financier, humanitaire, militaire, diplomatique aussi longtemps qu’il le faudra ».

Le président ukrainien a martelé que Vladimir Poutine avait encore les moyens d’une « escalade », appelant ses homologues du G7 à aider à la création d’un bouclier aérien pour arrêter les frappes russes qui pleuvent sur son pays depuis deux jours. « Je vous demande de renforcer l’effort général pour aider financièrement à la création d’un bouclier aérien pour l’Ukraine », a-t-il dit, estimant que « des millions de personnes seront reconnaissantes au G7 pour une telle assistance ». Le dirigeant ukrainien a aussi de nouveau appelé ses alliés occidentaux à renforcer les sanctions contre Moscou et l’aide militaire à l’Ukraine. « La Russie veut provoquer le chaos en Ukraine et dans l’ensemble du monde démocratique, et utilise donc tout : des frappes de missiles à la saisie d’une centrale nucléaire, des menaces de catastrophe nucléaire, du sabotage contre les infrastructures en Europe à une tentative délibérée de détruire les installations énergétiques ukrainiennes », a-t-il dénoncé.

Commentant cette réunion, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a jugé la situation « claire et bien prévisible ». « La confrontation va se poursuivre », a-t-il déclaré. Pour sa part, le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a vu dans les frappes russes massives « un signe de faiblesse, car la Russie est en train de perdre sur le champ de bataille ». Dans la matinée, la Russie a poursuivi les tirs contre son voisin, frappant notamment très loin du front les installations énergétiques de l’Ouest. La ville de Lviv est désormais privée à 30 % d’électricité, selon la mairie. La ville de Zaporijjia (Sud), non loin du front et pilonnée par les Russes ces dernières semaines, a essuyé mardi, selon les autorités ukrainiennes, une salve de douze missiles de type S-300 qui se sont abattus sur des infrastructures « civiles », faisant un mort. Des frappes ont causé de « sévères destructions » sur des installations énergétiques dans la région de Dnipro (Centre), privant de courant « de nombreux villages », selon le gouverneur régional. Contrairement à lundi, aucun missile n’est tombé sur la capitale ukrainienne Kiev.

Le ministère russe de la Défense s’est lui félicité que ces « frappes massives » contre des « cibles de commandement militaire et du système énergétique de l’Ukraine » aient « atteint leur objectif ».

Les bombardements sont d’une ampleur moindre que lundi, lorsque des dizaines de missiles, roquettes et drones se sont abattus sur l’Ukraine en représailles de l’attaque, « terroriste » selon Vladimir Poutine, qui a partiellement détruit samedi le pont reliant la Russie à la Crimée annexée en 2014.

Coupures de courant

Hautement symbolique et stratégique, ce viaduc sert à l’approvisionnement des troupes russes dans le Sud ukrainien où les forces de Kiev mènent une contre-offensive. Les frappes ont visé des infrastructures militaires, énergétiques et de communication ukrainiennes, mais ont également touché des sites purement civils, comme une université, un terrain de jeux, des parcs ou un pont piéton en plein centre-ville de Kiev. Le dernier bilan fait état de 19 morts et 105 blessés dans le pays. Plus de 300 localités restaient privées d’électricité dans l’ensemble du pays. Le gouvernement ukrainien a lui appelé la population à « limiter » sa consommation d’électricité.

Pour sa part, le gouverneur de la région russe de Belgorod, frontalière de l’Ukraine, a accusé mardi Kiev d’avoir mené une frappe sur une installation électrique qui a privé de courant « plus de 2 000 habitants ».

Par ailleurs, le bureau du procureur général d’Ukraine a annoncé mardi avoir exhumé les corps de 78 civils dans deux villes de la région de Donetsk, dans l’est du pays, récemment reconquise par les forces ukrainiennes. « Des sites de nombreuses sépultures ont été découverts dans les villes libérées de Sviatoguirsk et Lyman », a-t-il indiqué, faisant état de 34 corps exhumés à Sviatoguirsk et 44 à Lyman. Selon cette source, certains corps exhumés à Sviatorguirsk présentaient des marques de « mort violente », et les dépouilles calcinées de deux personnes ont été retrouvées dans une voiture. À Lyman, ce sont quelque 110 tombes qui ont été dénombrées et desquelles 44 corps ont été exhumés dans l’immédiat, y compris ceux « d’un enfant d’un an et de toute sa famille ».

Sur un autre plan, Vladimir Poutine s’est déclaré hier « ouvert à un dialogue » avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) sur la centrale nucléaire de Zaporijjia, située dans le sud de l’Ukraine et contrôlée militairement par la Russie depuis mars. « Nous allons volontiers parler de toutes les questions d’intérêt mutuel ou qui suscitent peut-être une préoccupation, par exemple, ce qui concerne la situation autour de la centrale nucléaire de Zaporijjia », a déclaré M. Poutine, en recevant le chef de l’AIEA Rafael Grossi à Saint-Pétersbourg (Nord-Ouest). « En tout cas, nous sommes ouverts à ce dialogue », a-t-il souligné. À l’issue de cette « importante conversation », M. Grossi a réitéré son appel à mettre en place « une zone de protection ». Dans cette perspective, il a prévu de rencontrer de nouveau dans les prochains jours le président ukrainien. La situation « est de plus en plus dangereuse, précaire et difficile, avec des attaques militaires fréquentes qui menacent la sécurité nucléaire », a-t-il ajouté.

Enfin, l’Alliance atlantique a « doublé » sa présence en mer Baltique et en mer du Nord à « plus de 30 navires » après le sabotage récent des gazoducs Nord Stream, a indiqué hier M. Stoltenberg. De plus, « au regard de la violence des combats en Ukraine », la France a annoncé l’envoi prochain de blindés d’infanterie et de chars Leclerc, ainsi qu’un doublement de ses effectifs militaires en Roumanie, pour y renforcer la mission locale de l’OTAN.

Source : AFP

La Russie a revendiqué mardi de nouvelles frappes « massives » sur les infrastructures de l’Ukraine, ciblant particulièrement des installations énergétiques, au lendemain de bombardements de grande ampleur qui ont suscité un tollé occidental, le G7 promettant « de demander des comptes au président Vladimir Poutine ».Les dirigeants du G7 ont promis mardi « de demander des comptes au président Vladimir Poutine » après les frappes russes qui pleuvent sur l’Ukraine depuis deux jours. « Nous condamnons ces attaques de la façon la plus véhémente possible et rappelons que les attaques aveugles contre des populations civiles innocentes constituent un crime de guerre », ont déclaré les dirigeants dans un communiqué, après une réunion d’urgence tenue en ligne avec le président...
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