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Sport - Basket

Pour Wembanyama, c’est déjà l’Amérique

Du haut de ses 18 ans et de ses 2,21 m, le jeune Français est plus que jamais favori pour être le numéro 1 du prochain draft NBA. Avec 36 points, 11 rebonds et 4 contres, il a guidé les Metropolitans au succès (112-106), jeudi en amical contre la G-League Ignite, devant de prestigieux observateurs américains.

Pour Wembanyama, c’est déjà l’Amérique

Sur le parquet du Dollar Loan Center de Henderson, dans le Nevada, Victor Wembanyama a une nouvelle fois impressionné les stars de la NBA, dont l’international français Rudy Gobert (à gauche de l’image), venu assister à la rencontre amicale entre les Boulogne-Levallois Metropolitans 92 et la G League Ignite qui s’est soldée par une victoire de l’équipe française (112-106). Steve Marcus/AFP

L’Amérique du basket est prévenue, la « wembamania » a déjà commencé. Le Français de 18 ans (et 2,21 m), que seuls les observateurs suivaient depuis quelques années, annonçant déjà le phénomène à venir, a confirmé tout le bien qu’on pensait de lui pour ses premiers pas aux États-Unis – qu’il rêve de conquérir. Le tout devant quelque 200 représentants, managers généraux, recruteurs des 30 franchises NBA venus le scruter.

Une opération promotionnelle inédite pour un prospect (espoir), de surcroît non américain, qui ajoutait une énorme pression sur ses jeunes épaules, compte tenu des attentes à son endroit. Mais en deux matchs, comme autant de démonstrations de force, porté par un talent insolent et des aptitudes physiques hors normes, il a mis tout le monde d’accord, tout en se montrant extrêmement à l’aise et mature face à l’engouement médiatique.

« Cette expérience était unique, magnifique. Je ne sais pas comment ça aurait pu être mieux encore », a commenté Wembanyama en conférence de presse d’après-match, qui était son second en moins de 48 heures. Et constituait une revanche face à l’Ignite, une équipe en partie composée de jeunes talents susceptibles comme lui d’être sélectionnés par une franchise en 2023 et qui s’était imposée (122-115) dans la première manche.

Déjà adoubé

Cette fois, Wembanyama a non seulement brillé de plus belle individuellement, mais il a mené les siens à la victoire. Après ses 37 points (7/11 derrière l’arc) et 5 contres réussis mardi, il a fait presque aussi bien offensivement, mais en se montrant plus actif encore des deux côtés du terrain, ajoutant à son escarcelle 4 passes décisives. Il a aussi fait le spectacle en claquant un dunk après une alley-oop (passe en l’air) initiée par Hugo Besson.

Surtout, il a été décisif dans le quatrième quart-temps, marquant 15 points qui ont largement contribué au come-back des Metropolitans, pourtant menés de douze unités à l’entame de ce dernier acte. Son interception, la seule du match, dans la dernière seconde, et deux lancers francs inscrits ont définitivement scellé la victoire.

Le tout sous les yeux de son compatriote Rudy Gobert, venu en voisin de Las Vegas, qui se trouve à vingt kilomètres, où le pivot des Bleus effectue un stage de présaison avec son nouveau club des Minnesota Timberwolves.

« C’est vraiment excitant, nous avons la chance d’avoir un tel talent, nous n’avons jamais vu un joueur comme Victor », s’est félicité Gobert au micro d’ESPN, qui retransmettait le match en direct, avant de poser devant les photographes avec celui qui le dépasse de 5 centimètres. « Je me sens bien, je me sens petit », a plaisanté le pivot tricolore de 2,16 m.

« Je n’ai encore rien accompli »

« Je le connais depuis qu’il a 13 ans, nous savions qu’il allait être unique. Il est très mature, il sait où il veut aller. Je ne pense pas qu’il y ait de comparaison possible », a ajouté celui qui compte bien former avec lui un redoutable duo d’intérieur en équipe de France lors des prochaines échéances internationales, à savoir les Mondiaux 2023 et les Jeux olympiques 2024 à Paris.

En attendant, l’objectif principal de Victor Wembanyama se situe aux États-Unis, où il suscite déjà l’admiration des stars de la NBA, notamment LeBron James, des Los Angeles Lakers, qui l’a qualifié d’« extraterrestre » avant de venir à sa rencontre à la fin de la partie pour échanger quelques poignées de main avec lui.

Le meneur de Golden State, Stephen Curry, a quant à lui comparé le jeune prodige français à un « joueur créé dans 2K », en référence au célèbre jeu vidéo de basket. « Un meneur de 2,20 m... On dirait un joueur fait avec des codes de triche. »

Couvert d’éloges par les grands pontes du basket mondial, le natif de Chesnay dans les Yvelines garde pourtant la tête froide. « C’est un honneur d’avoir de grands joueurs qui parlent de moi de cette manière, mais ça ne change rien. J’ai trouvé ça cool, mais je dois rester focalisé sur mes objectifs. Je n’ai encore rien accompli, je n’ai pas joué un match en NBA, je n’ai pas été drafté », a-t-il réagi, imperturbable, après le match.

Avant de très probablement rejoindre les parquets américains, Wembanyama fera le bonheur de ceux de l’Hexagone pendant au moins une saison supplémentaire. La Betclic Elite, nouvelle appellation donnée au championnat de France de Pro A, aura l’occasion de voir grandir encore un peu celui qui est unanimement considéré comme le plus grand talent de sa génération. Transféré en juin dernier chez les Metropolitans 92, il évoluera cette saison dans les Hauts-de-Seine sous les ordres de Vincent Collet. Le sélectionneur des Bleus s’attelle déjà à polir son diamant brut : « Victor Wembanyama est l’espoir le plus incroyable que le basket français ait jamais eu, a-t-il résumé, admiratif. Sa maturité est impressionnante pour un garçon de 18 ans. Il sait qui il est, ce qu’il veut et les efforts à accomplir pour l’obtenir. »

Si Wembanyama a tout d’un homme pressé, il ne semble pas disposé à brûler les étapes et compte bien prendre du galon avant de traverser l’Atlantique. Bien que la date de son départ vers les États-Unis ne soit pas encore actée, il n’a jamais été aussi bien placé pour devenir le premier Français de l’histoire à être sélectionné en premier par des franchises NBA déjà impatientes de se le disputer dès le prochain draft NBA qui arrive à grands pas dans un peu plus de huit mois.

G.B. avec AFP

L’Amérique du basket est prévenue, la « wembamania » a déjà commencé. Le Français de 18 ans (et 2,21 m), que seuls les observateurs suivaient depuis quelques années, annonçant déjà le phénomène à venir, a confirmé tout le bien qu’on pensait de lui pour ses premiers pas aux États-Unis – qu’il rêve de conquérir. Le tout devant quelque 200 représentants, managers généraux, recruteurs des 30 franchises NBA venus le scruter.Une opération promotionnelle inédite pour un prospect (espoir), de surcroît non américain, qui ajoutait une énorme pression sur ses jeunes épaules, compte tenu des attentes à son endroit. Mais en deux matchs, comme autant de démonstrations de force, porté par un talent insolent et des aptitudes physiques hors normes, il a mis tout le monde d’accord, tout en se montrant...
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