L’entraîneur marseillais Igor Tudor, regard dans le vide, après la défaite (0-1) de l’OM face à Eintracht Francfort au stade Vélodrome. Nicolas Tucat/AFP
Il s’en est fallu d’un rien pour que l’Ajax reparte d’Anfield avec le point du match nul. 50 centimètres tout au plus, telle est la distance qui a manqué au capitaine amstellodamois Dusan Tadic pour sortir la tête Joël Matip des buts de Remko Pasveer. Reprenant à la 89e minute ce qui ressemblait au corner de la dernière chance, le défenseur des Reds offre aux siens un succès capital qui les relance au sein de ce groupe A.
Une semaine après leur cuisante débâcle en terres napolitaines (4-1), il était sans doute bien désireux de voir son équipe confirmer son regain de forme avant de s’en séparer pour quinze jours de trêve, liée aux obsèques de la reine Elizabeth II et à l’intermède international. Jurgen Klöpp a pu compter sur le retour dans le onze de départ de Thiago Alcantara, précieux dans l’entrejeu pour sa maîtrise et sa justesse technique, ou celui de Joël Matip en défense centrale qui, en plus de son but décisif, s’est illustré par ses montées balle au pied ayant souvent créé des décalages intéressants.
La titularisation de Diogo Jota dans un rôle de faux-neuf, en lieu et place de la recrue phare de l’été Darwin Nunez, pas encore acclimatée aux bords de la Mersey, a également eu le mérite d’avoir facilité la tâche de Mohammad Salah. Le Portugais, après un dégagement d’Alisson dévié dans sa course par Luis Diaz, a ainsi décalé l’Égyptien qui a converti l’offrande avec sang-froid et précision pour ouvrir le score à la 17e minute.
Pour autant, si les leçons de ce match sont globalement positives, l’entraîneur allemand de Liverpool ne pourra pas être pleinement satisfait de la copie rendue par ses joueurs. En plus d’un gâchis récurrent devant le but néerlandais, les vainqueurs de l’édition 2019 de la C1 se sont une nouvelle fois montrés particulièrement friables. Le but de l’égalisation hollandaise est ainsi venu d’une nouvelle négligence défensive de Trent Alexander-Arnold, qui n’a pas suivi le départ dans son dos de Steven Berghuis. Si la finition de Mohammad Kudus, en pleine lucarne, ne doit rien à personne (1-1, 27e), ce but, sur la toute première occasion digne de ce nom de l’Ajax, semblait évitable.
En seconde période, les Reds ne sont non plus pas passés loin de la punition sur une tête croisée de Daley Blind, au second poteau, qui a frôlé le montant d’Alisson, pris à contre-pied (75e). La tête salvatrice de Matip sur ce corner frappé par Luis Diaz (89e) est venue conclure une victoire à l’arraché qui pourrait enfin enclencher une dynamique positive dans la saison de Liverpool. De quoi raviver leurs espoirs de qualification pour les huitièmes de finale à la veille d’une double confrontation abordable face aux Glasgow Rangers.
Marseille n’y arrive toujours pas
13 défaites en 14 matchs. Tel est le bilan famélique de l’Olympique de Marseille à la plus prestigieuse des compétitions européennes pour leurs trois dernières participations. Malgré un tirage au sort plutôt clément leur offrant une poule D à leur portée, les Olympiens voient leur compteur bloqué à zéro point au terme de leurs deux premières rencontres, tout comme celui des buts marqués.
Cette campagne 2022 semblait pourtant s’être enclenchée sur une tout autre dynamique que les précédentes. Après une défaite (2-0) que l’on était tenté de qualifier « d’encourageante » subie sur la pelouse de Tottenham à Londres la semaine dernière, Igor Tudor et ses hommes étaient attendus au tournant ce mardi en réception de l’Eintracht Francfort. Qui plus est devant un public marseillais en ébullition et un Vélodrome à guichets fermés, lui qui avait été privé de tribunes en raison des huis clos imposés par la pandémie de Covid-19 lors de l’édition 2020. Mais cette énième désillusion européenne, malgré un adversaire sans génie, a sérieusement hypothéqué les chances des Olympiens de voir les phases finales de la compétition.
