Laurent Blanc (2e à gauche) aux côtés de (de droite à gauche) Vincent Ponsot, directeur sportif, Jean-Michel Aulas, président, et Bruno Cheyrou, responsable du recrutement de l’Olympique lyonnais, lors de la conférence de presse de présentation du nouvel entraîneur rhodanien, ce lundi. Olivier Chassignol/AFP
Le « président » est de retour. Après six saisons sans aucun mandat d’entraîneur dans l’Hexagone et son départ du PSG en 2016, le champion du monde 1998 a été appelé à la rescousse du club rhodanien, qui a décidé, ce dimanche, de se séparer du Néerlandais Peter Bosz. L’énième contre-performance vendredi à domicile contre le promu toulousain (1-1) a été celle de trop pour Jean-Michel Aulas et la direction lyonnaise, pourtant peu coutumière des changements d’entraîneur en cours de saison.
Fin de la préretraite
Cette traversée du désert, seulement interrompue par une pige de 14 mois au Qatar, fut bien trop longue au goût de l’intéressé, qui regrette de ne pas avoir retrouvé un poste à sa hauteur depuis son licenciement du club de la capitale. « Il y en a qui ont repris directement après le PSG (Carlo Ancelotti en 2013 au Real Madrid, Unai Emery en 2018 à Arsenal, Thomas Tuchel en 2021 à Chelsea) et ils ont eu raison. Moi, sincèrement, j’ai eu la possibilité de le faire, mais je ne l’ai pas fait parce qu’à ce moment-là, j’avais besoin de couper un petit peu. »
Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que l’ancien sélectionneur des Bleus était pressenti pour atterrir sur le banc lyonnais. Finaliste du poste en octobre 2019 avant d’être coiffé au poteau par Rudi Garcia, l’homme aux quatre titres de champions de France en tant qu’entraîneur (un avec les Girondins de Bordeaux, trois avec le PSG) avait avant cela repoussé les avances de multiples clubs prestigieux dont l’Inter Milan, l’AS Rome ou encore de la sélection américaine.
Libre depuis février dernier et la résiliation de son contrat à al-Rayyan, propriété des dirigeants qatariens du PSG, Laurent Blanc aura fort à faire pour redresser la barre d’un OL, avec qui il a signé un contrat de deux ans, complètement à la dérive en ce début de saison. Connu pour ses idées tactiques basées sur un jeu de possession, le successeur de Bosz devra tout de suite se mettre dans le bain par deux déplacements, à Rennes dimanche (15h00) puis Montpellier avant la réception de Lille.
Viendront ensuite un choc au Vélodrome pour défier Marseille et un dernier rendez-vous contre Nice au Groupama stadium, juste avant le Mondial 2022 (20 novembre-18 décembre).
Mais peu importe le calendrier, l’OL, 9e de la Ligue 1 avec seulement 14 points en dix journées, doit prendre « un maximum de points sur les cinq prochains matches avant la trêve », comme l’a martelé à plusieurs reprises l’ancien défenseur central de 56 ans, d’humeur combative durant sa conférence de presse aux côtés du président Jean-Michel Aulas.
« Comme le temps passe, on vous oublie, mais je pense que l’OL ne m’a pas oublié, donc je suis content de répondre positivement à leurs sollicitations, merci à eux », a-t-il expliqué, refusant le qualificatif de « revanchard ».
Changements tactiques à venir
Pour parvenir à relancer la machine lyonnaise, le « président » compte bien redistribuer les cartes au sein d’un effectif connu pour sa propension à se reposer sur ses lauriers. « On va y aller avec douceur mais fermeté », a prévenu celui qui devra convaincre ses nouveaux joueurs de fournir les efforts nécessaires pour remplir les objectifs européens du club.
« Il y a malheureusement des joueurs qui n’arrivent pas à donner ce qu’ils devraient apporter et notamment les plus confirmés, a-t-il ajouté. À eux de tirer le groupe vers le haut. » Si le club entend toujours promouvoir « l’ADN OL » et les jeunes de l’académie, Blanc entend avant tout miser, à court terme, sur les membres expérimentés du groupe pour relancer son équipe.
« Ma vision du football n’a pas changé. Ce ne sera pas aussi difficile que cela de faire adhérer les joueurs à mon discours, mais il faudra du temps et il est compté », a concédé celui qui ne prétend pas pouvoir tout régler en quelques coups de « baguette magique ».
« S’il y a du beau jeu et des points, je serai le plus heureux, mais s’il n’y a que des points, je serai très heureux aussi. Dans un deuxième temps, il y a aura une philosophie à mettre en place », a conclu le technicien qui aura fort à faire pour son entrée en matière ce dimanche face au Stade rennais d’un ancien de la maison lyonnaise, un certain Bruno Genesio.
G.B. avec AFP