« L’Europe va trembler, revoilà les Marseillais. » Déployée dans le virage nord sous un immense tifo représentant la Coupe aux grandes oreilles, la banderole était sans doute excessive tant l’OM peine à se mettre à la hauteur d’un tel événement depuis plus d’une décennie. En alignant le trio Payet-Gerson-Sanchez, Tudor pensait pourtant retrouver la justesse qui avait manqué à son équipe à Londres dans le dernier geste. Mais au cours de la première période, crispée et hésitante, le Chilien a manqué deux bonnes occasions (12e dans le petit filet et 23e au-dessus après un centre de Tavares), alors que Gerson et Payet se sont montrés trop lents et moins inspirés qu’à l’accoutumée. Une contre-performance certainement liée au manque de rythme de ce dernier, abonné au banc des remplaçants depuis le début de la saison.
Tudor les a d’ailleurs remplacés tous les trois en même temps avant l’heure de jeu, et Gerson est sorti sous une immense bronca qui a dû lui faire comprendre qu’il était loin de son niveau, des attentes et de la sélection brésilienne à quelques semaines du Mondial.
En face, Francfort, 11e de Bundesliga et indiscutable bonne pioche du chapeau 1, a pourtant semblé moyen, dangereux seulement sur quelques prises de balle de l’ancien Nantais Kolo Muani, décidément talentueux. Mais l’OM a offert aux Allemands l’ouverture du score sur une action où tout le monde a mal défendu et au bout de laquelle une intervention de Rongier s’est transformée en passe décisive pour Lindström (1-0, 43e). Au cœur d’un horrible début de seconde période, le même Lindström a bien failli doubler la mise au moment de voir sa frappe repoussée par la barre de Pau Lopez, qui a également sauvé les siens plus d’une fois, notamment devant Kolo Muani (75e et 81e).
L’OM n’était pas au bout de ses soucis avec la blessure de Bailly, venue s’ajouter aux indisponibilités de Gigot (blessé également) et Mbemba (suspendu). Mais les entrées conjuguées de Under, Suarez et surtout Harit ont tout de même redonné un peu d’allant à l’équipe phocéenne. Les Phocéens ont alors eu quelques opportunités d’égaliser par Rongier (67e) puis Suarez (70e), tous deux trop maladroits pour permettre à leur équipe d’exister à ce niveau.
Une réaction bien trop timide pour revenir à la hauteur des derniers vainqueurs de l’Europa League. Visiblement pas au niveau de la C1, l’OM n’a plus que de maigres espoirs de salut dans un groupe mené par l’étonnant Sporting Lisbonne; tombeur dans le même temps du favori Tottenham (2-0).
Cette victoire du club portugais, leader du groupe avec six points en ayant affronté les mêmes adversaires que l’OM, est une autre mauvaise nouvelle pour l’équipe d’Igor Tudor. La double confrontation qui s’annonce face aux Lisboètes sera déjà synonyme de dernière chance pour satisfaire l’ambition affichée de voir les 8es de finale. Un stade de la compétition que les Olympiens n’ont plus atteint depuis la saison 2010/2011.
Résultats Ligues des champions
Groupe A :
FC Liverpool 2-1 Ajax Amsterdam
Glasgow Rangers-Napoli (reporté)
Groupe B :
Bayer Leverkusen 2-0 Atletico MadridFC Porto 0-4 Club Brugge
Groupe C :
Bayern Munich 2-0 FC BarceloneViktoria Plzen 0-2 Inter Milan
Groupe D :
OM 0-1 Eintracht FrancfortSpoting Portugal 2-0 Tottenham
G.B. et AFP

